Vivre la vie d'un Senior

samedi 19 août 2017

Comment parler des attentats aux personnes très âgées

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Les attentats du 13 novembre ont suscité beaucoup d’émotions dans les familles. S’il faut trouver les mots justes pour en parler avec les plus jeunes, nos aînés ont également besoin d’écoute et d’attention pour surmonter ces événements qui ravivent parfois des souvenirs douloureux. 

Ces propos demeurent plus que d'actualité avec les nouveaux attentats qui viennent d'avoir lieu à Barcelone (18 août 2017).

Entretien avec le docteur Olivier de Ladoucette, psychiatre et gérontologue.

Comment parler des attentats aux personnes très âgées
« Quel que soit l’âge de la personne, âgée ou très âgée, il n’y a pas de raison d’aborder la question des attentats de manière spécifique. Le plus important est de ne pas leur cacher la vérité. Il faut, au contraire, expliquer ce qui s’est passé pour désamorcer d’éventuelles angoisses. Certaines personnes sont déjà inquiètes à l’idée de sortir de chez elles par peur de la chute ou même d’une agression, ces événements risquent donc d’être particulièrement anxiogènes.

Prendre le temps de les voir et de les écouter

Afin de dissiper les craintes, on peut les faire parler de leurs souvenirs, leur demander ce que ces attentats évoquent pour eux. Certains parleront de la guerre d’Algérie. D’autres de leur enfance pendant la Seconde Guerre mondiale. Des moments souvent douloureux et inquiétants qui peuvent être ravivés par ces attaques terroristes. Leur donner l’occasion de raconter leur vécu leur permet de relativiser ce qui se passe aujourd’hui. La plupart surmonteront bien ces événements et seront sans doute moins paniqués que certains jeunes.

Lorsque les personnes sont un peu fragiles ou lorsqu’elles ont des problèmes cognitifs, il faut peut-être adapter son propos. De toute façon, il ne servirait à rien d’occulter la réalité car elles voient les images à la télévision et cela risque de les angoisser plus encore que des explications.

Leur montrer qu’ils comptent

Quel que soit le profil de la personne, il faut saisir cette occasion pour aller la voir et s’assurer que tout va bien, que ces événements dramatiques ne génèrent ni trop d’angoisse ni d’insécurité. Le plus douloureux pour les parents ou les grands-parents, c’est la peur d’être oubliés par leurs proches. Il est donc important dans ce contexte difficile de leur montrer qu’ils comptent et que tout le monde pense à eux.

Si la personne est très affectée, si elle panique, le mieux est de l’accueillir chez soi un temps. Il peut également s’avérer utile d’en parler à son médecin pour un petit traitement apaisant.
Celles qui vivent à Paris risquent d’être particulièrement inquiètes à l’idée de ressortir dans la rue. 

Dans ce cas, il faut prendre le temps de les accompagner et même de les amener dans les lieux qui leur font peur. En voyant que tout semble normal, hormis une présence policière renforcée, elles seront rassurées. »




samedi 12 août 2017

La doyenne de l'humanité est une Jamaïcaine de 117 ans, Violet Brown.

Article de Daniel Blanchette Pelletier

 Le saviez-vous?

La doyenne de l'humanité est une Jamaïcaine de 117 ans, Violet Brown. Elle détient le titre depuis avril, après la mort de l'Italienne Emma Morano, qui était âgée elle aussi de 117 ans. Mais ni l'une ni l'autre ne détient le record de longévité. Celui-ci va plutôt à la Française Jeanne Calment, qui est morte à l'âge de 122 ans, en 1997.


La doyenne de l'humanité, Violet Brown, est âgée de 117 ans.

NomDate de naissanceÂgePays d'origine
Violet Brown10 mars 1900117 ansJamaïque
Nabi Tajima4 août 1900116 ansJapon
Chiyo Miyako2 mai 1901116 ansJapon
Ana María Vela Rubio29 octobre 1901115 ansEspagne
Marie Josephine Gaudette25 mars 1902115 ansItalie
*en date du 6 juillet 2017

RD

Non, l’être humain n’a pas atteint son âge limite

Article de Daniel Blanchette Pelletier, 7 juillet 2017


La Française Jeanne Calment est morte à l'âge de 122 ans, en 1997. Sur la photo, elle est âgée de 121 ans.
 La Française Jeanne Calment est morte à l'âge de 122 ans, en 1997. Photo : Reuters

 Vivre éternellement tient davantage du rêve que de la réalité. Mais une équipe de chercheurs de l'Université McGill a déterminé que l'être humain n'a pas encore atteint la durée maximale de sa vie, même si la mort a toujours fini par le rattraper.


Les biologistes Bryan G. Hughes et Siegfried Hekimi viennent ainsi contredire les travaux de deux confrères américains, qui avaient fixé l’an dernier la durée maximale de la vie humaine à 115 ans.
« Les gens vivent de plus en plus longtemps et il n’y a pas d’indication claire que ça va s’arrêter », estime Siegfried Hekimi.

Il en arrive à cette conclusion en ayant repris les mêmes données de la Human Mortality Database qu’avaient utilisées les chercheurs américains. Cette base de données regroupe les informations de près de 40 pays, dont les États-Unis, la France et le Japon, sur l’espérance de vie de leur population.
« Il n’y a pas de signes, statistiquement, que ça va s’arrêter. Autant que l’on sache, l’âge auquel les gens vont réussir à vivre va continuer d’augmenter. »



Le biologiste Siegfried Hekimi de l’Université McGill
 Le passé garant de l’avenir

Pour preuve, il suffit d’observer l’évolution de la durée de vie humaine des trois derniers siècles, selon lui. L'être humain vit en effet beaucoup plus longtemps que son ancêtre. « Et au 20e siècle, ça s’est accéléré », rapporte le biologiste.

Un Canadien pouvait, par exemple, vivre environ 50 ans en 1901, alors que l’espérance de vie se chiffre aujourd’hui à plus de 80 ans. « C’est possible que ça augmente encore longtemps », croit-il.
« C’est une augmentation constante de la durée de vie moyenne. Elle s’applique presque au monde entier, mais évidemment davantage aux pays les plus développés, comme le Canada et les pays européens », précise Siegfried Hekimi.

Les progrès technologiques et les avancées de la médecine jouent donc un rôle important dans le prolongement de la vie.

« Plus notre vie est devenue industrialisée, plus on a pu contrôler notre environnement, notre confort », poursuit le chercheur, citant l’hygiène, le chauffage, l’alimentation et les vaccins comme exemples. Même le travail est devenu moins exigeant physiquement, ajoute-t-il.
« Pour toutes ces raisons, les gens vivent plus vieux », estime Siegfried Hekimi, ajoutant que les avantages qu’on tire d’avoir un environnement aussi contrôlé dépassent les inconvénients.
« Les gens sont de plus en plus en bonne santé, de plus en plus longtemps. C’est la raison même pour laquelle ils réussissent à vivre plus vieux. »



 Le biologiste Siegfried Hekimi de l’Université McGill

Le biologiste rejette ainsi l’impact négatif que pourraient avoir l’industrialisation et les progrès technologiques sur la santé humaine. Il ne voit que du positif pour l’avenir.
NomDate de naissanceDate du décèsÂgePays d'origine
Jeanne Calment21 février 18754 août 1997122 ans et 164 joursFrance
Sarah Knauss24 septembre 188030 décembre 1999119 ans et 97 joursÉtats-Unis
Lucy Hannah16 juillet 187521 mars 1993117 ans et 248 joursÉtats-Unis
Marie-Louise Meilleur29 août 188016 avril 1998117 ans et 230 joursCanada
Emma Morano29 novembre 189915 avril 2017117 ans et 137 joursItalie

Le secret de « l’éternelle jeunesse » au cœur du cerveau

Article de Renaud Manuguerra-Gagné,
mis à jour le 12 août 2017
  
 Cerveau


En injectant des cellules souches dans une petite zone du cerveau, des chercheurs américains ont prolongé la durée et amélioré la qualité de vie d'animaux de laboratoire. Le secret d'un âge d'or en santé est-il caché au cœur de notre matière grise?

Le nombre d’études sur la longévité a explosé au cours de la dernière décennie. Bien que certains laboratoires scientifiques travaillent directement dans le but de prolonger la vie, plusieurs groupes de chercheurs se posent une autre question : qu’est-ce qui permet de bien vieillir? Pourquoi certaines personnes de 100 ans continuent d’être autonomes, alors que d’autres constatent que leur corps commence à montrer des faiblesses dès la soixantaine?

Cette question va au-delà de la quête de « l’éternelle jeunesse » : plusieurs pays font face à une population vieillissante ainsi qu’à une explosion des maladies liées à l’âge, l’un des principaux fardeaux des systèmes de santé. Améliorer la santé des individus d’âge avancé pourrait aider à réduire cette pression.

Un contrôle centralisé

Vieillir est un mécanisme complexe. Les transformations se jouent à plusieurs niveaux : dans l’ADN, dans les cellules, dans les organes et même dans certains systèmes qui peuvent influer sur le corps entier.

Des chercheurs se sont tournés vers une partie du cerveau qui exerce une influence très importante : l’hypothalamus. C’est une toute petite zone de la taille d’une amande, en plein centre du cerveau, responsable de la production d’hormones. Celles-ci peuvent jouer des rôles aussi diversifiés qu’influencer le rythme cardiaque, l’appétit, le cycle du sommeil, le stress, le système immunitaire et même la reproduction.

L’équipe de Dongsheng Cai, du Collège de Médecine Albert Einstein, à New York, s’intéresse au lien entre l’hypothalamus et le vieillissement depuis plusieurs années.

Dans leur nouvelle étude, parue dans la revue Nature, ces chercheurs ont remarqué que le nombre de certaines cellules dans l’hypothalamus diminuait avec l’âge. Ils ont également constaté qu'éliminer ces mêmes cellules chez de jeunes souris entraînait une conséquence surprenante : les animaux vieillissent alors de façon accélérée et meurent plus tôt que leurs congénères.

Les chercheurs ont voulu vérifier si ce qui se passe dans un sens survient aussi dans l’autre : peut-on ralentir le vieillissement en ajoutant des cellules à l’hypothalamus?

Rénover le cerveau

Pour ce faire, ils se sont tournés vers les cellules souches, le matériau de base pour fabriquer toutes les composantes du corps.

La plupart des cellules de nos corps d’adultes sont différenciées et ne peuvent jouer d’autres rôles que ceux pour lesquels elles sont programmées; une cellule de peau isole le corps du monde extérieur, une cellule cardiaque fait battre le cœur. Mais une cellule souche est indifférenciée : elle n’a pas encore de rôle déterminé et peut se transformer en plusieurs catégories de cellules.

Il existe plusieurs types de cellules souches, mais dans le cadre de leur étude, les chercheurs se sont intéressés aux cellules souches neuronales, qui ont le potentiel de devenir tout type de cellule nerveuse.

L’injection de ces cellules dans l’hypothalamus des souris a donné aux petits rongeurs une meilleure endurance physique et de meilleures capacités cognitives : les souris traitées étaient plus curieuses, plus sociables et plus endurantes et avaient une meilleure coordination que d’autres du même âge. Elles ont aussi vécu 10 % à 15 % plus longtemps que d’autres souris qui n'avaient pas reçu d'injection.

Les chercheurs ont également remarqué que les cellules souches ne font pas que prendre la place d’autres neurones : elles aident toutes les cellules de l’hypothalamus à mieux fonctionner.

Selon l'étude, le processus antivieillissement serait lié à la libération par les cellules souches de molécules appelées microARN, capables d’influer sur l’activité de différents gènes dans des cellules.

Toutefois, avant de passer aux études sur des humains, il faudra que les chercheurs comprennent comment les cellules effectuent leur cure de jeunesse et si des cellules souches humaines sont capables de la même prouesse.

Bien qu’une longévité supplémentaire de 10 % à 15 % soit susceptible d’intéresser bien des personnes, l’impact de tels résultats sur la qualité de vie pourrait avoir un effet encore plus important sur la société dans son ensemble.

 Source : http://beta.radio-canada.ca/nouvelle/1049868/secret-eternelle-jeunesse-cerveau-etude-longevite


RD

mercredi 9 août 2017

Le naturalisme, une doctrine ouverte sur la vie humaine


Le naturalisme au quotidien

Naturalisme : Doctrine selon laquelle rien n’existe
 en dehors de la nature, qui exclut le surnaturel.
(Le Petit Robert)

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Une position a priori distingue une vision naturaliste de celle qui ne l’est pas : on présume que la nature est autosuffisante, ce qui exclut l’existence d’une réalité spirituelle autonome. Le vocabulaire étant équivoque[1], utilisons une expérience de pensée pour bien caractériser cette vision : imaginons qu’à la suite d’un cataclysme semblable à celui qui a causé la disparition des dinosaures, l’humanité disparaît complètement[2]. En reste-t-il autre chose que des résidus matériels? Appelons « naturaliste » une vision qui commande la réponse : « non, il n’en reste rien d’autre » (Dieu, la conscience réflexive ou tout autre principe spirituel disparaissant avec l’humanité). Elle se distingue d’une vision qui conduit à une variante de ce qui suit : « oui, […] aura échappé à la destruction ».

Pour contourner les difficultés de vocabulaire, toute vision qui rejette le naturalisme, tel que défini plus haut, sera désignée comme une vision N+.

Les a priori que l’on adopte, sans possibilité de preuves déterminantes, servent de fils conducteurs d’une quête de sens et, en particulier, du sens que l’on donne à la vie. La position naturaliste peut se résumer ainsi : sans l’homme qui se pose la question, la vie n’a aucun sens particulier, si ce n’est qu’elle existe, tend à se maintenir et à se reproduire.

David Mills souligne le changement de perspective qu’introduit une vision naturaliste par rapport à une vision N+ : « Je pense que nous faisons une erreur grave en parlant du sens de la vie comme s’il était unique[3] ». On dit parfois que la vie est absurde. On ne constate pas l’absurdité, on la crée. Une blague qu’il faut prendre au sérieux : la vie n’a tellement pas de sens qu’on ne peut même pas dire qu’elle est absurde.

Le sens que l’on donne à la vie est une chose, celui que l’on donne à sa vie en est une autre. La quête de sens, pour la majorité des gens, semble beaucoup plus simple que ce qu’en disent les philosophes :

« Diverses enquêtes aboutissent à la conclusion qu’il y a essentiellement trois grandes façons de donner du sens à sa vie : les relations affectives; les pensées, croyances et valeurs; l’action[4] ». La réponse que l’on trouve de jour en jour aux différents besoins fondamentaux de la personne semble être la principale source de sens.


Dans la recherche d’une vie bonne, on se méfie souvent des besoins qui seraient le propre des animaux, alors que l’homme aurait comme aspiration de transcender ses propres besoins. La psychologie contemporaine réfute cette conception. Abraham Maslow[5], en particulier, a associé les plus hautes aspirations de l’être humain à une évolution naturelle des besoins humains. On constate aujourd’hui que la motivation se développe naturellement autour de trois grandes catégories, par ordre de priorité.

Le premier niveau est sous le signe de l’autoconservation : les besoins orientent l’action vers ce qui apporte le bien-être physique et la sécurité matérielle. La satisfaction relative de ces besoins permet l’émergence d’un deuxième niveau qui se caractérise par l’autodéveloppement personnel : recherche de l’estime d’autrui (être aimé), de réussites personnelles et du sens qu’apportent les modèles culturels.

L’autoconservation et l’autodéveloppement étant relativement assurés, les besoins s’orientent naturellement vers l’autodépassement : manifester de l’estime (aimer autrui), coopérer à une réussite collective, souvent plus importante que la réussite personnelle et participer à une quête de sens collective qui privilégie le questionnement plutôt que les réponses toutes faites[6].

Le naturalisme se distingue aussi d’une vision N+ en présence de la mort : terminus pour le naturaliste, passage à une autre forme de vie pour d’autres. L’opposition autrefois radicale entre ces deux positions s’atténue cependant à mesure que l’on apprivoise sa propre finitude. On voit de plus en plus de croyants abandonner l’idée d’une vie personnelle après la mort. Paul Ricœur en faisait partie :

« La survie est une représentation qui reste prisonnière du temps empirique, comme un “après” appartenant au même temps que celui de la vie […] Pour employer un langage qui reste très mythique, je dirai ceci : Que Dieu, à ma mort, fasse de moi ce qu’il voudra. Je ne réclame rien, je ne réclame aucun “après”. Je reporte sur les autres, mes survivants, la tâche de prendre la relève de mon désir d’être, de mon effort pour exister, dans le temps des vivants ».[7]

Malgré l’opposition conceptuelle radicale entre le naturalisme et une vision N+, on observe des points de convergence sur le plan des attitudes et des comportements. Toutes les sagesses humaines semblent favoriser une décentration de soi-même, une ouverture, souvent un abandon, à plus grand que soi : la nature pour les naturalistes, Dieu ou autre chose dans une vision N+.

Sur le plan moral, on observe aussi une convergence croissante[8]. Les données factuelles rendent caduque l’idée d’une moralité douteuse qu’on associait jadis à une vision naturaliste[9]. La philosophe croyante Chantal Delsol en convient : « L’homme n’est pas un barbare, il développe toujours des morales. La célèbre citation de Dostoïevski — “si Dieu n’existe pas, tout est permis” — tient seulement de la stupeur et ne se justifie pas : le rejet de Dieu unique n’engendre pas le nihilisme, qui n’est qu’un moment bref, mais le retour des sagesses, qui sont des morales sans transcendance[10] ».

Au quotidien.

Lorsqu’on porte attention à sa propre vie ou à celle d’une autre personne, on peut y voir les manifestations de sa vision personnelle. À titre d’illustration, le discours qui suit donne un aperçu d’une vision naturaliste personnelle dans la vie courante.

Je suis le produit du hasard, mais construit de telle sorte que j’ai maintenant la possibilité de disposer de moi-même dans le cadre de ce que la nature et mon entourage ont fait de moi. En produisant la vie, puis l’espèce humaine, la nature s’est dotée d’une conscience d’elle-même. Je suis un moment de cette conscience. Elle me permet de satisfaire quotidiennement mes besoins tout en contribuant au bien-être de mes semblables. Lorsque je prends conscience que ma contribution est éphémère, je me souviens de ces moments de joie au bord de la mer, lorsqu’enfant je m’empressais de construire avec mes amis un château de sable avant que la mer ne vienne le reprendre. Nous regardions alors, sans tristesse, couler les grains de sable qui avaient été notre château. Nous avions construit pour le plaisir de construire, l’empressement à finir avant la marée montante étant plus important que la permanence de notre œuvre. Lorsque la mort viendra, je ne demanderai qu’à revivre cette joie de mon enfance par rapport à ce que j’aurai fait de ma vie. 

Les énoncés suivants soulignent quelques points de repère dans les pensées et les actes qui découlent de cette vision naturaliste au quotidien.

1)   Je suis le fruit du hasard. Tout a commencé pour moi lorsqu’un spermatozoïde Y a fécondé un ovule X.
2)   Ma vie m’appartient. Depuis que j’ai atteint l’autonomie personnelle et sociale, je ne me sens lié par aucune destinée préétablie ni aucune mission qui me serait confiée. J’ai l’entière responsabilité de mes actes et je tire une grande satisfaction de pouvoir faire des choix éclairés.
3)   Je m’interdis toute ingérence dans la vie d’une autre personne, sous réserve que je m’attends à ce qu’elle accepte les contraintes de la vie en société.
4)   Ma durée de vie est limitée et inconnue. Le seul indicateur pour planifier et réaliser ma vie est une moyenne statistique qui pour moi (qui vis au Canada, sans maladie connue) est de 81,24 ans, les possibilités allant de mon âge actuel à un maximum qui pourrait dépasser 100 ans.
5)   La mort est définitive. Il m’est impossible de savoir si elle me sera imposée ou si j’aurai l’occasion d’en décider, mais le cas échéant la décision m’appartiendra, que j’aie ou non le soutien de mes pairs et de la société dans laquelle je vis.
6)   La mort est naturelle. Je ne saurai jamais que je suis mort, mais je suis certain que cela se produira. Une autre certitude est qu’une fois mort, aucune souffrance ne pourra plus m’affecter; ni aucun plaisir, ce qui ne rend pas la mort attrayante.
7)   L’émergence au jour le jour de mes besoins fondamentaux me fournit l’information qui, soumise à la pensée critique, me permet de rendre chaque journée significative, avec plus ou moins de satisfaction. Horace me guide : Carpe diem, profite du jour présent.
8)   Le besoin que j’ai de me sentir bien physiquement légitime le temps que je consacre à ma santé et au plaisir des sens.
9)   Mon besoin de sécurité matérielle légitime l’énergie que je mets à m’assurer d’un budget équilibré pour bien vivre selon mes moyens.
10)         Mon besoin d’estime légitime le temps que je mets à créer et à maintenir un réseau affectif qui m’assure un équilibre entre des moments de solitude et des moments de compagnonnage.
11)         Mon besoin de réussite légitime le temps que je mets à entreprendre et à réaliser des projets réalistes, parfois seul et parfois en partenariat avec d’autres.
12)         Mon besoin de sens légitime le temps que je mets à m’informer, à me cultiver, à réfléchir, à questionner, à échanger, à lire, à m’exprimer, etc.
13)         Je suis conscient d’une solitude absolue, un prix que je paie volontiers pour la possibilité de dire « je » et pour l’autonomie personnelle qui en résulte.
14)         Je confirme à autrui le droit qu’il a d’être ce qu’il est, même lorsque j’aimerais bien qu’il soit autrement. Solidarité oblige.
15)         Je considère que l’amour est gratuit et imprévisible. Rien ne m’oblige à aimer mon semblable, mes sentiments ne pouvant être contraints par aucun commandement ni aucune loi. Respect absolu, amour sélectif.
16)         Aimant bien vivre en harmonie avec mon environnement physique et social, je m’efforce de résoudre les conflits de toutes sortes, les considérant comme inévitables, mais bénéfiques dans la mesure où ils conduisent à plus de solidarité. 
17)         Ne voyant dans la souffrance et la frustration aucune valeur spirituelle, je fais tout pour les éviter ou les résoudre lorsqu’elles s’imposent.
18)         Dans l’adversité, j’attaque ou je fuis selon ce qui me semble le plus approprié, sans égard aux normes culturelles à cet égard.
19)         Le remord qui m’incite à comprendre et à corriger les mauvais choix que j’ai faits (ou ceux que je n’ai pas faits) est plus efficace dans mon cheminement par essais et erreurs que la culpabilité engendrée par des normes rigides extérieures qui se dissipe par une absolution automatique.
20)         À tout moment et surtout en période de doute, je m’exerce à m’abandonner à plus grand que moi, ce que facilite la fascination que suscitent en moi la complexité et la beauté de la nature dont je suis le produit.

RD

[1]Dans le vocabulaire traditionnel, on oppose immanence et transcendance ou monisme et dualisme. Mais la créativité humaine est telle, chez les philosophes en particulier, qu’aucun vocable ne permet de bien saisir les oppositions. Dans le débat immanence/transcendance, on s’efforcera de voir « la transcendance dans l’immanence » (Luc Ferry, 1996, L’homme-Dieu ou le Sens de la vie. Paris : Grasset, p. 49). Pour ce qui est de l’autre opposition, monisme et dualisme, on parlera d’un dualisme revisité pour échapper à l’opposition traditionnelle entre le corps et l’esprit [Guenancia, P. (2012), Le fantôme de Descartes. De l’utilité de l’histoire de la philosophie, in Esprit, mars-avril].
[2]Pour ceux qui douteraient de la vraisemblancede l’image, le Scientific American (janvier 2016, p. 13 à 16) fait état de recherches de la NASA, au coût de 40 millions de dollars américains par année, pour identifier tous les astéroïdes qui menacent la Terre, pendant qu’on met au point des stratégies pour modifier éventuellement leur trajectoire.
[3]Mills, D. (2006), Atheist Universe, Berkeley : Ulysses Press, p. 32.
[4]Lecomte, J. (2007), Donner un sens à sa vie, Paris : Odile Jacob.
[5]Maslow, A. H. (2004), L’accomplissement de soi, de la motivation à la plénitude, Paris : Eyrolles.
[6]St-Arnaud, Y. (2013), Comprendre et gérer sa motivation, Montréal : Québec-livres.
[7]Ricœur, Paul (1995), La critique et la conviction, Paris : Calmann-Lévy, p. 239.
[8]Shermer, M. (2015), The Moral Arc, New York : Henry Holt and Company. Pour un résumé en français, voir le document en appoint du chapitre 7 : « La courbe de la moralité ».
[9]Giroux J. et St-Arnaud, Y., op. cit., chap. 8.
[10]Citée dans Schwarz, J.(2011), Le Monde des Religions, septembre-octobre, no49, p. 31-32.

dimanche 30 juillet 2017

Des exemples de centenaires québécoises


Article de Jacques Laplante, Journal de Montréal, 30 juillet 2017


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Nombre de centenaire au fil du temps

  • 2011 : 1194
  • 2012 : 1209
  • 2013 : 1387
  • 2014 : 1525
  • 2015 : 1623
  • 2016 : 1800 (90 % de ces centenaires sont des femmes)
En 2061, on estime qu’il y aura près de 34 000 centenaires au Québec.

Source : Institut de la statistique du Québec

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DES EXEMPLES QUI ONT DÉPASSÉ LES 100 ANS

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Irène Richard, 106 ans

La vie d’Irène Richard, 106 ans, se résume en deux mots : travail acharné.

Née à Saint-Claude, dans les Cantons-de-l’Est, elle a commencé très jeune à travailler à la ferme familiale, principalement à faire les foins (« des veilloches » pour employer ses termes) et à traire les vaches, jobs qu’elle détestait.

« Je n’aurais jamais marié un cultivateur, » affirme-t-elle.

En 1930, à l’âge de 19 ans, elle quitte Saint-Claude pour travailler dans une fabrique de chaussures à Richmond. L’horaire y était fastidieux, soit du lundi au samedi de 7 h à 18 h. « En plus de ça, on travaillait le premier mois sans paie, se souvient-elle. Si on faisait l’affaire, on nous gardait et c’est là seulement qu’ils commençaient à nous payer 3,50 $ par semaine. »

C’était bien peu pour la soixantaine d’heures qu’elle travaillait, surtout qu’elle devait remettre la moitié de son salaire à une tante qui l’hébergeait. Pour arrondir ses fins de mois, elle faisait donc de la couture après ses heures de travail.

Indépendante

Mariée en 1936 et ayant déménagé à Montréal, elle continuera quand même de travailler comme couturière, même après la naissance de ses deux fils. « Ça aurait été bien trop plate », affirme la centenaire qui assurait ainsi son indépendance.

« Quand on voulait quelque chose, on l’achetait, comme notre premier téléphone sitôt la guerre terminée, parce qu’on n’avait pas le droit durant la guerre . Ou notre premier frigidaire, un Roy pour remplacer la glacière, et ma première télévision au début des années 50 », dit-elle.

Toujours active aujourd’hui, celle qui a célébré ses 106 ans en décembre adore s’installer à la machine à coudre pour modifier ou ajuster des vêtements.

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Géraldine Crevier, 100 ans

Lorsqu’on lui pose la question, Géraldine Crevier, 100 ans, répond qu’il n’y a pas de secret à sa longévité, surtout qu’elle a fumé jusqu’à l’âge de 50 ans. Curieuse de nature, ce n’est peut-être pas sa soif d’apprendre qui la garde en vie, mais c’est certainement ce qui rend ses vieux jours aussi intéressants.

L’expression « avoir tout vu » n’aura jamais de sens pour Géraldine Crevier qui, à 100 ans passés, a toujours le désir d’apprendre. Soif qu’elle apaise dans les livres, avec la télé, mais surtout sur internet.

« Quand j’entends parler de quelque chose que je ne connais pas, ou que je connais peu, je me réfugie dans mon appartement et je fais des recherches sur mon ordinateur. J’aime ça apprendre. J’aime ça savoir de quoi on me parle », dit Mme Crevier qui aura 101 ans en août. Aussi loin qu’elle se souvienne, cette volonté de nourrir son intellect a toujours été présente.

Née en 1916 à Cacouna, petit village près de Rivière-du-Loup où ses parents louaient une maison pour l’été, Géraldine Crevier a grandi à Outremont. De 8 à 20 ans, elle a suivi des leçons de piano.

Avec son père, elle allait souvent à l’opéra et au musée.

Autonome

En 1943, elle a épousé un lieutenant de l’armée canadienne avec qui elle a eu trois enfants. Il est malheureusement décédé 20 ans plus tard.

Pour subvenir aux besoins de la famille, Mme Crevier a travaillé à l’Université de Montréal, où elle a occupé un poste de secrétaire de direction jusqu’à ses 69 ans.

Elle a continué à jouer du piano jusqu’à ses 90 ans. « Mais c’est devenu physiquement trop difficile. Le dos et les mains me faisaient souffrir », confie-t-elle.

Outre le temps qu’elle passe sur son ordinateur à échanger avec ses enfants et petits-enfants, elle aime bien lire sur sa liseuse électronique.

Elle fait des exercices tous les matins, notamment du yoga.

Jusqu’à il y a quelques mois, Mme Crevier vivait seule en appartement.
« Je faisais mes repas, mes courses, des sorties­­­­, mais une pneumonie m’a affaiblie et avec ma vue qui baisse, j’ai décidé d’aller en résidence, » explique celle qui réside maintenant à l’Auberge Outremont à Montréal.

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 Winnifred Rees, 100 ans


« Mon secret, c’est la prière et la Bible. Je crois au pouvoir de Dieu », affirme Winnifred Rees, qui aura bientôt 101 ans.

« Quand ça va mal, je lui dis : oh, Lord, aidez-moi, et ça fonctionne. Il m’aide tellement que je suis capable de prendre ma douche sans l’aide de personne », dit-elle.

Pour Mme Rees, qui habite au Manoir d’Aylmer, cette faveur tient presque du miracle, compte tenu de la fracture au dos qu’elle a subie lors d’une chute, il y a plus d’un an.

L’intervention divine, selon elle, a fait en sorte que les choses sont graduellement revenues à la normale, et elle a repris ses activités, notamment le tricot et la lecture.

Winnifred Rees a grandi à Blackville, au Nouveau-Brunswick, sur la ferme de son grand-père paternel. Ce dont elle se souvient surtout, de sa jeunesse, c’est du krach boursier de 1929, survenu alors qu’elle avait 13 ans.

La Grande dépression

« Avec la terre, nous avions l’essentiel : des légumes qu’on entreposait dans le caveau au bord d’une montagne ainsi que des vaches, des chevaux et un mouton », dit-elle, mentionnant que c’est ce qui leur a permis de survivre.

« Vraiment, c’était difficile pour tout le monde durant la Grande dépression, pire encore pour ceux qui n’avaient pas d’animaux. Eux l’ont eu pas mal plus difficile », évoque-t-elle. Son père devait néanmoins combiner trois emplois pour faire vivre la famille : fermier, ébéniste et bûcheron.

Les années ont passé, mais la situation ne s’est guère améliorée dans ce coin reculé du Nouveau-Brunswick. C’est ainsi qu’elle a quitté son village natal pour Montréal, où une tante lui avait déniché un emploi, à l’hôpital Douglas. Ses principales tâches étaient de laver les planchers et de remonter les horloges.

En 1939, elle s’est mariée à William Stanley Rees, un Britannique diplômé en génie mécanique. Ils ont eu quatre garçons. M. Rees est décédé en 1986.

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Joacquina Lalande, 106 ans

Du haut de ses 106 ans, Joacquina Lalande ne s’en laisse pas imposer. Fille unique d’une famille de sept enfants, elle a toujours été une fonceuse qui n’avait pas peur du travail acharné.

C’est d’ailleurs, selon elle, le secret de sa longévité. « Le travail, monsieur ! » s’exclame-t-elle lorsqu’on lui pose la question. Moi, j’ai travaillé toute ma vie et c’est ça qui m’a gardée en santé, dit-elle. Pas d’alcool, pas de tabac, pas de viande rouge depuis 40 ans, et le travail, ça ne ment pas. »

Femme d’action douée pour les affaires, elle a ouvert une épicerie en annexe de sa maison, à Saint-Jérôme, lorsque son mari est tombé gravement malade en 1945. Elle devait subvenir aux besoins de ses quatre enfants Charles-Aimé­­­, Gilles, Jocelyne et Marc-André.

8 h à 23 h

« Ma mère a travaillé fort », raconte son fils, Charles-Aimé Lalande, aujourd’hui âgé de 79 ans. Maman travaillait au commerce chaque jour, de 8 h à 23 h, tout en s’occupant des enfants et de papa, jusqu’à ce qu’il décède en 1959. »

En plus de l’épicerie, Mme Lalande a ouvert un resto équipé d’un juke-box et d’une machine à boules qu’affectionnaient beaucoup les jeunes du coin. Son commerce était également réputé pour son téléviseur, l’un des premiers du village. Le voisinage s’y rendait pour voir

La famille Plouffe, Le Survenant ou la lutte. Ils étaient tellement nombreux qu’elle les assoyait sur des caisses de Coke. La commerçante demandait 10 cents à l’entrée, mais faisait tirer toute la cagnotte après la séance.

Mme Lalande a célébré ses 106 ans en juin. Outre une faiblesse aux jambes, une ouïe et une vision défaillantes, elle est en pleine forme. Encore plus étonnant : elle ne prend aucun médicament. « Sauf, et très occasionnellement, un Tylenol », précise le fils cadet, Marc-André Lalande, âgé de 73 ans. Ma mère est vraiment en forme. Elle s’est même fait un chum. Un p’tit jeune de 95 ans ! » lance-t-il.

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 Sarah Patenaude, 110 ans


Selon Sarah Patenaude, pour bien vivre, il faut travailler, mais ne pas ambitionner. Il faut prendre des vacances, manger des fruits et de la viande et bien pratiquer sa religion, quelle qu’elle soit. « De toute façon, il y a du bon dans toutes les religions », dit-elle.

« Et prendre un p’tit coup, c’est agréable, mais des fois ! » ajoute-t-elle en riant.

Mais le sourire s’efface rapidement de ses lèvres. Vivre vieux ne veut pas dire vivre heureux. « Cent dix ans, c’est long, vous savez, laisse-t-elle tomber. Cent ans seraient bien assez. Le Bon Dieu m’a peut-être oubliée... »

Depuis une dizaine d’années, Mme Patenaude a des ennuis de santé. Elle a dû être réanimée à la suite d’un arrêt cardiaque à 99 ans. Deux ans plus tard, elle s’est brisé une hanche et depuis ses 109 ans, à son grand désarroi, elle ne peut plus prendre de bain seule.

Elle vit maintenant dans l’angoisse de mourir dans la souffrance.

Enseignante durant 47 ans

Comme bien des femmes de sa génération, Mme Patenaude a travaillé fort toute sa vie. Dans sa jeunesse, jusqu’à ses 18 ans, elle a travaillé sur la terre familiale où elle est née, à Embrun, en Ontario. Puis elle est devenue enseignante à l’âge de 18 ans dans une école de rang.

« Fallait être sévère, dit-elle. Enseigner à 48 élèves dans une même classe quand tu as 18 ans, c’est difficile, surtout qu’ils étaient d’âges différents... »

L’hiver, elle se rendait à l’école en raquettes. « Je suivais la trace des chevaux », se souvient celle qui, en plus d’enseigner, devait voir à l’entretien de l’école et du poêle à bois.

Mme Patenaude a enseigné jusqu’à l’âge de 65 ans.

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Gisèle Brillant, 101 ans

 Si plusieurs centenaires attribuent leur longévité à un truc ou un secret quelconque, comme une vie saine, loin du tabac et de l’alcool, ce n’est pas le cas de Gisèle Brillant, qui célébrait ses 101 ans en mai.

« Non, monsieur, j’ai fumé jusqu’à 70 ans et aujourd’hui encore, je prends mon verre de rouge chaque jour. Il n’y a pas de secret. C’est comme ça, voilà tout ! »

Mme Brillant est née en 1916 à Rimouski. Elle était la troisième d’une famille de huit enfants, cinq filles et trois garçons, dont le père était chef de gare.

Elle s’est mariée à 21 ans avec un fonctionnaire municipal de Montréal rencontré alors qu’il était en vacances à Rimouski. À son arrivée dans la grande ville, elle se souvient d’avoir été impressionnée par la quantité de magasins et par les tramways.

« Tout allait tellement vite à Montréal. Il n’y avait rien de ça à Rimouski », dit-elle.

Mme Brillant a eu sept enfants et n’a jamais travaillé, mais ce n’est pas faute d’avoir essayé. À 19 ans, elle avait demandé du travail à un oncle qui détenait plusieurs compagnies.

« Malheureusement, ça n’a pas marché. Il m’avait répondu que c’était inutile puisque je me marierais avant longtemps. C’était comme ça à l’époque », souligne-t-elle.

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RD

Comment vivre vieux ?

Article de Jacques Laplante et David Riendeau, Journal de Montréal, 30 juillet 2017

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Le D<sup>r </sup>Judes Poirier a exploré les facteurs qui contribuent à la longévité des centenaires


Le secret de la longévité des centenaires? Une savante combinaison de génétique, de saines habitudes de vie et de confiance inébranlable en soi, constate le Dr Judes Poirier, à qui l’on doit le livre Jeune et centenaire.

L’ouvrage de vulgarisation scientifique explique les mécanismes du vieillissement humain à travers le phénomène des centenaires, toujours plus nombreux dans notre société.

« Pendant 15 ans, un collègue a cherché à connaître le secret de longévité de plusieurs centenaires français. Les réponses étaient très variées. L’un ne jurait que par son verre de rouge quotidien, tandis que pour l’autre, c’était sa cuillerée de miel», raconte Judes Poirier, directeur de recherche à l’Institut de santé mentale Douglas.

 Cependant, tous affirmaient avoir travaillé pendant toute leur vie et en retiraient une grande fierté.
Le même exercice a été fait, cette fois-ci auprès de leurs enfants et petits-enfants. « Ceux-ci retenaient que les centenaires étaient des gens foncièrement positifs, déterminés et confiants en leurs capacités. Ils vivaient pleinement le moment présent et demeuraient constamment actifs. »

 Les mêmes explications de régularité, de tempérance et de travail reviennent dans la plupart des grandes études sur les centenaires menées dans différents pays, note le Dr Poirier.

Une question complexe

Les causes responsables du vieillissement sont multiples et il est possible de vieillir en beauté, souligne le scientifique en citant par exemple les bienfaits de l’activité physique.

« L’exercice en soi ne prolonge pas la vie de l’humain. Par contre, il améliore la qualité de vie des dernières années. Le but est d’atténuer le risque qu’émergent des maladies chroniques comme l’obésité et le diabète. »

Jeune et centenaire aborde également la question des « zones bleues », ces régions du globe où l’espérance de vie de leurs habitants est supérieure au reste du monde. « S’ils possèdent les mêmes gènes que nous, leur mode de vie est différent », observe Judes Poirier, qui a regroupé certaines tendances générales dans leurs habitudes comme le fait d’avoir des objectifs de vie clairs et d’habiter longtemps auprès de leur famille.

Six trucs pour vieillir en beauté

  1. Adoptez une diète de type méditerranéenne, qui fait plus de place aux fèves, aux noix, aux fruits, aux légumes et à l’huile d’olive. La viande rouge et les charcuteries ne devraient être consommées que de façon occasionnelle­­­­.
  2. Bougez à raison de 15 à 30 minutes par jour et dynamisez vos activités quotidiennes. Si vous avez l’habitude d’aller­­­­ acheter votre journal au dépanneur du coin, laissez la voiture dans le garage.
  3. Définissez-vous des objectifs de vie clairs et gardez une attitude positive face aux événements­­­­.
  4. Voyez votre monde ! Demeurer en famille ou auprès d’amis aussi longtemps que possible procure de nombreux bienfaits.
  5. Fermez la télévision et faites des exercices qui stimulent votre intellect : casse-tête, mots croisés, bridge, échecs, etc.
  6. Vin ou bière ? Préférez le vin rouge. Ceux qui consomment modérément (2 verres par jour maximum) diminuent les facteurs de risques de développer de nombreuses maladies comme l’Alzheimer.
RD