Vivre la vie d'un Senior

vendredi 24 janvier 2020

Quand des aînés sont victimes d'intimidation

Article de Marie-Ève Cousineau, ici.Radio-Canada.ca, 24 Janvier 2020

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  Il n'y a pas que les écoliers qui subissent de l'intimidation. Des personnes âgées en résidence en vivent aussi. Un phénomène méconnu et encore tabou.

UN GUIDE CONTRE L'INTIMIDATION  

« Hé, t’es pas vite là! Dépêche. On attend toujours après la même. » Des aînés sont attroupés près de l’ascenseur de la résidence où ils habitent. Ils s’impatientent, encore, devant la lenteur d’une résidente qui se déplace à l’aide d’un déambulateur. 

Cette scène est fictive, mais elle pourrait bien exister dans la réalité. Il s'agit d'un cas classique d’intimidation chez les aînés, selon Marie Beaulieu, professeure titulaire de la Chaire de recherche sur la maltraitance envers les personnes aînées de l’Université de Sherbrooke, qui étudie la question.
Comme à l'école, des cliques peuvent se former dans les résidences pour personnes âgées, les habitations à loyer modique pour aînés et les centres communautaires. Des aînés sont mis à l’écart.
Ça ne fait pas tellement d'années qu'on a réalisé que le phénomène de l’intimidation, ça ne se résumait pas juste au système scolaire ou aux enfants. Ça concerne aussi les adultes, les aînés.
Marie Beaulieu, professeure et chercheuse à l'Université de Sherbrooke
Selon Marie Beaulieu, trois types de lieux ou de contextes semblent plus propices à l’intimidation dans les milieux collectifs fréquentés par les aînés : autour des ascenseurs (en période d’affluence, à l’heure des repas, par exemple), à la salle à manger et lors d’activités de loisir, particulièrement compétitives.

Les jeux de pétanque, par exemple, on veut gagner. Le jeu de bridge, on ne souhaite pas nécessairement initier quelqu'un qui est moins rapide que nous, explique-t-elle.

Afin de les informer sur cette problématique qui peut aller loin et les isoler, l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR), a lancé un guide pour mieux les outiller. Le guide est disponible au www.aqdr.org.

Un phénomène méconnu

Aucune étude québécoise n’a encore mesuré l’ampleur du problème. Mais selon des études américaines, jusqu’à 60 % des aînés pourraient en avoir été victimes, rapporte Marie Beaulieu. La prévalence dépend des milieux de vie, dit-elle. Parce que j’insiste, ça peut se passer dans tous les milieux. Pas seulement dans les résidences pour aînés.

L'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et pré-retraitées (AQDR) reçoit de plus en plus d’appels de personnes âgées intimidées. Le regroupement a publié en 2018 un guide pour prévenir l’intimidation chez les aînés. 

Les gens qui nous appellent ne disent pas qu'ils sont intimidés, explique la présidente de l’AQDR Judith Gagnon. Ils disent qu'ils vivent certaines choses avec d'autres personnes. Mais on décode facilement que c'est de l'intimidation.

Intimidation ou maltraitance?

L’intimidation envers les personnes aînées s’inscrit principalement dans un rapport de force (p. ex., par la force physique ou par la force du nombre), de pouvoir (p. ex., une préposée est en situation de pouvoir sur les personnes dont elle prend soin) ou de contrôle (p. ex., un résident prend le contrôle de la télécommande pour imposer son choix d’émission dans le salon collectif), selon l'Institut national de santé publique du Québec.
 
On parle de maltraitance quand un geste singulier ou répétitif, ou une absence d’action appropriée, se produit dans une relation où il devrait y avoir de la confiance, et que cela cause du tort ou de la détresse chez une personne aînée, d'après le gouvernement du Québec. 

La maltraitance se distingue de l'intimidation par le lien de confiance entre les personnes.

Le phénomène demeure méconnu et tabou. D'où l'importance, croit Judith Gagnon, de donner des conférences sur le sujet, comme elle le fait en ce soir de janvier dans le sous-sol d'une église de la ville de Québec. Une cinquantaine de membres du club Les aînés actifs d'Orsainville sont venus l'écouter avant leur soirée soupe et bingo.

Le gros problème qu’il y a, quand il arrive de l’intimidation, c'est que le monde ne dénonce pas, dit un aîné rencontré après la conférence. Ils s’en vont. Ils ne veulent pas se mêler là-dedans.
Pourtant, les conséquences de l’intimidation peuvent être graves.
Il y a des gens, un moment donné, qui ne sortent plus ou qui n'osent plus s'exprimer. Ils se sentent trop vieux. Ils se sentent gauches.
Judith Gagnon, présidente de l'AQDR
Certaines victimes font de l'insomnie et en viennent même à déménager, selon Marie Beaulieu.

 Les formes d'intimidation

Intimidation verbale et écrite 

- Réprimander une personne en criant ou en jurant;
- Infantiliser une personne aînée;
- Faire des remarques sexistes, homophobes ou racistes ;
- Se moquer de quelqu’un en parlant de ses vêtements, de son odeur, de sa coiffure, etc. ;
- Créer un sentiment de peur, d’angoisse ou de détresse en proférant des insultes, moqueries ou menaces ;
- Donner des noms ou surnoms peu flatteurs ;
- Changer constamment les directives ou procédures dans un lieu ou pour une activité afin d’en exclure une personne;
- Rédiger des lettres d’insultes et de menaces et les acheminer sous le couvert de l’anonymat.

Intimidation sociale

 - Chercher à humilier, dénigrer ou offenser l’autre en faisant des plaisanteries ou des remarques blessantes en présence d’autres gens;
- Critiquer constamment ou injustement une personne ou rabaisser ses opinions devant les autres ;
- Répandre des rumeurs malveillantes, du commérage, des mensonges ou des insinuations ;
- Regarder l’autre de manière méprisante ou menaçante;
- Exclure, isoler et éviter une personne lors d’activités sociales, de loisirs ou dans un endroit public;
- Réserver des places pour certaines personnes à la même table lors des repas ou des activités de groupe dans le but d’exclure d’autres personnes;
- S’immiscer dans la vie privée d’une personne en l’importunant, l’épiant, la harcelant ou la traquant;
- Harceler quelqu’un pour des cigarettes, de l’argent ou autres. Intimidation physique
- User de violence physique ou menacer de le faire;
- Faire trébucher, bousculer, contraindre, pousser ou pincer une personne;
 - Faire des gestes obscènes pour gêner ou humilier l’autre.

 Intimidation matérielle

- Briser, vandaliser, détruire les objets ou les biens de quelqu’un d’autre ou menacer de le faire;
- S’approprier les objets ou les biens d’autrui (y compris, par exemple, les images provenant d’Internet ou disponibles via les réseaux sociaux).

Prévenir l'intimidation chez les aînés

Pour contrer le phénomène, Marie Beaulieu mène un projet de recherche en collaboration avec un groupe de résidences privées. On est en train de développer un programme de formation pour vraiment sensibiliser les résidents, les employés et les membres des familles à être attentifs à l’intimidation ou l’intolérance. Les témoins ont un rôle à jouer.
Les aînés, dit-elle, doivent faire preuve de bienveillance entre eux.

Le ministère de la Famille du Québec compte par ailleurs présenter un nouveau plan d'action pour prévenir et contrer l’intimidation au printemps 2020. Des mesures pour les aînés étaient incluses dans le dernier plan 2015-2018, toujours en vigueur.

RD

samedi 18 janvier 2020

Des antioxydants qui renversent les effets du vieillissement

Article d'André Labelle, Radio-Canada, 23 avril 2018


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Des personnes qui prennent un antioxydant particulier, ciblant spécifiquement les mitochondries, décrites comme les « centrales énergétiques » des cellules, voient des changements vasculaires liés à l'âge s'inverser de l'équivalent de 15 à 20 ans en six semaines.


En outre, les participants à cette étude américaine, qui étaient âgés de 60 à 79 ans et qui prenaient des suppléments, ont vu un indice clé de leur santé vasculaire s’améliorer de 42 %.

Ces travaux chapeautés par Matthew Rossman et Doug Seals de l’Université du Colorado, à Boulder, montrent ainsi que le ciblage des mitochondries par des antioxydants pourrait être un moyen efficace de lutter contre le vieillissement cardiovasculaire.

Ces résultats s’ajoutent à un nombre croissant de preuves qui laissent présager que des suppléments nutritionnels de qualité pharmaceutique pourraient jouer un rôle important dans la prévention des maladies cardiaques, l’une des principales causes de décès chez les Canadiens, et dont les facteurs de risque non modifiables comprennent l’âge, le sexe, et les antécédents familiaux.

Des travaux qui reprennent aussi l’idée selon laquelle les antioxydants oraux, dont plusieurs études ont montré l’inefficacité ces dernières années, pourraient avoir des effets bénéfiques mesurables sur la santé s’ils ciblent précisément l'un des effets du vieillissement, comme les mitochondries.
Il s’agit du premier essai clinique visant à évaluer l’impact d’un antioxydant spécifique des mitochondries sur la fonction vasculaire chez l’humain.

Matthew Rossman
« Un essai qui laisse à penser que certaines thérapies sont très prometteuses pour réduire le risque de maladies cardiovasculaires liées à l’âge », ajoute M. Rossman.

Le nombre de participants n’était toutefois pas très élevé : seulement dix hommes et dix femmes en 
bonne santé âgés de 60 à 79 ans, de la région de Boulder.

La moitié des hommes et des femmes a ingéré 20 milligrammes par jour d’un supplément appelé MitoQ, qui modifie chimiquement un antioxydant naturel (coenzyme Q10) pour qu’il s’accroche aux mitochondries à l’intérieur des cellules.

L'autre moitié a pris un placebo.

Après six semaines, les chercheurs ont évalué le fonctionnement de la paroi des vaisseaux sanguins, appelée endothélium, en mesurant la dilatation des artères des sujets lors de l’augmentation du débit sanguin.

Après une période de deux semaines, durant laquelle aucun des participants n'a pris de suppléments, les deux groupes ont été interchangés, c’est-à-dire que le groupe auquel on donnait un placebo a pris le supplément, et inversement. Les tests ont été répétés.

Le saviez-vous?
  • Près de 1 adulte canadien sur 12 (soit 2,4 millions) âgé de 20 ans ou plus vit avec une maladie du cœur diagnostiquée.

Le constat

Les chercheurs ont constaté qu’en prenant le supplément, la dilatation des artères des sujets s’améliore de 42 %, ce qui fait que leurs vaisseaux sanguins, du moins selon cette mesure, ressemblent à ceux d’une personne de 15 à 20 ans plus jeune.
Une amélioration de cette ampleur, si elle est maintenue, est associée à une réduction d’environ 13 % des maladies cardiaques.

Matthew Rossman

Le stress oxydant en question

Les chercheurs affirment que l’amélioration de la dilatation est due à une réduction du stress oxydant associé au vieillissement.

Les vaisseaux sanguins se raidissent avec l’âge en raison de la production excessive de radicaux libres liés à ce stress.

Cette production peut endommager l’endothélium (la couche la plus interne des vaisseaux sanguins, celle en contact avec le sang) et altérer sa fonction. Pendant la jeunesse, l’organisme produit suffisamment d’antioxydants pour neutraliser l’effet des radicaux libres. En vieillissant, toutefois, l’équilibre est rompu, parce que les défenses antioxydantes du corps ne réussissent pas à suivre la production excessive de radicaux libres.

D’autres études avaient montré que les suppléments antioxydants oraux comme la vitamine C et la vitamine E n’étaient pas inefficaces pour freiner le travail du temps.

Une théorie revigorée

Cette étude insuffle une nouvelle vie à la théorie discréditée, selon laquelle l’ajout d’antioxydants à l’alimentation peut améliorer la santé.

Douglas Seals
Elle laisse à penser que le ciblage d’une source spécifique pourrait être un meilleur moyen de réduire le stress oxydant et d'améliorer la santé cardiovasculaire.

Les prochaines étapes seront de tenter de reproduire ces résultats chez un plus grand nombre de sujets et d’examiner de plus près l’impact du composé sur les mitochondries.

« Faire de l’exercice et avoir une alimentation saine restent les meilleures façons de maintenir une bonne santé cardiovasculaire, » estime Douglas Seals.
Toutefois, il n’y a pas assez de gens qui sont prêts à faire ces efforts. Nous cherchons des options complémentaires pour prévenir les changements liés à l’âge qui sont à l’origine de la maladie. Des compléments peuvent être parmi eux.

Douglas Seals
Le détail de ces travaux est publié dans la revue Hypertension (Nouvelle fenêtre) de l’American Heart Association.

RD

dimanche 5 janvier 2020

GRATUIT ; Un recueil d'informations pour SENIORS

 NOUVEAUTÉ 2020 : UN RECUEIL D'INFORMATIONS  POUR LES SENIORS


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L’ouvrage est divisé en DIX SECTIONS qui traitent chacune de thématiques spécifiques aux seniors ou orientées vers leurs centres d’intérêts :

TABLE DES MATIÈRES
AVANT-PROPOS
INTRODUCTION
SECTIONS :
I – BESOINS ET ATTENTES DES SENIORS
II- LA RETRAITE : UN PASSAGE OBLIGÉ
III- HYGIÈNE ET MODES DE VIE
IV– HABITUDES ALIMENTAIRES ET CONSEILS «  SANTÉ »
V – MALADIES À SURVEILLER
VI- ACTIVITÉS ORIENTÉES « SENIORS »
VII- CONFORT, BIEN-ÊTRE ET LOISIRS
VIII – RÉFLEXIONS SUR L’EXISTENCE HUMAINE
IX – RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
CONCLUSION
ANNEXES



 
UN TRAVAIL DE COMPILATION ET/OU DE RÉDACTION DE PHILOMAGE, VOTRE HUMBLE SERVITEUR.  BONNE LECTURE!

N.B. On peut aussi l'obtenir en cliquant sur le lien Internet dans la section « RÉFÉRENCES » à droite de la page d'accueil.

RD

dimanche 29 décembre 2019

Québec dévoile son concept de maisons des aînés

Article de JÉRÔME LABBÉ, Radio-Canada, 26 novembre 2019
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Chaque nouvelle unité regroupera 12 résidents partageant les mêmes caractéristiques et intérêts.

Des chambres individuelles plus grandes, avec une salle de bain privée et une douche adaptée; des espaces communs où l'on « combat l'ennui »; un espace dédié aux proches aidants, qui pourront dormir sur place... Les futures maisons des aînés du gouvernement Legault ont de quoi faire rêver.

La ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, a présenté mardi matin les détails d'un grand projet de transformation des services en matière d'hébergement et de soins de longue durée. Elle a du même coup annoncé que les premiers projets de construction des maisons des aînés seront autorisés d'ici mai 2020.

La Société québécoise des infrastructures, qui agit à titre de gestionnaire de projet dans ce dossier, a lancé l'été dernier trois appels d'offres totalisant un milliard de dollars pour la création d'environ 30 maisons des aînés et pavillons alternatifs.

Ces établissements devraient accueillir 2600 personnes d'ici 2022 – un objectif que s'est fixé la CAQ lors de la campagne électorale de 2018, et que la ministre a répété mardi. 

Ces 2600 nouvelles places – dont 500 seront gérées par des établissements privés conventionnés – seront réparties entre deux sortes de clientèles habituellement confiées aux centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).

Les maisons des aînés accueilleront des aînés en perte d'autonomie modérée qui seront accompagnés jusqu'à la perte d'autonomie majeure, selon le communiqué de l'annonce, tandis que les maisons alternatives permettront d'accueillir une clientèle de moins de 65 ans aux besoins spécifiques.

Les deux types de bâtiments – qui seront tous climatisés, a promis la ministre – seront divisés en unités de vie regroupant 12 résidents susceptibles de partager des caractéristiques et des intérêts similaires.

Ce seront de vrais milieux de vie, plutôt que des milieux d'hospitalisation, a promis la ministre Blais.

Concrètement, ça veut dire qu'on ne verra plus un poste d'infirmier au bout d'un long corridor avec du matériel médical, a-t-elle illustré. Quand les résidents vont sortir de leur chambre, ils ne sortiront plus dans un corridor aux allures d'hôpital; ils vont sortir dans des espaces apaisants, conviviaux, à l'image d'une véritable maison.

Des CHSLD rénovés ou reconstruits

Les CHSLD ne disparaîtront pas pour autant, du moins à moyen terme. Aussi, Québec entend transformer plus de 2500 places existantes afin d'offrir des services d'aussi bonne qualité que ceux qui seront offerts dans les maisons des aînés.

Ainsi, de nombreux CHSLD feront l’objet de rénovation, alors que d’autres seront reconstruits, a souligné la ministre, sans toutefois fixer de calendrier spécifique. Les établissements les plus vétustes et les plus désuets, de même que les régions où les besoins sont les plus criants, seront priorisés, a-t-elle assuré.

Mme Blais a précisé que 25 CHSLD devront être reconstruits, parfois sur d'autres terrains qui ont déjà été identifiés. Ceux-ci seront tous achetés d'ici le printemps prochain, a-t-elle indiqué.
Interrogée par La Presse canadienne, la ministre n'a toutefois pas pu dire où seront relogés les aînés qui devront quitter leur chambre pendant les rénovations qui seront entreprises dans les autres CHSLD, alors que le système est déjà saturé.

Le réseau des CHSLD compte actuellement près de 40 000 résidents, a estimé Mme Blais, qui dit avoir visité pas moins de 84 établissements du genre depuis son arrivée en poste, l'an dernier.

Une facture de 2,6 milliards

Le coût total de ce chantier – qui inclut la construction de maisons des aînés et de maisons alternatives, de même que la rénovation et la reconstruction de CHSLD – est évalué à 2,6 milliards de dollars.

L'objectif sera le même dans les deux cas, assure la ministre Blais : offrir une meilleure qualité de vie aux personnes qui résident dans ces établissements.

C'est la raison pour laquelle on annonce un vaste chantier qui va toucher à la fois les CHSLD qui sont désuets, qu'on va rénover, et en même temps les maisons des aînés, a-t-elle expliqué mardi, ajoutant qu'elle voulait éviter de créer deux classes d'usagers.
« On veut que dans les deux endroits, il y ait les mêmes soins, les mêmes services, la même qualité. »

Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés et des Proches aidants
La ministre avance aussi que ces investissements permettront aux établissements de recruter plus facilement des employés dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre.

Je prends le pari que si on offre aux résidents des établissements qui sont accueillants, qui sont bienveillants, on va aussi attirer du personnel pour y travailler, a-t-elle déclaré.

Par ailleurs, un flou demeure en ce qui a trait au nombre de maisons des aînés qui pourront entrer en 
fonction d'ici 2022.

Le printemps dernier, la ministre Blais avait d'abord estimé que seules 500 de ces 2600 places promises pourraient être occupées d'ici la fin du mandat de la CAQ. Elle s'était ravisée deux semaines plus tard, en promettant que les 2600 places seront effectivement « construites » d'ici 2022.

Cette précision n'a pas été réitérée mardi, mais les appels d'offres lancés cet été spécifiaient que les bâtiments devraient être mis en service au plus tard en septembre 2022.

Dans tous les cas, il faudrait bien plus que 2600 nouvelles places pour courir l'ensemble des besoins. Une enquête de Radio-Canada révélait en juin dernier que 3000 personnes étaient en attente d'une place en CHSLD, une hausse de 10 % depuis l’arrivée au pouvoir de la CAQ.

Ce chiffre serait maintenant de 3154, a reconnu la ministre Blais mardi.

Ce qu'elles en pensent...

Mme Blais s'attaque à la conversion, pas juste des espaces, mais la conversion des cultures, des mentalités. –Judith Gagnon, présidente de l'Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQRD);

C'est ramener les soins à une dimension humaine et personnalisée. – Nicole Bolduc-Dubois, présidente de la Conférence des Tables régionales de concertation des aînés du Québec (CTRCAQ);
Ça se rapproche nettement des milieux de vie en termes de proximité, en termes de nombre de résidents aussi, et l'abolition des longs couloirs institutionnels... On souhaite que ce soit plus chaleureux, en fait, – Patricia M. Gagné, du Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU)­;

Le fait qu'on propose des unités de vie de douze personnes, des espaces qui ressemblent à des vrais milieux de vie, pour des personnes qui sont atteintes d'alzheimer, où elles sont facilement déstabilisées, c'est très réconfortant. – Sylvie Grenier, directrice générale de la Fédération québécoise des sociétés alzheimer;

[Il s'agit d'un] virage avec une vision résolument novatrice et moderne qui rejoint parfaitement la philosophie des établissements privés conventionnés. – Annick Lavoie, directrice générale de l'Association des établissements privés conventionnés (AEPC);

Il manque 32 000 préposés aux bénéficiaires au Québec, alors est-ce qu'il y en aura pour ces maisons des aînés, alors qu'on n'a même pas réglé le problème actuel de pénurie? – Monique Pauzé, députée libérale de Fabre et porte-parole de l'opposition officielle pour les Aînés et les Proches aidant à l'Assemblée nationale;

Avec la rareté de la main-d'œuvre dans plusieurs corps professionnels, avec des établissements qui n'appliquent pas les politiques, la COPHAN se permet le doute, non sur la pureté de l'intention, juste sur son réalisme. – Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec (COPHAN).

RD