Vivre la vie d'un Senior

mercredi 30 novembre 2011

Les mises en garde face aux solutions extrêmes



Le suicide assisté n’est toutefois pas une option envisageable pour tout le monde. Pour les gens qui s’y opposent, le respect de la vie doit primer sur le droit de choisir sa mort. À leurs yeux, la protection de la vie est une valeur fondamentale de notre société. La société ne peut pas survivre si cette valeur n’est pas protégée.

D’autres jettent un regard plus religieux ou spirituel sur la question. Pour eux, c’est le caractère sacré de la vie qui est en cause : « […] la vie n’est pas une chose dont on décide, […] c’est un cadeau et […] nous n’avons pas plus le droit de l’enlever que nous avions le droit de la demander. »

Il serait dangereux, selon eux, d’accepter la suppression de la vie. Ils craignent qu’en ouvrant la porte au suicide assisté, on s’engage sur une « pente glissante ». Après le suicide assisté, pourquoi, en effet, ne pas autoriser l’euthanasie ? Avec, ou même sans l’accord du malade ? Quel serait alors le sort réservé aux personnes les plus faibles de notre société ? Est-ce qu’on ne risque pas d’ouvrir la voie aux gens qui veulent se débarrasser d’un proche devenu « encombrant » ?

Pire encore, dans une société où les ressources en santé manquent déjà, est-ce qu’on ne risque pas d’en arriver, un jour, à vouloir sacrifier les vieux ou les mourants ? Il ne faut pas oublier que la population vieillit. L’État devra bientôt payer des coûts en soins de santé de plus en plus élevés… Le suicide assisté, comme l’euthanasie, seront-ils un jour perçus comme un moyen d’économiser sur les frais de santé ?

C’est ce que laissent entendre ses opposants : « […] je peux dire à ceux qui revendiquent si éloquemment ces droits que, sur le terrain, les premiers à mourir seraient les faibles et les non-instruits, les personnes sans défense, et non pas ceux et celles à la volonté farouche […] En effet, ce serait les personnes ordinaires dont la poursuite de l’existence est mal acceptée par les parents ou par un système de soins de santé incompréhensif et peu compatissant. » D’autres s’interrogent sur le sens à donner à l’agonie. Doit-on, à tout prix, éviter la souffrance associée aux derniers moments de la vie ? Ces moments ne sont-ils pas précieux, pour la personne qui se meurt ? Pour résoudre ses conflits ou se rapprocher de sa famille ? Quelles valeurs, finalement, souhaitons-nous mettre de l’avant, comme société ? Certains prédisent que : « Dans un monde qui ne cherche pas à donner un sens positif à la vieillesse et à la souffrance, il deviendra « normal » de demander d’en finir et « anormal » de vouloir vivre, malgré les pressions subtiles du milieu. Il faudra alors justifier sa propre survie. »

Plusieurs, enfin, se posent des questions sur les vrais motifs qui poussent une personne à demander la mort. Selon l’un des témoins entendus par le Sénat canadien : « J’ai déjà vu [des] patients atteints du sida qui avaient été totalement abandonnés par leurs parents, par leurs frères et soeurs, et par leur conjoint. Complètement isolés, et privés de toute source de vie et d’affection, la mort leur semblait être la seule forme de libération possible. Dans de telles situations, des pressions subtiles peuvent amener le patient à demander une mort immédiate, rapide et sans douleur, alors que ce qu’il souhaiterait en fait serait de l’amour, de l’affection et du soutien. »

Par ailleurs, d’autres ajoutent l’argument que la peur de manquer d’argent si la maladie dure trop longtemps et de devenir un fardeau pour sa famille influence aussi le désir d’une personne d’avoir recours au suicide assisté : « Il peut arriver que des personnes prennent des décisions qui ne sont pas au mieux de leurs intérêts, avec l’intention plutôt de protéger leur famille des pressions émotives et financières qui peuvent s’ensuivre. » Finalement, un grand nombre d’opposants suggèrent d’améliorer d’abord la qualité de nos soins aux mourants et aux mourantes, avant même de penser au suicide assisté….

RD

vendredi 25 novembre 2011

Vivre jusqu'au bout, quel qu'en soit le prix?

 ÉCOUTEZ LA SÉRIE « VIVRE JUSQU'AU BOUT » À L'ADRESSE SUIVANTE : http://www.radio-canada.ca/radio/vivre_jusquau_bout/serie_documentaire/

Vivre jusqu’au bout est une série documentaire de cinq épisodes d’une heure diffusée en rafale du 1er au 5 février 2010 de 13 h à 14 h à la Première Chaîne de RADIO-CANADA.CA

Sur Internet

Le blogue offre tout le contenu audio des émissions, sans oublier des inédits et les lectures intégrales des œuvres commandées à des artistes. De plus, des interviews avec des personnalités permettent d’aborder le thème de la mort d’une façon différente ou de compléter le contenu de la série. Dans tous les cas, vous pourrez commenter les opinions émises.

Tout cela contribuera à ouvrir un débat public sur le rapport de notre société à la mort.

L’idée de Vivre jusqu’au bout est née en octobre 2008 pendant la diffusion de Vivre autrement, une série documentaire radio sur la santé. Mario Proulx, le réalisateur, a reçu un courriel d’un auditeur de Québec, Yvon Bureau, qui écrivait: « Vous devriez faire la suite de Vivre autrement, ce serait Mourir autrement ». Mario Proulx, en compagnie d’Eugénie Francoeur, s’est penché sur le thème de la mort dans notre société. Il a rencontré une soixantaine de personnes.


Premier épisode: Naître à l’envers 

(1er février 2010)
Les derniers temps de la vie La peur et le déni de la mort nous éloignent souvent des gens en fin de vie. Pourtant, les derniers moments sont souvent l’occasion d’une profonde réflexion sur le sens de la vie. Ils sont d’une importance capitale, tant pour ceux qui s’en vont que pour ceux qui restent. C’est le temps des rapprochements, des derniers échanges. On boucle la boucle, on refait les ponts, on demande pardon.

Cette émission offre des témoignages émouvants de réconciliations entre proches qui se font leurs adieux.

Mourir, c’est naître à l’envers, c’est revenir à la vulnérabilité et à la dépendance absolue de l’enfant naissant, puis c’est retourner là d’où il vient, au néant. Devenir vulnérable dans la maladie, puis perdre la maîtrise au moment de la mort, ce sont des réalités qui s’accordent mal avec les valeurs de notre société, qui n’en a que pour le paraître et la performance. Le refus, le déni de la mort sont tels qu’on recourt plus que jamais à l’acharnement thérapeutique pour des malades en phase terminale.

Cet épisode témoigne de l’humanité des médecins, infirmières, psychologues ou bénévoles qui côtoient chaque jour des mourants. Ils donnent de belles leçons de vie. Témoignages sur le devoir de solidarité humaine dans l’accompagnement des gens en fin de vie.

Inédit
 
Édith Fournier est psychologue. Elle accompagne depuis 12 ans son mari Michel, atteint d’alzheimer. Elle se rend trois fois par semaine au centre hospitalier de longue durée. Exemple d’amour et d’accompagnement ultime.
  
Le deuxième épisode: La ferveur d’exister (2 février 2010) 

La peur de la mort et la conscience de vivre au maximum Cet épisode porte sur la peur de la mort, mais aussi sur la nécessité d’être conscient de notre condition de mortel. Cette conscience nous amène à vivre au maximum et à laisser de côté les choses sans importance.
  • Pourquoi a-t-on si peur de la mort dans notre société?
  • Comment la conjure-t-on?
  • Comment s’y préparer? Certains choisissent de la côtoyer, d’autres de l’affronter.
  • De tout temps, la philosophie a cherché à donner un sens à la vie et à la mort.
  • Comment s’exprime notre désir d’immortalité? L’épisode explore comment le cinéma et la télévision présentent, voire exploitent la mort.

Inédit
 
Marie de Hennezel est psychologue et auteure de nombreux ouvrages. Pour elle, savoir qu’on est mortel donne un sens à la vie.

Le troisième épisode: Deux grandes questions (3 février 2010) Les soins palliatifs et l’euthanasie 

Personne ne souhaite mourir dans les corridors d’une salle d’urgence.
 
L’idéal, c’est de voir venir la mort, de s’y préparer, pour soi-même et pour ses proches.

Les soins palliatifs existent depuis une trentaine d’années. Ils sont offerts dans des maisons spécialisées, par exemple les maisons Michel-Sarrazin à Québec ou Victor-Gadbois dans la région de Montréal. Ils sont aussi offerts dans certains services hospitaliers. Dans ces lieux, tout est fait pour assurer le confort, pour soulager la douleur des personnes en fin de vie et pour calmer leurs angoisses. Ambiance quasi familiale qui n’a rien à voir avec les départements classiques des hôpitaux.

Quant à l’euthanasie, soit la mort médicalement assistée, on observe depuis quelque temps un débat de société sur cette question brûlante. Des médecins d’ici, mais aussi des philosophes et penseurs célèbres tels que André Comte-Sponville et Axel Kahn s’expriment sur le sujet.

Inédit
 
Serge Daneault est médecin en soins palliatifs. Il réclame davantage de soins palliatifs pour les 60 000 personnes qui meurent annuellement au Québec.

  Le quatrième épisode: Le deuil  (4 février 2010) 

Le deuil pour les adultes et pour les enfants Dans notre société de performance et de mouvement, on ne veut pas entendre parler de la mort, on ne permet pas aux endeuillés de « faire leur deuil », c’est-à-dire de prendre le temps pour passer au travers, par la parole, par l’écoute, par le partage de la douleur.

Le deuil n’est pas vécu de la même façon par les hommes et par les femmes. À la mort d’un enfant, par exemple, la mère s’en remet difficilement, pleure et s’exprime beaucoup. Souvent, le père retourne rapidement au travail et évite d’exprimer sa peine.

Quant aux enfants qui ont perdu des parents, il est important de leur dire la vérité sur les événements. Autrement, ils peuvent être traumatisés par des histoires qu’on leur fait croire. Des enfants condamnés à mort par la maladie livrent également des témoignages émouvants.

Inédit
 
Nago Humbert est docteur en psychologie et directeur de l’Unité de consultation en soins palliatifs pédiatriques à l’Hôpital Sainte-Justine. En Occident, les enfants ne meurent plus d’épidémies. Dans le Sud, les enfants meurent de faim, de maladies considérées ici comme bénignes. Le pire, c’est que des enfants sont tués par l’homme.

le cinquième épisode: Les rites et le sacré (5 février 2010) 

La disparition et la transformation des rites, les croyances et l’athéisme Dans une société dominée par la jeunesse, l’efficacité, le paraître et la performance, on se donne moins la peine d’offrir des rites funéraires aux disparus. Les dépouilles sont souvent incinérées dans les 24 heures suivant le décès.

Pourtant, les rites sont essentiels, car ils permettent un passage et une prise de conscience de la réalité du départ, de l’arrachement. Les rites expriment l’appartenance du défunt à un ou plusieurs groupes: religieux, familial ou de travail. Les rites permettent de resserrer les liens entre les vivants, d’exprimer les émotions ou de les contenir.

Quant aux funérailles, ce sont des moments de retrouvailles et une occasion de se serrer les coudes dans une ambiance de prières et de chants, religieux ou laïques. À cet égard, les rites subissent une transformation souvent heureuse, qui correspond à l’évolution de notre société.

Dans cet épisode, on aborde la question des cultures et des croyances diverses.
Est-il plus facile d’affronter la mort quand on est athée, ou croyant?

Inédit
 
Mario Beauregard est chercheur en neuroscience à l’Université de Montréal. Il fait notamment des recherches sur les expériences de mort imminente. C’est un scientifique peu commun puisqu’il fait la promotion de l’ouverture d’esprit quant à la spiritualité dans la recherche scientifique.

Le mot du réalisateur



Vivre jusqu’au bout est une série sur la mort, donc sur la vie, l’urgence de vivre. Or la mort est un immense tabou dans notre monde matérialiste, obsédé par le progrès technique et terrifié par le vieillissement et la mort. Nous refusons l’idée que l’on puisse vivre avec elle et l’approcher le jour venu, consciemment et paisiblement. On la cache. On la nie. Trop de gens meurent comme des exclus, comme des chiens, isolés dans la peur et la solitude.

Les rites du chagrin ont disparu ou se transforment. On incinère souvent nos morts dans les 24 heures, sans autre forme de cérémonie. Dans notre société de performance et de paraître, même le deuil n’a plus sa place.

Et pourtant, la conscience de notre condition de mortel donne des ailes et du courage, elle enrichit la vie de ceux qui la côtoient sans peur et en toute humanité. Ce sont eux que j’ai rencontrés, et qui nous apportent de formidables leçons de vie.

Mario Proulx

RD

vendredi 18 novembre 2011

Un débat en cours actuellement : le suicide assisté et l’euthanasie, face à l'échéance de la mort


L’alternative du suicide assisté ou de l’euthanasie 


En juin 2007, on annonçait avec beaucoup d’emphase sur Radio-Canada Internet que le « Docteur la Mort sort de prison ».

La nouvelle était la suivante : « Au Michigan, Jack Kevorkian retrouve sa liberté, après avoir passé huit années de sa vie en prison. Il avait été condamné pour avoir aidé un homme de 52 ans à se suicider et pour avoir diffusé les images de ce meurtre sur les ondes de l'émission 60 minutes. Thomas Youk, le défunt, était alors atteint de la maladie de Lou Gehrig.

L'État impose au médecin de 79 ans une série de conditions à respecter pendant deux ans. Notamment, il devra s'abstenir de partager avec ses patients, mais aussi publiquement, ses conseils sur les meilleures façons de réussir un suicide. Il ne pourra pas non plus traiter des patients de plus de 62 ans ou ceux atteints d'une maladie grave.

Depuis lors, Jack Kevorkian a adopté la position suivante : « Le suicide assisté doit être légalisé. Je continuerai à militer en sa faveur, mais sans enfreindre la loi. »

Les groupes catholiques qui s'opposent au suicide assisté aux États-Unis ne sont pas rassurés pour autant. Ils soutiennent que M. Kevorkian a déjà promis d'arrêter par le passé, mais a continué en secret à aider des gens très malades à mourir jusqu'à sa condamnation à la prison.

Une mission controversée

Fervent défenseur du droit des malades à disposer de leur vie, M. Kevorkian affirme avoir aidé au moins 130 personnes à mourir entre 1990 et 1998. Selon ses détracteurs, plusieurs d'entre elles n'étaient pas en phase terminale de leur maladie. Toute sa vie, le docteur aura forcé les États-Unis à se poser la question de la dignité humaine et du suicide assisté. Au Michigan toutefois, où il pratiquait, la population a adopté par voie de référendum, en 1998, une loi qui interdit aux médecins d'aider à mourir.

Selon un sondage du Pew Research Center, 46 % des Américains sont en faveur du suicide assisté, 45 % s'y opposent.

Seul l'Oregon donne aux patients en phase terminale le droit de demander une assistance médicale pour mourir. Toutefois, les malades doivent avoir moins de six mois à vivre pour se prévaloir de cette disposition. »

Peut-on faire la lumière sur cette question?

Cette question du suicide assistée de même que celle de l’euthanasie prend de plus en plus d’importance dans l’actualité. Elle est fortement liée au phénomène du vieillissement de la population mondiale et aux graves décisions qu’il faut prendre quand il s’agit de faire face aux maladies dite terminales et aux souffrances physiques ou psychiques qu’elles entraînent. Le Québec n'échappe pas à ces débats controversés qui vont devenir courant dans un avenir rapproché. La mise sur pied d’une Commission d’enquête sur la dignité de mourir en janvier 2010 vient de relancer ce débat à l’échelle de la société québécoise.

Mais, avant tout, entendons-nous d’abord sur la terminologie!

Suicide assisté versus euthanasie[1]

Devrions-nous avoir le droit de choisir notre mort ? La médecine peut-elle prolonger notre vie au-delà des limites de l’endurable ? Avons-nous d’autres choix ?

Avant de débattre du suicide assisté, commençons par démêler certaines notions. Face à la maladie, aux soins et à la mort, la loi canadienne et québécoise permet certaines choses, alors qu’elle en interdit d’autres.

Le suicide assisté : Le suicide assisté se produit lorsque quelqu’un donne à une autre personne les moyens de se suicider ou de l’information sur la manière d’y arriver. Par exemple, un médecin qui fournit à son patient la prescription des médicaments nécessaires pour entraîner la mort. Mais en bout de ligne, c’est la personne malade qui met fin elle-même à sa propre vie. C’est-à-dire qui pose elle-même le geste causant sa mort. Au Canada, en vertu du Code criminel (l’article 241), le suicide assisté est interdit par la loi.

L’euthanasie : L’euthanasie, c’est l’acte de mettre fin, en toute connaissance de cause et volontairement, à la vie d’une autre personne, par compassion, pour mettre fin à ses souffrances. Par exemple, à la demande de son patient, le médecin lui injecte une substance qui cause sa mort. Avec l’euthanasie, la mort est causée par le geste d’une autre personne. C’est une autre personne qui doit donc exécuter l’acte qui entraîne la mort du malade. L’euthanasie est aussi un acte illégal, en vertu du Code criminel canadien.

Le refus ou l’arrêt de traitements : Selon la loi, une personne doit donner un consentement libre et éclairé aux soins qu’elle doit recevoir. Elle ne peut pas être soumise à des soins sans son accord, que ce soit pour des examens, des prélèvements, des traitements ou toute autre intervention. Le patient peut donc refuser des soins. Il peut même décider de faire cesser ses traitements, comme débrancher un respirateur ou arrêter une chimiothérapie. Même si sa survie est en jeu et que la mort peut s’ensuivre peu de temps après, on ne peut pas parler, dans ce cas-ci, d’euthanasie ni d’aide au suicide. Car le fait, pour un malade, de refuser des soins ou de vouloir arrêter des traitements en cours est permis par la loi.

L’arrêt ou le refus de traitements est un acte légal, en vertu du Code civil du Québec. Un comité spécial du Sénat canadien s’est penché, en 1995, sur la question du suicide assisté. Il a confirmé cette position : « Il n’y a ni suicide, ni aide au suicide, dans les cas de refus de traitement, ou lorsqu’on administre un traitement destiné à soulager la souffrance, [même] au risque d’abréger la vie. »

Soulager ne veut pas dire « aider à mourir »

Dans cette optique, quand un médecin donne des médicaments ou un traitement quelconque à son patient, à la fin de sa vie, dans le but de soulager sa douleur, il ne l’aide pas à se suicider. Même si ce traitement risque, en bout de ligne, de raccourcir sa vie…

C’est ce qui a été confirmé, devant le Sénat, par le ministère de la Justice et l’Association du Barreau canadien: « [Le Code criminel] n’interdit pas les soins palliatifs [de fin de vie] nécessaires qui sont prodigués conformément à l’exercice généralement accepté de la médecine, que ces soins entraînent ou non la mort du malade. »

Même dans le cas où le médecin doit recourir à une technique médicale poussée, appelée la « sédation complète, terminale ou continue », un long coma provoqué par les médicaments : « [ … ] On peut soutenir que le Code criminel ne s’applique pas à la sédation terminale; il n’y a pas intention de donner la mort [ … ]. Cette pratique ne saurait donc donner lieu à des poursuites. »

En clair, quand ces traitements visent à soulager la souffrance, ils font partie des soins efficaces à la fin d’une vie, que cela accélère ou non la mort du patient.

Cependant, les soignants, qui travaillent auprès des mourants, veulent obtenir des règles plus claires à ce sujet. La « sédation », en particulier, leur pose parfois problème, du point de vue moral. Car, quand elle dure jusqu’au décès du malade, elle risque d’être mêlée avec le fait d’infliger intentionnellement la mort à quelqu’un…

Les cas de conscience

Malgré tout, il semble bien que les malades, comme les médecins, ont une certaine « marge de manoeuvre », pour affronter des épreuves comme la maladie et la mort. Ainsi, compte tenu des droits des malades, l’acharnement « thérapeutique » ne devrait pas, en principe, avoir cours dans nos hôpitaux. Bien des gens ont peur, en effet, d’être « étirés », sans bon sens, à la fin de leur vie, par des médecins un peu trop consciencieux… Ils redoutent de souffrir pour rien.

L’idée de dépendre des autres ou d’avoir à se battre pour faire respecter ses dernières volontés n’a rien de réjouissant non plus… En fait, nous sommes nombreux à vouloir que nos derniers moments se passent dans les meilleures conditions possibles. C’est ce qui serait souhaitable, dans un monde idéal. Malheureusement, dans la réalité, les choses ne se passent pas toujours ainsi.

Des familles, ayant assisté à l’agonie pénible d’un proche, en ont témoigné. Des gens ont été réanimés, ou soignés, avant d’avoir pu exprimer clairement leur volonté. D’autres sont morts en proie à une grande souffrance. Soit parce que leur douleur était mal contrôlée par les médicaments. Soit parce que leur maladie entraînait des souffrances que même la médecine n’arrivait pas à soulager.

Même le testament « biologique » n’offre pas toutes les garanties. Ce document décrit, à l’avance, les soins qu’une personne veut ou non recevoir à la fin de sa vie. Au cas où, par exemple, quelqu’un serait un jour plongé dans le coma et incapable d’exprimer ses volontés. En cas de besoin, la famille et l’équipe médicale peuvent s’y référer. Mais ces directives n’ont pas force de loi. À l’hôpital, on s’efforce d’en tenir compte. Mais on peut passer outre. Selon le Code civil du Québec, on est seulement tenu de respecter les volontés exprimées « dans la mesure du possible ». À l’approche de la mort, donc, les malades et leurs proches ont parfois du mal à se faire entendre. C’est peut-être parce que personne ne partage la même vision des choses, quand arrive la fin d’une vie…

Choisir de quitter ce monde

« Il est injuste de contraindre quelqu’un à vivre contre son gré. Une loi qui n’autorise pas une telle personne à demander de l’aide manque de compassion. […] la loi doit être changée de manière à traiter avec compassion les désirs clairement énoncés des personnes qui estiment que leur maladie incurable sape leur dignité et la valeur de leur vie. »[2]

Pour les gens qui sont favorables au suicide assisté, même si la vie est importante, ce qui prime d’abord et avant tout, c’est l’autonomie des personnes. Le pouvoir de prendre ses propres décisions et de choisir sa destinée, jusqu’au bout. Chaque personne devrait donc prendre ses décisions concernant sa propre mort, en accord avec ses valeurs et ses croyances, sans se les faire imposer par d’autres. Pour eux, c’est une question de liberté et d’égalité face à la mort.

Permettre le suicide assisté, c’est aussi, à leurs yeux, avoir le droit de mourir dans la dignité. Les mourants devraient pouvoir choisir de quitter ce monde, s’il est clair pour eux que leur qualité de vie est nulle et que leurs souffrances sont intolérables. Certaines personnes ne veulent pas voir leur état se dégrader, à cause de la maladie, ni être à la merci des médecins. Elles ne veulent pas non plus perdre leur autonomie et le contrôle qu’elles ont sur leur vie. Pour elles, c’est une atteinte intolérable à leur dignité. Le suicide assisté, s’il était permis, donnerait, à tous ceux et celles qui le désirent, la « chance » de vivre leur mort dans des conditions plus dignes et respectueuses. Étant donné que se suicider n’est plus un crime, et qu’en plus, on peut refuser ou faire cesser ses traitements, certains estiment qu’on devrait aussi, en toute logique, reconnaître aux gens le droit d’être aidés pour mourir. Pour eux, cela ne fait pas une grande différence, si, au bout du compte, le résultat est le décès …

Certains pensent également que le système actuel condamne quelques malades à des suicides ratés ou à des morts qui se passent peut-être en secret, au risque des pires abus. Des suicides arrivent peut-être même trop tôt. Parce que les gens ont peur de trop attendre et de ne plus en être capables physiquement. Ou bien parce qu’ils ne n’osent pas demander à leurs amis, à leur famille ou à leur médecin de commettre un acte illégal. En autorisant le suicide assisté, on en contrôlerait mieux la pratique. On fermerait ainsi la porte aux abus et à la discrimination.

D’autres avancent que l’opinion populaire est déjà en faveur du suicide assisté. C’est ce que disent les sondages. Certaines personnes doutent cependant de leur validité : « dans des sondages […] il ressort constamment que les gens veulent de plus en plus contrôler les derniers moments de leur vie. Toutefois, il n’est pas toujours évident que les personnes interrogées comprenaient bien la nature exacte des questions abordées ».

Mais, en bout de ligne, la plupart aimeraient que les personnes gravement malades puissent bénéficier d’une autre option face à la mort : « Il se peut que seul un petit nombre de Canadiens aient besoin, le moment venu, d’un médecin pour mettre fin à leurs jours. Toutefois, […] de très nombreux Canadiens trouveraient très réconfortants et très sécurisants de savoir que, s’ils en avaient besoin, ils pourraient obtenir l’aide d’un médecin compatissant pour mourir avec dignité. »

RD


[1] AFEAS, femme en mouvement. « Suicide assisté : choisir pour soi ? » et Guide d’animation 2006-2007, Québec.

[2] Conseil unitarien du Canada, au Sénat, 1995.

L’homme peut-il jouer à DIEU ?


En octobre 1999, Jacques Dufresne, un philosophe québécois de grande renommée, prononçait une conférence à Sherbrooke. Dans le cadre d’un congrès de l'ASTED, (Association pour l'avancement des sciences et des techniques de la documentation), il abordait le triptyque délicat de l’immortalité, de la technologie et du millénarisme.

Pour terminer cette série d’articles sur l’immortalité, je vous présente de larges extraits de cette conférence. On y trouve de nombreuses réponses à notre dernière interrogation : « finalement, l’homme peut-il jouer à DIEU ? »

Technologie et millénarisme

« Un fait qui ressort maintenant, c'est que parmi les savants américains dont on parle le plus en ce moment ceux qui sont à la fine pointe de la recherche sur l'IA (l'intelligence artificielle) et sur la VA (la vie artificielle), un grand nombre n'ont pas caché leur credo millénariste. Selon Marvin Minsky, la PCO (personne en chair et en os) n’est qu’un « bloody mess of organic matter ». L’avenir, l’immortalité ne sont sûrement pas de ce côté.

La sociologue Sherry Turkle note que les adeptes les plus enthousiastes de l’IA (intelligence artificielle) sont persuadés qu’une fois capables de penser par elles-mêmes et dotées d’une super-intelligence, les machines vont se libérer de leurs liens avec l’organisme humain, et par là accéder à l’immortalité.

La liste des grands prophètes de cette immortalité post biologique et numérisée est déjà longue. J. Doyne Farmer, l’un des fondateurs du mouvement VA (vie artificielle) intégré depuis au mouvement IA (intelligence artificielle), ne manque pas d’audace dans ses prédictions : « D’ici cinquante à cent ans, un nouveau type d’êtres vivants aura vraisemblablement émergé. Ces organismes seront artificiels en ce sens qu’ils auront à l’origine été conçus par des êtres humains ; ils pourront cependant se reproduire et évoluer vers des formes de vie différentes de ce qu’ils étaient à l’origine. Selon toute définition raisonnable de la vie, ils seront des êtres vivants. Ils évolueront toutefois d’une façon particulière. Le processus évolutif étant devenu conscient, il sera beaucoup plus rapide que par le passé » (cité par Sherry Turkle in « The Second Self », New York, Simon and Shuster, 1984, p. 353…) »

Earl Cox, gourou de l’IA, explique dans « Beyond Humanity : Cyber revolution and Future Mind » que nous vivons le déclin de la civilisation et l’aube de la super-civilisation robotique. Nous allons transférer le contenu de nos esprits dans ces vaisseaux créés par nos enfants mécaniques… Libérées de notre fragile forme humaine, ces intelligences humaines artificielles vont transcender les timides concepts de déité et de divinité tenus aujourd’hui pour vrais par les théologiens.

Daniel Crevier, autre spécialiste réputé de l’IA, soutient quant à lui, en s’appuyant sur l’Ancien et le Nouveau Testament, que l’immortalité numérique n’est pas incompatible avec le dogme chrétien de la résurrection des corps. « Il est certain, écrit-il, que l’information et l’organisation constituant notre esprit auront besoin d’un quelconque support. Le Christ est ressuscité dans un nouveau corps ; pourquoi ce nouveau corps ne serait-il pas une machine » (Daniel Crevier, « The tumultuous History of the search for Artificial Intelligence », New-York, Basic Books, 1993, pp 278-80…)

Voilà peut-être le fin mot de la cyber-théologie. Dans « The Age of Mind, Transcending the Human Condition through Robots », Hans Moravec, de l’Université Carnegie-Mellon, décrit avec précision les mécanismes de la nouvelle apothéose : « Il est facile d’imaginer comment la pensée humaine pourrait se libérer de ses liens avec un corps mortel. De même, explique-t-il, que l’on peut transférer un processus de traitement de données d’un ordinateur à un autre, de même on pourrait transférer l’activité intellectuelle d’un esprit humain à un ordinateur (cité par David F. Noble, op. cit., p. 162…) ». Moravec va même jusqu’à décrire l’intervention chirurgicale consistant à greffer le cerveau humain sur un ordinateur. Au fur et à mesure que le cerveau s’affaiblirait avec l’âge, l’ordinateur prendrait le relais pour remplir ses principales fonctions. Et ainsi, à condition que l’on fasse suffisamment de copies de ce logiciel personnalisé, son propriétaire d’origine serait pratiquement assuré de l’immortalité.

« Les religions, écrit de son côté Michael Benedikt, président de Mental Tech inc., sont nourries par le ressentiment que nous éprouvons à l’égard de nos corps boueux, limités, et ultime tricherie, mortels. La réalité, c’est la mort. Si seulement nous le pouvions, nous pourrions aller de par la terre, sans jamais quitter nos maisons, vaincre sans périls, goûter aux fruits de l’Arbre sans être punis, convoler chaque jour avec des anges nouveaux, entrer au paradis, échapper à la mort (cité par David F. Noble, op. cit., p. 159…) »

Y a-t-il beaucoup de savants contemporains plus sérieux et plus généralement respectés que John von Neuman, le père de l’ordinateur ? Il faut savoir qu’au moment où il s’est consacré à la cause de la guerre nucléaire préventive, il a commencé à soupeser les similitudes logiques entre la vie et la machine, et à développer une théorie des automates cellulaires capables de se reproduire. Cette théorie constitue la base des recherches actuelles en VA (cité par David F. Noble, op. cit., p. 166…)

Au-dessus de Von Neuman, parmi ceux que l’on considère comme les prophètes du nouveau super-monde, il y a un homme, qui fut aussi célèbre comme théologien que comme savant : Teilhard de Chardin. Au milieu du présent siècle, le théologien Teilhard de Chardin a créé le mot noosphère pour désigner l’univers d’information en train de se constituer, avec l’aide des moyens techniques, au-dessus de ce qu’on appelait déjà la biosphère. Pour beaucoup de gens, la noosphère et le virtuel constituent une même nébuleuse parée de tous les prestiges : ceux du réel aussi bien que ceux du spirituel de jadis. Le cyborg est la symbiose entre cette nébuleuse et le corps humain.

Teilhard compte des disciples nombreux et enthousiastes parmi les pionniers d’Internet. Le plus influent d’entre eux est le cyber-cowboy John Perry Barlow. Ce que Teilhard a dit, estime Barlow, peut se résumer en une phrase simple : « Le but de toute évolution ayant eu lieu jusqu’à ce jour est la création d’un organisme collectif de l’esprit ». Pour Barlow, Teilhard est le grand prophète du Cyberespace. Et il commente : « L’idée que le cerveau de chacun puisse s’intégrer à un réseau formé de tous les autres cerveaux, ne pouvait qu’avoir des implications théologiques pour le mystique hippie que je fus cité par Gundolf F. Freyermuth, in Die Welt, 28 mars 1998… ». « A globe, clothing itself with a brain ». Cette traduction anglaise d’une pensée de Teilhard est l’équivalent d’un mantra pour de nombreux internautes californiens.

L’évolution, selon Teilhard, n’est pas un phénomène purement biologique qui s’expliquerait par le hasard et la nécessité. Les phénomènes ont leur dehors et leur dedans. Le dedans de l’évolution c’est l’esprit, un esprit qui oriente les transformations des êtres vivants vers un degré de perfection sans cesse plus élevé. Au degré le plus élevé, Teilhard associe des mots tels que point oméga, plérôme, milieu divin. Alors que les évolutionnistes les plus audacieux avaient à peine osé imaginer un animal encore plus raisonnable, plus évolué que l’homme, Teilhard prédit un nouveau type d’évolution, une évolution de la conscience dans la noosphère, un nouveau milieu lui-même plus évolué que la biosphère dont il est issu. L’ensemble des cerveaux humains réunis par des moyens de communication assurant la simultanéité des échanges constitue la noosphère.

Le marxisme a été un millénarisme, dont les grands prêtres ont aussi pactisé allègrement avec le pouvoir, tout en obtenant du peuple qu’il renonce à tout bonheur présent, sinon à sa vie même, pour préparer les lendemains qui chantent. Et que dire des mille ans du troisième Reich ! Nous découvrons…que le progressisme libéral et démocratique poursuit les mêmes fins.

Tel est le puissant courant par lequel nous sommes emportés vers l'immortalité terrestre et qui en attendant fait de nous des croisés de la religion cathodique… Il n'est pas facile de nager contre un tel courant caractérisé non seulement par le culte de la technologie, mais aussi par le prix que l'homme a dû payer pour réussir sur ce plan : la désincarnation, la montée du formalisme et par ce mal du siècle que Sifneos appelle l'alexythimie et qu'il définit comme « a condition of limited fantasy and emotional life », un état caractérisé par l'appauvrissement de l'imaginaire et de l'affectivité.

Le remède que propose Noble me paraît être d'une portée bien limitée. Après avoir reconnu que l'utopie millénariste a été pendant longtemps un puissant facteur de réel progrès, il constate que la convergence millénaire de la technologie et de la transcendance a survécu à l’utilité historique qu’elle a pu avoir dans le passé. Au fur et à mesure, conclut-il, que notre entreprise technologique prend des proportions terrifiantes, il devient plus essentiel de la détacher de ses fondements religieux. À force de poursuivre l’impossible, on risque de détruire la bonne vie encore possible. C'est à cette bonne vie que Noble nous invite. Plutôt dit-il que de nous entêter à coup de myriade de milliards, à créer des villes dans l'espace et à vouloir donner l'immortalité sur terre à des hommes qui n'y trouverait qu'un incurable désespoir, pourquoi dit-il ne luttons-nous pas plus efficacement contre la pauvreté, pourquoi ne préférons-nous pas le petit bonheur d'occasion, le moindre moment d'un bonheur souhaité à cette vaine et froide éternité…

Noble, hélas, réduit la transcendance au paradis millénariste. L'idée grecque d'une immortalité à laquelle on accède par la purification et l'idée chrétienne d'un royaume de l'amour n'est pas de ce monde, lui semblent totalement étrangères. L'hédonisme et l'altruisme unidimensionnels qu'il propose n'ont guère plus de sens que le paradis millénariste qu'il dénonce avec raison.

Il faut répondre à la question suivante: comment se fait-il que ce soit dans les pays dominés par la religion du Dieu incarné que les hommes se sont désincarnés au point de considérer leurs corps comme une machine et de désirer s'immortaliser sur un disque dur. On peut voir là un prétexte pour tourner le dos à cette religion. J'y vois plutôt une raison de tenter de la retrouver après sept ou huit siècles d'éloignement. »

CONCLUSION

Il est clair que nous restons toujours seuls face à notre destin individuel. L’immortalité est loin d’être un acquis pour l’espèce humaine si la Foi religieuse ne fait plus partie intrinsèque de notre existence terrestre. Par ailleurs, la marche continue de l’humanité vers plus de savoirs et de connaissances peut nous réserver de grandes surprises dans le futur. Pourvu, évidemment, que nous adoptions des comportements qui assurent la pérennité de l’humanité composée de races d’hommes fort diversifiées, ayant des croyances religieuses différentes et des liens culturels multiples.

Les bonds fulgurants de la Science dans les deux derniers siècles sont garants de nouvelles découvertes dont les tenants et aboutissants nous sont inconnus pour l’instant. Nous apprenons lentement à équilibrer Raison et Passion, après des millénaires de lutte contre l’obscurantisme sous toutes ses formes. Finalement, dans l’intervalle, ne vaudrait-il pas mieux apprendre à composer avec notre environnement terrestre ?

L’humain, qui comprend son destin tragique de devoir tirer sa révérence un de ces jours, devrait se donner les moyens et les conditions de bien s’assumer dans les derniers moments de son existence. Tout devrait être mis en œuvre pour préserver le bonheur  personnalisé au quotidien, du premier jour de la vie jusqu’à son tout dernier.

À cet égard, les moyens ne manquent pas. Mais, ce sont les mentalités et les croyances religieuses qui font obstacles à ces nouvelles avenues. Autant il est maintenant accepté que l’on puisse enfanter sans douleur, autant il devrait être possible d’aspirer dans les derniers moments de la vie, à un rite de passage basé sur l’extase plutôt que la souffrance ou la douleur. Ce dernier moment de conscience devrait être perçu comme une forme de nirvana qui nous donne l’illusion du paradis sur terre, une forme de cocktail de bonheur ultime en hommage à la vie humaine.

Ce passage à trépas, planifié par les hommes pour les hommes, dans le respect des désirs de tous et chacun, devrait être mis au point en priorité, avant de trouver la solution ultime à l’immortalité de l’âme ou la fontaine de Jouvence. Au lieu de continuer à rester passifs, face aux diktats de la Nature comme nous le faisons maintenant, la plupart du temps…

RD