Vivre la vie d'un Senior

mercredi 14 octobre 2020

Fondation Institut de gériatrie de Montréal : vieillir, c’est l’affaire de tous

 Article publié dans le Journal Le devoir, 2020

 

Plus fragiles, plus isolés et plus inquiets que jamais, les aînés sont les laissés-pour-compte de la philanthropie québécoise. Une situation qui est appelée à changer – et vite – dans le contexte de la crise actuelle.

Chaque année, les Québécois versent des millions de dollars à des organismes caritatifs pour soutenir des causes qui leur tiennent à cœur. Les grands oubliés, dans tout ça ? Les aînés. Jusqu’à ce que la pandémie les propulse à l’avant-scène de l’actualité.

« Les événements du printemps dernier ont mis en lumière plusieurs carences qui ont mené à une importante prise de conscience collective », commente Francine Senécal, directrice générale de la Fondation Institut de gériatrie de Montréal (FIGM). Elle déplore qu’une situation d’urgence ait été nécessaire pour attirer l’attention des médias et de la population : « Je crois que, inconsciemment, la population n’était pas prête à regarder la réalité du vieillissement en face. Pourtant, c’est un phénomène qui touche tout le monde, et le Québec en particulier, car notre population est l’une des plus âgées de la planète. Aujourd’hui, alors que les 65 ans et plus sont plus nombreux que les 14 ans et moins, nous franchissons un pic démographique significatif. »

Un centre de recherche de calibre international 

La fondation que dirige Francine Senécal a pour mission d’appuyer l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM) en réalisant des projets novateurs et en assurant le maintien de la qualité des soins grâce à l’appui de généreux donateurs.

Peu connu du grand public, l’IUGM dispose pourtant du plus important centre de recherche s’intéressant au vieillissement de toute la francophonie. Son champ d’activités, qui inclut la formation d’étudiants en médecine de l’Université de Montréal, s’articule sur deux axes : les neurosciences du vieillissement – incluant les dimensions cognitives – et la promotion de la santé, des soins et des interventions.  

Véritable chef de file dans les pratiques cliniques et le développement des connaissances en gériatrie, l’IUGM est aussi un centre de soins spécialisés en santé et un milieu de vie pour les personnes âgées. « Avec 58 équipes de recherche, 14 chaires et quelque 400 chercheurs et étudiants, l’Institut réunit une masse critique d’expertise en un seul lieu. L’IUGM est un secret bien gardé, mais la pression démographique et l’omniprésence du vieillissement dans notre société changent la donne », ajoute Francine Senécal.


 Francine Sénécal, directrice générale de la FIGM

 Une mission : Investir dans le « mieux vieillir » 

La fondation, partenaire financière de l’IUGM, compte sur la générosité des particuliers et du milieu des affaires pour soutenir la mission de ce grand centre d’excellence. Elle a ainsi pu appuyer des projets de recherche visant à développer des modèles d’intelligence artificielle qui permettent d’améliorer le diagnostic et le pronostic de maladies neuro- dégénératives liées à l’âge, comme l’Alzheimer.

La FIGM soutient également des initiatives en qualité des soins, comme l’achat d’équipement de pointe et l’aménagement d’un nouvel espace sensoriel. « Ce lieu exceptionnel a été spécialement conçu pour offrir des stimuli visuels, auditifs et olfactifs aux aînés souffrant de problèmes cognitifs », explique Francine Senécal. Une innovation qui fait appel à la réalité virtuelle et à l’aromathérapie, et dont les effets profondément apaisants sont appréciés tant des résidents que de leurs familles et du personnel soignant de l’Institut.

En tout temps, la fondation multiplie les initiatives pour améliorer la qualité de vie et le quotidien des personnes âgées. Ainsi, une collecte d’urgence effectuée pendant la première vague de la pandémie a permis d’adoucir le confinement des résidents grâce à l’achat et à la distribution de tablettes, ainsi qu’à l’aménagement des balcons et des aires extérieures de l’Institut. Tout ça grâce à la générosité des donateurs québécois ! La fondation organise également une foule d’activités spéciales, des concerts et de la zoothérapie par exemple, lorsque les normes de distanciation le permettent.

Le bien-être des aînés, une priorité 

La fondation joue aussi le rôle de diffuseur de l’expertise de l’IUGM en faisant la promotion, auprès du grand public, de l’importance de la santé physique, psychologique et émotionnelle des aînés. Lancé en septembre dernier, le mouvement Solidaires des aînés incite la population à poser régulièrement des gestes concrets pour briser l’isolement des personnes âgées. C’est l’animatrice, peintre et chanteuse Shirley Théroux – Appelez-moi Shirley, pas grand-maman ! – qui est la porte-parole de cette initiative.

 

 La porte-parole, Shirley Théroux

 « Mon engagement premier avec la fondation est de parler aux Québécois et aux Québécoises de la solitude et de la vulnérabilité des aînés. Ce sont eux qui ont bâti notre société et c’est à nous, maintenant, de faire notre part pour leur venir en aide. En leur donnant un coup de fil, en discutant d’une émission de radio écoutée chacun de notre côté, en leur expliquant comment magasiner en ligne, en écrivant une lettre ou une carte postale – ça fait tellement plaisir, peu importe notre âge ! – ou en allant tout simplement faire les courses. J’ai récemment croisé à la pharmacie une jeune femme dans la vingtaine qui avait pris le temps d’accompagner sa grand-mère, en fauteuil roulant, pour l’aider à choisir une crème pour le visage. C’était touchant, et c’est exactement ça, notre campagne ! »

Le message est clair : le don de soi est tout aussi important que le don financier. 

« La campagne Solidaires des aînés souligne l’importance de la bienveillance, indique Francine Senécal. Un terme très important dans le contexte actuel, où nous sommes moins mobiles et où les visites aux aînés sont très limitées. Mais cela ne devrait pas nous empêcher d’être à l’écoute. Comme les personnes âgées n’expriment pas toujours leurs besoins et hésitent souvent à solliciter de l’aide, il faut aller au-devant d’elles. »


La clé : l’engagement intergénérationnel 

Comment inciter les jeunes, qui traversent aussi une période très difficile, à faire leur part pour améliorer le sort des aînés ? « Je dirais qu’il n’y a plus de murs entre les groupes d’âge en ce moment, répond Shirley Théroux. Avec ce que nous vivons, tout le monde est dans le même bateau. Il faut simplement trouver une façon d’expliquer aux plus jeunes générations que le vieillissement n’est pas une maladie, que c’est un phénomène inévitable et que bientôt, ce sera leur tour ! Je sens qu’il y a un éveil. Ils sont de plus en plus conscients, comme mon fils de 37 ans, du fait que les aînés ont besoin d’eux. »

La porte-parole invite les citoyens de tout âge à s’engager publiquement à poser des gestes concrets pour prendre soin des aînés. Comment ? En s’inscrivant tout simplement sur le site solidairesdesaines.com, et en partageant leur appui en cliquant sur les boutons menant à leurs réseaux sociaux. Une belle façon de passer le message et d’inciter la collectivité à en faire autant. Parce qu’il n’y a pas que les virus qui se propagent !

Pour adhérer au mouvement : solidairesdesaines.com

Pour en savoir plus sur la FIGM et pour faire un don : figm.ca

 N.B. Ce contenu a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir en collaboration avec l’annonceur. L’équipe éditoriale du Devoir n’a joué aucun rôle dans la production de ce contenu.

 RD

mardi 13 octobre 2020

Deuxième vague : prendre soin de soi et... des autres

Article de la DRE Christine Grou, (psychologue et présidente de l'Ordre des psychologues du Québec), Journal de Québec, 10 octobre 2020.

Présidente - Ordre des psychologues du Québec Ordre des Psychologues du  Québec

Les quelques moments de répit accordés cet été aux plus chanceux d’entre nous ont été beaucoup trop brefs entre les deux vagues de cette crise pandémique. Alors que des milliers de Québécois parvenaient enfin à sortir la tête de l’eau et reprenaient peu à peu leur souffle, cette deuxième vague est revenue frapper la province de plein fouet, ramenant avec elle de bien mauvais souvenirs. 

Plus fatigués

La deuxième vague ressemblera-t-elle à la première qui nous a tous pris par surprise au début de cette pandémie ? 

En mars dernier, il s’agissait d’un phénomène nouveau et inattendu. Il a fallu se serrer les coudes, se mobiliser, afficher sa solidarité, et quelques arcs-en-ciel ! 

Si notre stress était grand, notre réserve d’énergie l’était aussi tout au début de cette crise. 

Or, après plusieurs semaines de confinement, la fatigue s’accumulait et notre niveau d’énergie diminuait. 

Plusieurs recherches démontrent que ce premier épisode ne fut pas sans conséquence : anxiété, dépression, troubles du sommeil, épuisement, consommation plus grande d’alcool, augmentation des douleurs chroniques, etc. 

Le retour en force de cette pandémie survient alors que nos connaissances sur le virus sont plus grandes... mais notre fatigue de vigilance et de restrictions l’est également. 

Les défis et particularités de cette deuxième vague

En plus de cette fatigue, les effets collatéraux de cette pandémie ont été plus que nombreux : les deuils douloureux, les insécurités financières, les pertes d’emploi, la promiscuité ou l’isolement, sans compter le stress de la rentrée scolaire. Trop vite passée, la saison estivale ne nous a pas permis de recharger pleinement nos batteries après une période aussi éprouvante. 

Dans ce contexte, un « reconfinement », même partiel, nous rend forcément moins tolérants, plus irritables, et dans certains cas, agressifs. C’est une chose d’être critique à l’égard des politiciens ou des autorités médicales, mais sur les réseaux sociaux, nous assistons en ce moment à une avalanche de propos haineux, violents, qui démontrent un épuisement généralisé. Et si nous ne prêtons pas attention à cette détresse, ses conséquences risquent de s’aggraver davantage. 

S’occuper de soi... et des autres

Ces manifestations de colère et d’impatience doivent nous servir de rappel, et surtout d’invitation à prendre soin de soi. En prenant soin de vous-même, vous contribuerez non seulement à votre bien-être, vous serez aussi plus attentif et à l’écoute de l’autre. Il vous sera alors plus facile de prendre soin de vos proches, et plus particulièrement de ceux qui souffrent encore plus que vous en ces temps difficiles. 

Prendre soin de soi signifie notamment de rester actif physiquement et de bouger, surtout à l’extérieur, puis de se détendre, en s’éloignant des sources d’anxiété ou des scénarios catastrophes. Ce qui ne veut pas dire cesser de s’informer, mais de le faire avec modération. Il faut éviter de nourrir notre colère : à péter les plombs pour un rien ou à se battre contre tout le monde. La situation actuelle s’avère suffisamment pénible pour chacun. Alors, pourquoi s’accabler les uns les autres ? 

Il ne faut jamais perdre de vue les bienfaits de l’empathie : comprendre l’autre, c’est aussi comprendre qu’il ou elle ne réagira pas nécessairement de la même façon que nous devant un même événement, ou une même directive contraignante.  

Changer les choses

À défaut de pouvoir tout contrôler durant cette crise, il faut justement cerner clairement ce sur quoi nous avons du contrôle. 

Premièrement, il est possible d’avoir un certain contrôle sur soi et de prendre du recul, et souvent par des gestes simples : se retirer dans sa chambre, aller faire une marche, vivre dans le moment présent et éviter l’anticipation, prendre le temps de respirer, lire, dépenser de l’énergie, avoir une saine hygiène de vie, et surtout se détendre. 

Ensuite, on peut aussi avoir du contrôle sur nos actions et se demander, compte tenu du contexte, quels sont les gestes concrets que l’on peut poser pour favoriser notre bien-être, celui de notre entourage, et pour que cela se passe mieux. 

Tout cela ne fera pas disparaître la COVID-19, mais nous permettra de cicatriser, lentement mais sûrement, ces blessures ravivées par le souvenir du premier confinement. 

Nous avons tiré quelques leçons de cette expérience, qui fut longue et pénible pour plusieurs d’entre nous, mais il ne faut jamais perdre de vue que la suivante aura elle aussi une fin. Et elle sera moins douloureuse à traverser si chacun d’entre nous laisse place au courage et à la bonne humeur plutôt qu’à la mauvaise humeur. 

RD

lundi 5 octobre 2020

Que représente le réseau FADOQ pour les aînés ?

Article de l'agence GMI, 6 octobre 2020

 « Les membres du Réseau FADOQ se sentent délaissés »

  PressReader - Le Journal de Montreal: 2020-10-01 - Présent auprès des aînés  depuis un demi-siècle

 Gisèle Tassé-Goodman, présidente du Réseau FADOQ ajoute ceci à ce dilemne : « Notre proposition aux plus jeunes générations : bâtissons ce projet de société ensemble. Vieillissons mieux ensemble. »

Les ainés membres du Réseau FADOQ conviennent que leurs soins à domicile ainsi que leurs suivis médicaux ont beaucoup souffert depuis le début de la pandémie de la COVID-19. 

Selon un sondage effectué auprès de 3004 membres du Réseau, 72 % des ainés disent avoir remarqué une réduction de leur offre de services. À ce constat inquiétant, s’ajoutent les 30 % de répondants souffrant de maladies chroniques comme l’asthme, le diabète ou une maladie cardiaque qui mentionnent l’annulation de leurs rendez-vous en raison de la crise sanitaire. 

«Le maintien du continuum des services et soins à domicile est essentiel pour les aînés, d'autant plus que 23 % des répondants ayant subi une réduction de leur offre de services estiment que leur état de santé s'est détérioré. Il faut que ces soins et services reprennent le plus vite possible», a indiqué la présidente du Réseau FADOQ, Gisèle Tassé-Goodman.

Représentant les intérêts des personnes de 50 ans et plus, le Réseau FADOQ, anciennement la Fédération de l’Âge d’Or du Québec, compte au-delà de 555 000 membres, ce qui en fait l’organisme du genre le plus important au Canada.

La principale orientation du Réseau FADOQ est de se consacrer à la défense des droits des aînés afin de de tout mettre en oeuvre pour protéger leurs intérêts. Pour l'organisme, il est temps de se rassembler et de valoriser l'apport des aînés, en plus d'améliorer leur qualité de vie actuelle et future. Ce virage est d'autant plus nécessaire, à l'heure actuelle, vu qu'ils sont les plus vulnérables face à la pandémie.

UNIR LES GÉNÉRATIONS

Le Réseau FADOQ se veut une réponse aux manifestations d'âgisme et d'infantilisation venant d'autres générations. Il témoigne aussi d'un élargissement récent du fossé intergénérationnel.

Un lien fort doit plutôt s'établir par des actions concertées sur des enjeux majeurs, estime la plus grande organisation d'aînés au pays. Cet organisme est d'ailleurs au coeur de multiples dossiers touchant les aînés :

  • Amélioration de la qualité de vie en CHSLD
  • Suspension des frais de cabarets dans les résidences
  • Protection des régimes de retraite
  • Santé et maltraitance
  • Résidences et logement
  • Promotion des bienfaitss du vieillissement actif 
  • Âgisme envers les travailleurs d'expérience
  • Revendication pour une politique nationale des proches aidants.

Après avoir implanté d'importants chantiers ayant fait progresser les droits des aînés, le Réseau FADOQ entend bien poursuive sa mission pour les générations de demain.

 RD

La nouvelle télé des aînés

 TOUT NOUVEAU - VOUS N'AVEZ QU'À VOUS INSCRIRE GRATUITEMENT

 Crea TV

Après avoir passé plus de 30 ans à interviewer les plus grandes vedettes d’ici et d’ailleurs, Sonia Benezra tend aujourd’hui le micro aux aînés québécois avec la nouvelle série web Benezra reçoit. « Ces gens ont des tas d’histoires fascinantes à raconter. Il faut simplement les écouter », affirme-t-elle. 

Des émissions pensées pour vous et avec vous !

La chaine CREA TV est une chaine de télévision diffusée en exclusivité dans une dizaine de résidences du Québec ainsi que gratuitement sur le site web macreatv.com. La programmation, entièrement originale et pensée pour les aînés, comprend plusieurs émissions divertissantes et informatives, animées entre autres par Emmanuel Auger, Maxime Charbonneau et l’unique Sonia Benezra. Le tout avec la précieuse collaboration de plusieurs ainés et artistes québécois.

 Inscrivez-vous gratuitement dès maintenant !

En tant qu’abonné, vous pourrez voir toutes les émissions. Vous aurez aussi la possibilité de participer aux concours et de vous inscrire pour être la prochaine vedette d’une de leurs émissions

Pour avoir accès à CREA TV, rendez-vous sur le site Internet suivant : 

https://macreatv.com/ 

RD

vendredi 2 octobre 2020

Vies précaires et solidarité durable avec les aînés

 Article de David Risse et Georges Leroux, La Presse.ca, 1er octobre 2020

(Respectivement chercheur associé au Réseau de recherche en santé des populations du Québec, et professeur émérite à l’Université du Québec à Montréal, ainsi que 10 autres signataires*)


 Aînés et société | Vies précaires et solidarité durable

 Les auteurs soulignent qu’avec la pandémie, « nous assistons à un rapprochement intergénérationnel inédit autour des réalités et des problématiques [des aînés] ».

Voici leur texte (intégral) :

Appelant une conversation intergénérationnelle nouvelle, fédérant plus de générations solidaires des aînés, 2020 nous fait changer. Nous assistons à un rapprochement intergénérationnel inédit autour de leurs réalités et leurs problématiques, à plus d’écoute active de leurs besoins particuliers, bien qu’on peine à réparer leur isolement social, leur éloignement familial (parfois conjugal) et leur souffrance psychologique lorsqu’ils se retrouvent isolés et seuls en situation de contamination.

Nous, signataires, voudrions que plus jamais personne ne meure seul et que, désormais, chacun puisse se souvenir de cette solidarité témoignée aux aînés, notamment.

En appelant à conjuguer souvenir et solidarité, à conjurer le sort, nous voulons témoigner de notre fierté envers les personnes aînées bâtisseuses de la société québécoise dont nous pouvons apprécier tous les avantages aujourd’hui. En signant et en partageant cette lettre, nous voulons leur dire toute notre reconnaissance pour leur contribution à la société, et les remercier pour leurs luttes et pour nos droits.

En cette période incertaine, inquiétante et difficile pour la connexion à soi et aux autres, nous voudrions partager notre réflexion sur le devoir de réparation envers les aînés et envers la planète. Cela puisque notre souci pour l’avenir des aînés et de l’humanité, du climat et des générations futures, nous porte à vouloir aussi conjuguer justice sociale et justice climatique.

La diminution de l’espace de proximité et d’interaction entre soi et les autres (proxémie) a poussé à penser à une pause de l’humain pour la planète (anthropause). La pandémie prenant des vies et en perturbant d’autres, demandons-nous si l’être humain n’est pas acculé à prendre une pause de lui-même pour sa survie (et non plus seulement pour protéger « sa » planète).

Devant les découragements et les décrochages citoyens face aux normes sanitaires et aux mesures planétaires de protection de ceux qui nous entourent, nous ne pouvons qu’en appeler à cette double réparation (de ce que nous avons fait aux aînés et à la planète). Nous invitons chacun à signer et à partager – sans modération – le Manifeste pour une solidarité durable, qui s’adresse à tous. Cela d’autant plus que nous vieillissons inégalement.

Tâcher de n’oublier personne

Nous gagnerions collectivement, en effet, à tâcher de mieux comprendre le vieillissement dans tous ses états, dans la diversité de ses situations et de ses parcours de vie. Vieillir en contexte de diversité, même dans une métropole telle que Montréal, s’avère toujours difficile pour une proportion significative de personnes aînées issues de communautés, quelles qu’elles soient.

Des femmes de la majorité sociale se retrouvent désormais touchées par des problématiques socioéconomiques qui fragilisaient surtout des femmes issues de communautés culturelles et sexuelles jusque-là. Elles sont aujourd’hui rendues vulnérables par un glissement de la pauvreté vers l’itinérance ; glissement accéléré par certains effets délétères de la pandémie de COVID-19. Moins enclins à demander de l’aide et à fréquenter les services, des hommes voient pour leur part leur isolement s’accroître, leur impuissance et leur souffrance augmenter.

Dans un pareil contexte, il urge de croiser les regards, d’échanger les bonnes pratiques entre professionnels de l’intervention et de la recherche, de mettre plus et autrement en commun les savoirs expérientiels et les connaissances théoriques. Cela afin d’aider à prendre des décisions et à faire des actions plus proches des besoins réels d’aînés rendus vulnérables par cette crise pandémique. Nos élus ont besoin de mieux connaître l’état de la situation actuelle : de la fragilisation sociale, psychologique et économique, vécue par de plus en plus de personnes aînées, dont les personnes issues de « groupes prioritaires ». Mais que pouvons-nous demander aux institutions publiques et au gouvernement afin de mieux protéger et enfin assurer l’autonomie des aînés, sans les réinfantiliser ?

Aider équitablement et durablement

Il appert que la veille et l’expertise communautaires québécoises contribuent grandement à nous sentir aujourd’hui hautement concernés par les aînés. Rappelons que les dernières campagnes canadienne et québécoise en santé mentale réhabilitent le contact humain et confirment que nous n’aurions peut-être jamais autant ressenti le manque de lien social. Les personnes atteintes de troubles cognitifs légers et de troubles de l’anxiété gériatrique liés à pandémie sont plus sujettes à subir ce manque de façon draconienne.

Parmi les personnes les plus touchées, on sait les personnes aînées, pour des raisons de vieillissement cognitif accéléré par l’anxiété et par le stress généré en contexte pandémique. Cela dit, les personnes aînées vivant avec une problématique de santé mentale (et parfois de dépendance) font pour l’instant peu l’objet de priorisation stratégique. Malgré des besoins particuliers augmentés par cette crise, chez les aînés issus de communautés culturelles et de peuples autochtones, les proches aidants n’ont pas davantage recours aux ressources existantes, qui ne sont pas adaptées pour autant. Loin du rapport au vieillissement « autonome » ou « réussi », on y perd pied.

Par contre, on sait que les aînés pour lesquels le rapport de proximité familiale est plus important se retrouvent d’autant plus touchés et vulnérabilisés par la pandémie. Outre l’inaccoutumance à la marginalisation et à l’isolement forcés, on observe déjà les effets délétères d’injonctions sanitaires renforçant la distanciation physique souhaitée (décrochage et désengagement citoyens, consommation ordinaire et idéation suicidaire augmentées chez les aînés, anxiété gériatrique aggravée et veille communautaire fragilisée, dans nombre de milieux montréalais). Face à ces vulnérabilités accrues, notre solidarité active et durable est d’autant plus essentielle et vitale.

* Cosignataires : Michel Tremblay, dramaturge et romancier ; Louise DesChâtelets, comédienne et chroniqueuse ; Léonie Couture, directrice, La Rue des Femmes ; Carole Poirier, députée d’Hochelaga-Maisonneuve (2008-2018) ; Lawrence Olivier, professeur, UQAM ; Frantz Voltaire, président, Semaine d’actions contre le racisme ; Jean Carette, professeur retraité, UQAM ; André Ledoux, président du C. A., Observatoire Vieillissement et Société ; Patrick Verret, auteur et conférencier ; Harold LeBel, porte-parole du Parti québécois en matière d’aînés ; Lorraine Pintal, directrice artistique et générale du Théâtre du Nouveau Monde

 Consultez le Manifeste pour une solidarité durable

 RD


jeudi 1 octobre 2020

La journée internationale des AÎNÉS : le 1er octobre de chaque année

 La Journée internationale des aînés, qui a lieu le 1er octobre de chaque année, est un moment privilégié pour reconnaître la diversité des personnes aînées et favoriser leur participation à la société en tant que partie intégrante de leur communauté.

 En 1991, l’Assemblée générale des Nations Unies a désigné le 1er octobre comme la Journée internationale des personnes âgées.

 Journée internationale des aînés 2020

 Saviez que ?

Près de 700 millions de personnes dans le monde sont âgées de 60 ans et plus. Elles seront 2 milliards en 2050, soit environ 20% de la population mondiale.

L’augmentation du nombre de personnes âgées dans le monde sera plus importante et plus rapide dans les pays en développement, notamment en Asie, qui comptera la plus grande proportion de personnes âgées au sein de sa population, et en Afrique, où la population des personne âgées connaîtra la plus forte croissance.

La composition démographique joue un rôle important dans le développement durable et représente un des facteurs qui détermine les principaux défis auxquels le monde est confronté au cours du XXIe siècle. Dans cette optique, et afin de ne laisser personne de côté, nous devons accorder de l’attention aux besoins spécifiques des personnes âgées.

Force vive de nos communautés

Alors qu’il y a peu de temps, le vieillissement s’accompagnait souvent d’un retrait de la vie sociale, il est maintenant bien documenté et reconnu que les personnes aînées constituent un groupe qui participe grandement à la vie collective. Les personnes aînées sont une force vive de nos communautés et plusieurs d’entre elles ont une riche expérience de vie, des compétences, des habiletés et l’envie d’apporter leur contribution. Leur expertise est une richesse dont nous ne pouvons nous passer pour améliorer notre société.

il est primordial de considérer les personnes aînées comme étant les mieux placées pour exprimer leurs besoins et proposer des solutions :

  • Que ce soit dans la recherche de solutions;
  • Pour la mise en place de diverses mesures visant à mieux s’adapter au vieillissement de la population;
  • Dans les questionnements sur les meilleures pratiques pour la santé des personnes aînées;
  • En ce qui concerne l’adaptation de leur environnement;
  • Pour évaluer la qualité et l’accessibilité des soins et services auxquels elles ont droit;
  • Pour ajuster l’offre de loisirs;
  • Se prononcer sur des enjeux environnementaux et bien plus encore.

Source : article de Françoise Le Guen, Journal Le Nord, 2019

RD