Vivre la vie d'un Senior

samedi 30 août 2014

La femme la plus vieille du monde a 116 ans



Misao Okawa, la Japonaise récemment déclarée la plus vieille femme du monde par le Guinness World Records, a fêté mardi son 115e anniversaire.

Misao Okawa, la Japonaise déclarée la plus vieille femme du monde par le Guinness World Records. Elle a fêté en mars 2013 son 115e anniversaire.  Photo :  AFP/JIJI PRESS

La Japonaise qui vient d'être déclarée la plus vieille femme du monde par le Guinness World Records, Misao Okawa, célèbre son 115e anniversaire.

Pour célébrer son anniversaire dans sa maison de retraite, elle a eu droit à son plat préféré : des sushis de maquereaux.

« Je ne pensais pas vivre aussi vieille, c'est grâce à vous tous », a déclaré sur la télévision privée TBS celle qui est issue d'une famille de marchands de kimonos de la ville d'Osaka, dans l'ouest du pays.

Née le 5 mars 1898, elle s'est mariée en 1919 et a eu trois enfants, dont deux (un fils et une fille) sont toujours en vie et ont plus de 90 ans.

Mme Okawa a indiqué qu'elle n'avait jamais eu d'ennuis de santé, à l'exception d'une jambe cassée à 102 ans.

L'homme le plus âgé du monde est également Japonais. Il vit à Kyoto et soufflera 116 bougies en avril 2013.

 Image: Misao Okawa

Cette photo a été prise par Tomohito Okada à la maison de retraite « Kurenai nursing home » le 5 mars, 2014. Elle montre la plus vieille femme au monde Misao Okawa célébrant son 116e année d'anniversaire à Osaka, Japon. Okawa a reçu l'an dernier un certificat de la firme Guinness World Records confirmant son statut de la plus vieille femme vivante au monde (se référer à la photo ci-dessus).

COMMENTAIRE DE PHILOMAGE

Tout un record à battre. C'est étourdissant ! Pour faire une blague voulue « très respectueuse », elle ne semble pas avoir vieilli du tout malgré son année additionnelle.

RD

mercredi 16 juillet 2014

Quand la gérontologie s’empare du vieillir...



Article de Bernadette Puijalon, 16 mai 2014


Bernadette Puijalon, anthropologue spécialiste des questions du vieillissement, nous a aimablement autorisés à publier sur Psygero ( http://www.psygero.fr/quand-la-gerontologie-s-empare-du-vieillir ) ce texte sur la gérontologie et le vieillir, présenté lors du colloque intitulé « La gérontologie au prisme des sciences humaines - Histoire et prospective », organisé par l'association Psychologie et Vieillissement.

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C’est un biologiste russe, Metchnikoff, qui en 1901 a forgé le terme de gérontologie en combinant les éléments grecs gérontos (vieillard) et logos (science). Ce terme désigne aujourd’hui l’étude des processus et des problèmes du vieillissement  humain et se distingue de la gériatrie qui propose une approche clinique du vieillissement. En spécifiant « étude des processus et problèmes », on admet que la gérontologie s’inscrit non seulement dans le champ de la recherche, mais qu’elle concerne aussi les pratiques. Nous sommes donc amenée à considérer ces deux perspectives, d’ailleurs souvent liées.

Après la Seconde Guerre mondiale aux Etats-Unis, depuis les années soixante en France, à l’initiative de quelques pionniers comme le philosophe Michel Philibert qui créa à Grenoble le Centre Pluridisciplinaire de Gérontologie (CPDG), la gérontologie a connu un développement régulier. Une des causes de cet intérêt croissant est le vieillissement démographique et plus spécialement, « le vieillissement du vieillissement ». S’y ajoutent la critique de la place que notre société fait à ses vieux et la nécessaire réflexion sur l’adaptation des structures d’accompagnement et de prise en charge.

Les phénomènes liés au vieillissement sont complexes. Ils concernent toute la palette des connaissances. Si la gérontologie a un objet -le vieillir humain-, elle n’a pas de méthodes spécifiques ; elle ne peut être que pluridisciplinaire et son épistémologie reste à construire. Comment en effet relier des champs d’investigation séparés en évitant, d’une part, la prééminence des plus  avancés et, d’autre part, l’écueil du soupoudrage artificiel : une base démographique, un zeste de psychologie, quelques notions de sociologie, un peu d’épidémiologie, un rapide aperçu de médecine, des coups de sonde anthropologiques, une vague approche philosophique...

Quand on consulte le principal fonds documentaire français, à savoir celui de la Fondation Nationale de Gérontologie, dans la section pour grand public, en particulier dans celle des guides du « bien vieillir », on trouve des  ouvrages généralement composés ainsi : une introduction sur la démographie (l’avenir est à vous), une première partie sur l’approche physiologique du vieillissement (comment votre corps vous trahit), suivi de quelques ouvertures sociologiques (vieux des villes et vieux des champs) ; une partie conséquente est consacrée à la psychologie (comment se faire des amis à tout âge), ainsi qu’à l’économie (comment améliorer ses revenus et envisager l’héritage) pour terminer sur des conseils dans chacun de ces domaines. Mais quand on aborde les études et les recherches, les travaux  sont alors classées par discipline et leurs auteurs ne se déclarent jamais gérontologues, mais médecins, sociologues, démographes, psychologues, historiens, etc.

 Lorsqu’un domaine de recherche concerne plusieurs disciplines, un travail d’identification des concepts doit s’effectuer en amont et un accord sur les termes à utiliser est indispensable. C’est dans cette perspective qu’en 1983, le Secrétariat d’Etat chargé des personnes âgées a mis en place une commission de terminologie constituée de démographes, médecins, sociologues, juristes, linguistes. Un an plus tard paraissait le Dictionnaire des personnes âgées, de la retraite et du vieillissement. Certains termes de ce dictionnaire n’étaient pas nouveaux, tels retraite, préretraite, maison de retraite, hospice, personne âgée, vieux ou vieillissement. Mais d’autres faisaient leur apparition, ceux concernant notamment la médecine, tels dépendance, perte d’autonomie, gériatrie, ou d’autres concernant l’action sociale, tels coordonnateur, plan départemental gérontologique, centre de jour... A noter que le premier terme retenu était âgisme, terme qui désigne la discrimination dont sont victimes les personnes âgées. En préface du dictionnaire, le secrétaire d’Etat, Daniel Benoist, se félicitait  : « Pour que la gérontologie -comme discours consacré à l’âge- achève de se constituer comme science, il était nécessaire que son vocabulaire fût clairement circonscrit. C’est aujourd’hui chose faite. »

On peut cependant douter de l’efficacité de cette démarche quand on entend le discours du président de la République, Jacques Chirac, recevant le Comité National des Retraités et Personnes Agées (CNRPA), le 6 mars 1998. Après avoir manifesté sa satisfaction de recevoir de « jeunes personnes âgées », il déclare : « il faut apporter une attention particulière aux mots qui sont accompagnés d’une charge symbolique(...) Au passage, je cherche encore le nom à donner aux retraités et personnes âgées. »

Si la question de la gérontologie comme science reste posée, il est pourtant intéressant de considérer comment elle considère le vieillir. Cela permet notamment de mettre au jour une évolution historique significative de la représentation sociale de la vieillesse et du vieillissement dans nos sociétés occidentales.

En considérant non plus la répartition, mais le volume des travaux, on constate que dans tout fonds documentaire gérontologique, la médecine est omniprésente, les sciences sociales, économiques et politiques occupent une large place, les sciences humaines gagnent peu à peu du terrain. Si la médecine, qui s’intéresse à l’interférence des aspects pathologiques du vieillissement avec les processus physiologiques de l’avance en âge, est omniprésente, c’est parce que le monde médical a été l’un des premiers à s’intéresser à un champ que les sciences humaines et sociales avaient tendance à délaisser. Dans un monde qui chante la jeunesse, la tentation est grande de faire de la vieillesse une maladie et de considérer qu’elle concerne au premier chef les médecins.

Les convergences des différentes approches en gérontologie

 

Au delà des différences disciplinaires ont note des tendances communes. Ainsi, des typologies sont fréquemment proposées, peut-être plus systématiques dans les années soixante-dix qu’aujourd’hui. Le postulat est que les modalités combinatoires de différents facteurs (physiologiques, sociaux mais aussi motivationnels) permettent de répartir les individus vieillissants dans des groupes représentatifs. Ils concerneront l’ensemble du processus du vieillissement (par exemple les travaux du psychologue Thomae qui distingue cinq types principaux de vieillissement : depuis le « elite aging », jusqu’au vieillissement dépendant, en passant par le vieillissement de niveau élevé, le vieillissement normal et le vieillissement institutionnalisé (pour reprendre la traduction de Sylvie Fourtané), ou des domaines particuliers, tels la retraite (retraite active, contemplative, retirée...), ou encore les relations familiales. Pour le grand public, cela se traduira, par exemple, par une typologie de la grand parentalité, dans le langage des fleurs : grands-parents lierre s’ils sont accaparants, millepertuis si par eux le souvenir demeure, lotus bleu s’ils représentent la sagesse, cactus s’ils appliquent la loi, etc.
Les typologies souffrent souvent d’une absence de théorisation globale et les facteurs retenus ne sont pas toujours inscrits dans des ensembles cohérents. Elles privilégient la notion de phase qui atteste d’une manière d’être à un moment donné, mais font l’impasse sur le processus.

La longue prééminence des modèles binaires

 

Dans les années soixante, deux théories du vieillissement s’affrontent, toutes deux nées aux Etats-Unis : celle de l’activité, de Havighurst, et celle du désengagement, de Cunning et Henry. La première postule qu’il existe un lien significatif chez les personnes âgées entre les investissements sociaux ou relationnels et leur niveau de satisfaction devant la vie. A l’inverse, la seconde, suggère qu’il y a baisse des interactions entre l’individu vieillissant et le réseau social auquel il appartient.

Des travaux ultérieurs, notamment en France, ceux sur la déprise de Clément et Mantovani, ont montré une réalité plus complexe. La déprise apparaît comme un processus actif de réorganisation de l’existence au cours du vieillissement ; elle s’appréhende en termes de stratégies qui visent à assurer une certaine continuité identitaire.

Pour en revenir à la logique des modèles binaires, on a longtemps opposé le vieillissement normal au vieillissement pathologique, opposition proposée au départ par la médecine et reprise ensuite par l’ensemble des disciplines :

- Le vieillissement normal est défini comme le processus de transformation graduelle de tout organisme vivant imputable à l’avance en âge.
- Le vieillissement pathologique résulterait lui, des changements provoqués par une agression (stress, maladie, accident).

Mais, si on remplace le mot agression par celui d’événement -or l’accident ou la maladie, sont des événements au même titre que le mariage, le divorce ou la retraite- on s’aperçoit que pour l’homme, il n’y  pas de vieillissement dit « normal ». La notion même de vieillissement pathologique découvre son absurdité car on devrait alors conclure que tout vieillissement humain est pathologique. En fait, la pathologie ne relève pas du phénomène, mais des attitudes qu’adoptent éventuellement, vis-à-vis de lui, certains individus. Il s’avère impossible de décrire ou de définir -autrement que théoriquement- une vieillesse « normale ». Il n’y a que des déviations.

Cependant, comme le fait justement remarquer le docteur Peter, gériatre à Mulhouse, il faut situer ces deux notions de vieillissement normal et de vieillissement pathologique dans leur contexte historique. Ce regard sur le vieillissement - très prégnant jusqu'à ces dernières années - était un progrès par rapport à la situation antérieure. Puisque la médecine est née en partie de la révolte contre la fatalité de la maladie « il n’y  avait  pas de raison que les vieux et les vieillissants que nous sommes, ou serons tous, ne profitent pas de ces progrès. La gériatrie moderne est précisément née du refus de la confusion entre vieillesse et maladie ». Il reste que c’est sous la bannière de la médecine que l’on a d’abord cherché à établir cette distinction et que cela a entraîné beaucoup de confusions...


D’autant plus que dans les mêmes années soixante et soixante-dix, la gérontologie dans le champ des sciences sociales a eu tendance à considérer la vieillesse comme un phénomène négatif dont il fallait pallier les carences sociales, politiques et économiques. C’est le point de vue qui est notamment défendu dans le Rapport Laroque paru en 1962, rapport fondateur de la politique sociale vieillesse en France, où si était défendue la nécessaire intégration des personnes âgées dans la cité, le vieillissement était - dès l’introduction - posé comme un phénomène négatif, tant sur le plan individuel que sur le plan collectif, et il fallait donc le combattre. Exemple d’un slogan proposé dans ce rapport : « La France veut, malgré son grand nombre de personnes âgées être le pays le plus jeune d’Europe, les vieux doivent y rester jeunes. » Sur le plan individuel, l’injonction peut même s’autoriser une certaine agressivité : « Vous êtes moins vieux que vous ne le pensez » ou « Vivez longtemps, restez vivants ». En d’autres termes, l’individu ne doit pas subir passivement son vieillissement, mais il doit s’organiser pour prolonger une « existence normale » et non « vivre plus longtemps dans la condition de vieillard ».

Force est donc de noter que dans le champ de la gérontologie, le vieillissement a été et est encore majoritairement envisagé comme un processus linéaire caractérisé par des pertes et des déficits. Le concept qui règne en maître est celui de dépendance, défini, de manière restrictive -voire humiliante- comme l’impossibilité pour un individu d’accomplir seul les actes de la vie quotidienne. Humiliante, car la dépendance ainsi envisagée réduit les individus à la seule dimension d’une nécessité d’aide, et qu’elle conduit sur le plan de l’action sociale vieillesse à une approche technocratique et déshumanisée, une « gestion des corps usés ». En effet, quand la vieillesse se décline en termes de pertes et de manques à combler, elle devient une maladie sociale et implique la mise sur pied d’actions spécifiques. A partir d’outils d’évaluation, les gestionnaires décident des aides attribuées et des moyens à mettre en oeuvre : consultations gériatriques, institutions médicalisées... la logique se déroule impertubablement et conduit à la question du coût de cette dépendance, renforçant l’image écrasante du fardeau économique des vieux.

La focalisation sur le grand âge

 

Alors que dans les années soixante et soixante dix, la question première était celle de la place que devait occuper un nombre grandissant de personnes âgées dans la cité, dans les années quatre-vingt, un glissement s’est peu a peu opéré, amenant une focalisation sur le grand âge. Au fur et à mesure que l’écart grandissait entre ceux que l’on appelle les jeunes-vieux, ou encore les seniors, et les vieillards qualifiés de dépendants, la gérontologie s’est centrée sur ces derniers, privilégiant la prise en charge (encore un terme connoté négativement) en oubliant la question première du lien social. Cette tendance est très  nette lorsqu’on considère les travaux de recherche, mais elle se concrétise aussi dans l’action sociale. Actuellement, seuls quelques municipalités et mouvements associatifs s’interrogent sur un nécessaire élargissement de leur questionnement sur le vieillir.

La focalisation sur le grand âge s’est accompagnée d’une asexuation. Aux âges extrêmes, il n’y  a plus ni hommes, ni femmes, mais des vieux dépendants. Une question serait pourtant intéressante à étudier lorsqu’on s’intéresse à l’image de la vieillesse dans nos sociétés : celle-ci serait-elle aussi négative, si les trois-quarts des vieux étaient des hommes et non des femmes ?

Curieuse perspective donc que celle qui conduit la gérontologie à accentuer la dépréciation sociale d’une catégorie d’âge qu’elle est au contraire censée soutenir, qui l’amène à proposer des concepts dévalorisants dans lesquels les vieux se retrouvent enfermés : perte, dépendance, incapacité... Différentes équipes de recherche, peut-être à partir d’une prise de conscience de cette tendance lourde à la dévalorisation, ont initié des travaux visant à proposer une approche plus complexe, centrée sur le « bien vieillir ».

Le bien vieillir

 

Ces travaux  de recherche, qui ont émergé pour la plupart dans les années quatre-vingt, ont pris diverses formes : on parlera d’un vieillir en bonne santé, d’un vieillir usuel ou habituel, d’un vieillissement réussi...

- La bonne santé : La définition de l’OMS  (un parfait état de bien être physique, psychique et social) paraît inadéquate. Beaucoup de gérontologues, notamment R. Sebag-Lanoé, directrice d’un ouvrage intitulé Vieillir en bonne santé (1997) préfèrent la définition de G. Canguilhem : « La santé est la capacité prolongée d’un individu de faire face à son environnement physiquement, émotionnellement, mentalement et socialement », et mettent en avant la capacité d’adaptation d’un individu à son milieu.
- Le vieillissement habituel, ou encore usuel se caractérise par l’absence de maladie exprimée mais inclue les troubles fonctionnels liés à l’avance en âge, aux traumatismes physiques, aux facteurs de risque et au retentissement psychologique des pertes jalonnant le parcours de vie.
- Le vieillissement réussi  est certainement le plus intéressant à étudier. Il apparaît en 1987 aux côtés des notions de vieillissement normal et de vieillissement  usuel (Rowe et Kahn.)
Il concerne les individus :
  • qui gardent des fonctions physiologiques très satisfaisantes jusqu'à un âge très avancé malgré l’existence de pathologies.
  • ou bien qui ont des fonctions physiologiques moins bonnes mais qui vont les améliorer au cours de leur avancée en âge
  • ou bien encore ceux chez lesquels on remarque une bonne adaptation à ce qu’ils peuvent faire physiologiquement et à ce qu’ils ont envie de faire.
La prise en compte d’un état de bien être subjectif se fonde sur :
  • des possibilités comportementales (motrices, cognitives, sensitives)
  • un état de satisfaction psychique (optimisme, conformité entre objectifs visés et situations atteintes)
  • une qualité de vie appréhendée à travers une évaluation positive des relations familiales, amicales, des activités et entreprises menées, du logement, du voisinage, des revenus...
 Cette approche a pour mérite d’introduire une dynamique. Une critique demeure : qui dit vieillissement réussi, sous entend  (c’est un discours implicite) possibilité d’un vieillissement raté. De même, qui dit « bien vieillir » sous entend la possibilité de « mal vieillir ». On est encore dans un ou bien/ou bien qui exclut le terme tiers. C’est une polarité qui apparaît intellectuellement séduisante parce qu’elle accentue artificiellement les contraires, mais qui, en pratique, peut se révéler réductrice, car elle schématise encore de façon abusive une réalité fonctionnelle complexe. Certains auteurs n’hésitent pas à parler des « gagnants » et des « perdants ».

Rares sont les approches qui évitent cet écueil d’une polarité excluante. Ainsi Boris Cyrulnyk dans l’introduction d’un colloque sur la résilience dans la vieillesse propose la distinction suivante : « Les traumatisés qui se sont défendus avec des moyens régressifs sont rarement devenus résilients. Le repli sur soi, le déni, les projections leur ont permis de moins souffrir, mais en les protégeant de la dépression, ces défenses les ont empêché d’affronter les problèmes et d’en faire un processus résilient. Leur vieillesse est solitaire, pauvre en action, en affection et en réflexion. En revanche, les blessés qui ont pu mettre en place des défenses constructives comme l’altruisme, la sublimation, la rêverie, l’humour, la créativité et surtout la mentalisation ont rejoint le groupe des âgés heureux ».

Plutôt que la définition d’états, certains auteurs privilégient la recherche d’indicateurs du vieillissement réussi. Ainsi C .Ryff (1989) en retient six : l’acceptation de soi, la croissance personnelle, l’autonomie, les relations positives avec autrui, la maîtrise de son environnement, la capacité de donner un sens à sa vie. Fondées sur la théorie du développement du cycle de vie, ces approches tiennent compte de la multifactorialité des influences et de l’infinie variabilité de leur combinaison. Deux axiomes y sont fondamentaux :

- l’individu est considéré comme un acteur conscient (en dehors de toute pathologie atteignant ses facultés de compréhension)
- les processus qui influencent positivement le processus de développement-vieillissement sont au centre des problématiques.

Ces dernières années, notamment aux Etats-Unis, les travaux dans ce domaine abondent et l’on ne saurait les citer tous. Retenons ici comme exemple le modèle de Baltes qui fonctionne sur le mode de l’optimisation sélective et de la compensation, en sélectionnant les domaines d’activité dans lesquels l’individu est engagé en fonction des priorités qu’il s’est fixées, de ses capacités et motivations présentes et des sollicitations du milieu.

Dans ces approches, le vieillissement apparaît comme un processus de développement et non une programmation inéluctable d’une involution biologiquement déterminée. On passe de modèles uniquement centrés sur le déficit à des modèles caractérisés par une plus grande hétérogénéité, ayant un fondement théorique plus complexe et accordant une part plus grande à l’environnement. Mais surtout, le vieillissement devient un processus évolutif hétérogène. Sans nier les pertes et les deuils, le déclin n’est plus la seule voie ouverte, l’organisme peut récupérer, s’adapter, développer un certain nombre de ses facultés grâce à une plasticité persistante et à des ressources qui demeurent utilisables.

Les sciences humaines (notamment la psychologie et la sociologie) font donc prendre un autre cours à la gérontologie. Du moins dans le champ de la recherche, car force est de constater que ces travaux ne sont pas encore suffisamment pris en compte dans la pratique. Il y a bien sûr une critique grandissante de l’approche actuelle en terme de dépendance, mais les discussions qui ont lieu autour des nouveaux concepts proposés montrent le chemin qui reste à faire. Ainsi en est-il du concept de fragilité que la canicule de 2003 a mis sur le devant de la scène.

Depuis son émergence, il y a une quinzaine d’années, le concept a connu un succès grandissant dans la littérature gérontologique, sans qu’aucune définition consensuelle ne puisse en être donnée. On peut retrouver plus de trente définitions. On parle le plus souvent d’un syndrome. La fragilité sert à décrire une situation instable que l’on tente de définir sur des bases physiques, biologiques, psychologiques, environnementales, économiques et sociales, sans d’ailleurs que ces différentes approches soient exclusives ni qu’elles se rejoignent.

La fragilité apparaît dans les textes législatifs  avec la loi du 29 janvier 1996 sur le développement des services aux personnes : « Afin de prendre en compte la spécificité de certains publics fragiles, la loi a prévu par ailleurs un agrément particulier pour les associations et les entreprises dont l’activité concerne la garde d’enfants de moins de trois ans ou l’assistance aux PA de plus de 70 ans ou handicapées ». Est-ce à dire que toute personne de plus de 70 ans est fragile ? d’après la loi, oui.... !
Si l’on se réfère au « Programme de prévention et d’organisation des soins pour les PA fragiles » du gouvernement pour la période 2002-2005, c’est encore l’approche médicale de la fragilité qui est privilégiée : troubles de la marche et chutes, poly-médicalisation, dénutrition, incontinence.  Or on sait d’une part que ces quatre facteurs sont faiblement explicatifs de l’évolution des situations individuelles sur deux ans. Et d’autre part, on constate que l’action sociale vieillesse a du mal a sortir de l’ornière de la prise en charge d’individus vus sous le seul angle de leurs pathologies.

La parole des vieux

 

Si la gérontologie porte le fardeau de l’éclatement des sciences sociales et humaines, elle doit aussi se garder de l’insidieuse tentation de dissoudre les conduites et les cultures dans la connaissance. Un des écueils qui la guette est d’oublier la parole des vieux. Pourtant, puisque le vieillissement et la vieillesse ne se laissent pas aisément cerner, s’il y a autant de façon de vieillir qu’il y a d’individus, c’est bien au témoignage qu’il faut avoir recours pour arriver à une meilleure compréhension de ces phénomènes. Si chaque homme porte en lui le vieillard qu’il sera un jour, du vécu de ce vieillard, il ne sait encore rien. « De la vieillesse », dit Gilbert Cesbron devenu vieux, « comme de la souffrance, comme de la passion, il faut témoigner au jour le jour. A l’avance, c’est vain, et ensuite, de la meilleure foi du monde, c’est faux » (1993, p.33).

Quand on écoute parler les gens de leur vieillissement ou quand on lit des textes de gens âgés sur leur vieillissement on ne trouve quasiment pas la notion de « bien vieillir ».  Ils ne disent pas « Je veux… bien vieillir », pas plus qu’il ne disent d’ailleurs : « Je veux bien…vieillir ». A la différence d’une démarche explicative, la compréhension est complètement dépendante de sa source et de son contexte. 

Les vieux parlent du vieillissement en intériorité. La multiplicité des vécus vient contredire l’impression banale que rien ne ressemble plus à un vieux qu’un autre vieux. Si la vieillesse est le lot de chacun, elle ne peut se dire qu’à la première personne.

Quand les vieux parlent de leur vieillissement, on note des thèmes communs : surprise du vieillir, métamorphose du corps, regard des autres, méditation sur le temps et la mort, relecture de vie… mais une très grande diversité dans leur approche, puisqu’une histoire de vie est productrice des plus extrêmes spécificités et singularités. Dans cette perspective, la vieillesse demande à être comprise tout autant qu’expliquée elle est « une histoire, une géographie, une terre, un continent : elle a ses odeurs, sa couleur, sa matière, son aire, son espace. Il faut pour la comprendre se faire son historien, son géographe et le patient cartographe de ses terres » (D. Sallenave. 1987, P.3).

Le philosophe Vladimir Jankélévitch a très bien montré les limites d'un discours extérieur à la vieillesse. Lorsqu'on parle du vieillissement, il faut distinguer le discours objectif du vécu. Tout homme est intérieur à son propre destin qu'il vit du dedans. « L'expérience directe et sincère ne nous parle jamais du vieillissement ». Pour se faire comprendre il établit une comparaison avec l'amoureux. Ce serait un bien piètre amoureux, celui qui en disant "je t'aime" aurait conscience de la relativité de son discours et de la durée statistique d'une passion. Une conscience éternelle à elle même ne connaît que le grouillement des instants innombrables et infinitésimaux qui composent un devenir continu. Ce qui permet à Jankélévitch d'affirmer que la plénitude affirmative de l'éternel présent et la possibilité de l'expérience vécue ne sont pas moindres chez le vieillard que chez le jeune homme. Le vieillissement n'a rien à voir avec une raréfaction de l'être. C'est une forme de vitalité déclinante, mais cette vitalité ne diffère pas quantitativement de celle des autres âges. Elle en diffère qualitativement. L'altération est un processus par lequel la conscience devient autre, autre et non pas moindre.

Jankélévitch insiste sur l’idée que le vieux n’est pas un condamné à mort : il ne connaît pas l’heure de sa mort. Or, il n’y a que pour un condamné à mort que le temps devient de l’espace. A tout âge, l’homme vit avec ses trois temps solidaires.

La conjugaison de ces deux approches, l’une en extériorité et explicative, l’autre en intériorité et compréhensive,  permet d’éviter deux écueils : une approche expérimentale désincarnée et un discours trop littéraire.  Là où l’explication introduit les déterminations et les règles, la compréhension restitue les sujets vivants. Dans cette perspective, l’action sociale vieillesse ne peut se limiter à parler des vieux en termes de personnes aidées, soignées, placées. Elle doit réenvisager la question du lien social. Pour cela la collaboration entre vieux, chercheurs, professionnels se révèle fructueuse. A condition que les professionnels ne se focalisent plus sur le seul grand âge, mais acceptent de s’interroger sur l’ensemble du vieillir. Ceux qui accompagnent le vieillissement ont un rôle de témoin à jouer. Ils ne doivent pas être réduits à un rôle d’assistance, mais être ceux qui portent témoignage de la richesse et de la complexité des situations de vieillesse. Si elle était développée, cette fonction de témoin, qui nécessite le passage d’un savoir-faire à un savoir dire, ouvrirait des perspectives à la gérontologie qui se définit encore actuellement moins par ce qu’elle nous apprend de l’homme que par ce qu’elle trahit des embarras de notre culture dans son approche du vieillissement.

 Signé :

Bernadette Puijalon

Université Paris XII

Bibliographie

Baltes P.B, Baltes M.M. (1990) Succesful aging. Perpectives from the behavioral sciences. New York Cambridge University Press
Cesbron G. (1980) Passé un certain âge ; Paris Robert Laffont.
Clement S., Mantovani J. (1999) « les déprises en fin de parcours de vie. » Gérontologie et société. N° 90. Pp 95-109
Cyrulnik B., LejeuneA., (2004) Vieillissement et résilience. Colloque de Salon de Provence. 29-31 janvier 2004, Marseille, Ed Solal
Jankélévitch V. (1974) L’irréversible et la nostalgie. Paris, Points. Flammarion.
Puijalon B., Trincaz J. (2000) Le droit de vieillir.  Paris Fayard.
Rowe J.W, Kahn R.L (1997) Succesful aging. Gérontologist. 37-433-80
Sebag-Lanoé R. (1997) Vieillir en bonne santé. Paris. Desclée de Brouwer.
Sallanave D. (1987) Un si grand âge. Centre national de la photographie.

RD

mardi 15 juillet 2014

Trouver un partenaire approprié à tout âge

Yvon Dallaire, psychologue reconnu mondialement, apporte une réponse circonstanciée aux nombreuses interrogations que suscite le choix d'un partenaire approprié. À la lecture de son article (Journal de Québec, 13 juillet 2014), on se rend rapidement compte que sa vision des choses s'applique à tous les âges de la vie.



L’âme sœur n’est qu’un fantasme qui nous masque les nombreuses possibilités de trouver un partenaire approprié. Nombreux sont les hommes et les femmes qui cumulent les conquêtes amoureuses… et les déceptions, tout simplement parce qu’ils recherchent quelqu’un qui ne peut exister que dans leur tête. L’homme ou la femme sans défauts n’existent pas dans la réalité. Pourtant…
 
Qu’est-ce qu’un partenaire approprié ?
 
Pourtant, il existe tout autour de vous de nombreux partenaires avec qui vous pourriez être heureux pour le reste de votre vie, pour peu que vous vous donniez la peine de faire une démarche basée sur la réalité plutôt que sur l’illusion de la passion éternelle. Vous augmenterez alors vos chances de trouver un partenaire approprié. Qu’est qu’un partenaire approprié ? C’est une personne, homme ou femme, qui partage avec vous de nombreuses compatibilités, sans être une copie parfaite de vous-même, ni ce qu’on appelle souvent votre « moitié », celle qui tels deux morceaux de puzzle s’imbriquent parfaitement l’une dans l’autre pour former une nouvelle entité.

Ce partenaire privilégié provient généralement du même milieu socio-économique que le vôtre, partage les mêmes convictions religieuses et philosophiques face à la vie, correspond le plus possible, mais non parfaitement, à vos exigences non négociables, développe un projet de vie complémentaire au vôtre, possède une perception de la famille et de l’éducation des enfants qui se rapproche de votre propre conception et est un être digne de confiance et respectueux de ce que vous êtes et de ce que vous n’êtes pas et ne serez jamais.

De toutes les stratégies que les psychologues suggèrent pour trouver ce partenaire approprié, laissez-moi vous présenter celle développée par Brenda Shoshanna dans son livre Pourquoi les hommes s’en vont publié aux éditions de l’Homme. Elle a nommé cette démarche « la technique de la volte-face », mais en y regardant de plus près on pourrait aussi appeler cette technique "la période des fréquentations", une période pendant laquelle, on apprend à connaître la personne avec qui l’on est en train de s’engager avant de s’impliquer avec elle émotivement, sexuellement et financièrement . Cette période m’apparaît de plus en plus escamotée dans notre siècle axé sur le plaisir immédiat. La technique de Shoshanna comporte 7 étapes.

1. Vos priorités
 
Comment savoir si je serai heureux dans une relation amoureuse si je ne sais pas ce que j’en attends ? Il me faut donc déterminer, à l’avance et par écrit si possible, ce qui est négociable pour moi dans un couple et ce qui ne l’est pas. Vous avez le droit de dresser la liste de vos exigences face à un partenaire potentiel et d’en tenir compte dans votre recherche d’un partenaire approprié. La première des fidélités comme par la fidélité à soi-même. Encore faut-il savoir qui vous êtes réellement et ce que vous voulez d’une relation à long terme. Cette fidélité vous aidera à mettre de côté nombre de relations avec des partenaires attirants et même passionnants, mais qui se seraient soldés par un échec à cause de différences trop grandes avec vos exigences essentielles. La passion nous amène souvent à minimiser au début des « petits défauts » qui ne peuvent que grossir avec le temps.

Il se peut fort bien que vos exigences changent avec le temps, mais c’est maintenant que vous voulez vous engager. Vous ne pouvez pas construire une relation à partir de ce que vous serez – ou ce que pourrait devenir votre partenaire – dans 5, 10 ou 20 ans. Il sera toujours temps de voir à ce moment-là, mais si vous vous respectez dès maintenant, il sera beaucoup plus facile de le faire dans le futur. Sachez donc aujourd’hui quelles sont les qualités que vous recherchez chez un partenaire, dressez la liste de ce que vous jugez essentiel. Élaborez votre projet de vie à court (un an), moyen (trois à cinq ans) et long terme (5 ans et +). Et vérifiez si le partenaire approprié potentiel répond à vos priorités ; sinon, rien ne sert de le critiquer ou d’essayer inutilement de le changer. Renoncez tout simplement à cette relation qui ne pourrait que vous rendre malheureux.

Léa est une jeune femme de 31 ans qui réussit très bien professionnellement et qui, après quelques débuts de relations amoureuses infructueuses s’est amourachée depuis 6 mois d’un homme divorcé de 38 ans. Ils prévoient vivre ensemble aussitôt que possible. Pendant ses études universitaires et tout au long de sa vingtaine, elle a plutôt vécu le moment présent et profité de la vie comme elle venait. Maintenant qu’elle se sent « vieillir », elle aimerait bien fonder une famille et avoir un enfant avant sa 35e année. Mais, le hic, c’est que Patrick a déjà deux enfants et qu’il n’est nullement question pour lui d’en avoir d’autres. Mais Léa espère que Patrick changera d’idée. Quel avenir croyez-vous qu’aura Léa si elle s’engage plus avant dans cette relation ?

2. Amour ou passion
 
Nous avons une telle soif d’intimité, d’amour et de passion, et tellement peur de la solitude, que nous nous accrochons souvent à des relations « cul-de-sac » ou à des relations de dépendance que nous prenons pour de l’amour. « Je n’ai jamais autant vibré dans les bras de quelqu’un qu’il me semble que je ne pourrais pas vivre sans l’autre » n’est pas un indice d’amour véritable mais de passion, pour ne pas dire de dépendance émotive, laquelle nous conduit à faire des choix que nous ne pourrons que regretter amèrement dans un avenir plus ou moins rapproché. Certaines personnes vont ainsi de passion en passion, laquelle dure généralement de quelques mois à tout au plus trois ans, sans jamais réussir à trouver un partenaire qui leur soit véritablement approprié, sans jamais réussir à transformer l’excitation du début en amour à long terme.

La passion, telle une drogue, aveugle et fait prendre nos désirs et nos projections pour la réalité ; l’amour vrai n’est jamais aveugle puisqu’il est composé aussi de raison et non seulement de sensations et d’émotions. La technique de la volte-face consiste justement à confronter nos fantasmes romantiques à la réalité et ce, le plus tôt possible. Certains de mes clients se sont rendu compte, dix ou vingt ans plus tard, que leur partenaire était un manipulateur ou un autoritaire et qu’ils ne réussiraient jamais à se faire aimer de cette personne. Ils n’avaient pas voulu écouter leur petite « voix intérieure » qui les avait pourtant mis en garde dès les premières rencontres. Entre-temps, ils avaient totalement mis de côté leur propre projet de vie pour s’assurer l’amour de l’autre et avaient complètement perdu l’estime d’eux-mêmes.

3. Écouter plutôt que séduire
 
Nous sommes plus portés à parler de nous-mêmes pour tenter de séduire l’autre qu’à prendre le temps de vraiment écouter l’autre pour le connaître. Qui est cette personne qui me fait vibrer dès que je la voie et qui s’intéresse à moi ? Qu’est-ce que j’apporte vraiment à l’autre ? devrait être deux questions omniprésentes au début d’une relation. Pour ce faire, n’ayez pas peur de poser des questions (sans en faire une enquête policière) à votre partenaire potentiel sur sa famille et ses relations passées. Combien de relations a-t-elle eues et combien de temps ont-elles durées ? Quels étaient les aspects positifs et négatifs de ces relations ? Qui quittait et pourquoi ? Que recherche-t-elle en vous ? Avez-vous commencé à changer pour lui plaire et la séduire ?

Les patterns amoureux ont tendance à se répéter continuellement. Connaître le scénario conjugal et parental de la personne qui vous intéresse est souvent garant de l’avenir. Si cette personne a vécu des relations difficiles, a-t-elle fait un travail sur elle-même ? A-t-elle consulté un thérapeute conjugal ? Est-elle prête à le faire maintenant ? N’allez surtout pas vous imaginer que votre amour va transformer un conjoint violent, infidèle chronique, alcoolique, joueur, mégère, super woman ou nymphomane. Fuyez-les plutôt.

4. Rêve ou réalité
 
Nombreuses sont les personnes qui croient que si deux personnes s’aiment vraiment, l’une pourra changer pour faire plaisir à l’autre. Quoique des changements puissent effectivement survenir, changer en profondeur, soi ou l’autre, est une utopie. L’amour et la bonne foi ne sont pas suffisants pour assurer la réussite de votre union, il faut aussi une bonne dose de réalisme. Or, la réalité est que votre partenaire sera probablement toujours le même, tel que vous le connaissez aujourd’hui. Ses qualités ne disparaîtront pas, ses défauts non plus. Et le fait qu’il ne change pas pour vous faire plaisir ne prouve nullement qu’il ne vous aime pas.

Pour qu’une relation puisse surmonter l’épreuve du temps, nous devons faire des ajustements pour nous adapter à l’autre, mais si vous devez renoncer à une partie de vous-même pour faire plaisir à l’autre ou si votre partenaire démontre un trait de caractère qui vous horripile, votre amour ne sera jamais très solide et vous vous préparez des moments très difficiles qui rendront votre relation invivable. Avant de vous engager plus avant avec votre partenaire potentiel, vivez avec lui des rencontres et des situations variées afin de mieux connaître sa personnalité et ses capacités d’adaptation. Voyez loin dès le départ car votre engagement pourrait durer plus de cinquante ans. Il vaut donc la peine de ne rien précipiter parce que vous éprouvez de fortes émotions en sa présence.

5. Vérité ou mensonge
 
Il est normal de se présenter sous son plus beau jour au début d’un processus de séduction. Il est même très humain d’exagérer la vérité en parlant de nous-même, parfois même mentir. N’oubliez pas toutefois que l’autre aussi peut vous donner de fausses impressions sur lui-même. Ne renoncez pas à votre esprit critique pour vous faire aimer ou conserver un amour naissant. Ne vous découvrez pas sportif ou artiste parce que l’autre adore le sport ou les arts. Ne faites pas semblant d’avoir joui si ce n’est pas le cas. Il n’y a pas de place pour le mensonge en amour, ni aujourd’hui, ni demain.

Restez donc en contact avec ce que vous êtes et désirez par un fantasme et confrontez ses dires à la réalité. Rencontrez sa famille et ses amis, essayez de le voir au travail, en présence d’enfants, lors de fêtes… S’il vous dit qu’il adorerait avoir des enfants, mais qu’il (ou elle) se montre indifférent en leur présence… S’il vous dit que c’est la première fois qu’il perd la carte ou qu’il devient odieux en prenant de la boisson… S’il vous dit qu’il a beaucoup d’amis, mais qu’il ne vous les présente pas sous prétexte de vous accorder plus de temps… S’il vous dit qu’il a l’esprit de famille alors qu’il est en guerre avec la sienne… S’il vous dit qu’il a de l’ambition et que ses collègues de travail se détournent sur son passage… S’il vous dit être à l’aise financièrement, mais qu’il se montre radin… ne vous laissez pas duper.

Comme tôt ou tard, vous et l’autre vous présenterez sous votre vrai jour, pourquoi ne pas le faire dès le début puisque vous méritez, et l’autre aussi, d’être aimé pour ce que vous êtes réellement. Ne présentez pas une image de vous-même et ne tombez surtout pas en amour avec une image.

6. Vision à court ou long terme
 
La passion constitue une véritable drogue : elle nous fait facilement perdre la tête et prendre nos fantasmes pour la réalité. Il faut beaucoup de temps pour connaître une autre personne. La tentation peut être forte de fusionner rapidement en faisant l’amour pour tester l’amour ou se mettre en ménage pour se donner l’impression de commencer à vivre pleinement. Tout, dans notre société actuelle de consommation, nous y pousse : « Ici et maintenant », « Vous le méritez bien », « Profitez de la vie, elle est si courte », « Il n’y a plus de temps à perdre ».

Je reçois régulièrement dans mon bureau des jeunes gens ou jeunes femmes dans la trentaine qui en sont rendus à leur 5e, 7e parfois 10e relation amoureuse depuis l’âge de 16 ans. Toutes furent infructueuses, certaines même très douloureuses. Ils viennent me voir parce qu’ils se demandent ce qui ne tourne pas rond chez eux qui fait fuir toutes les personnes rencontrées ou qui fait qu’ils ne réussissent jamais à dépasser le stade de la passion. Ce sont généralement des hommes et des femmes qui s’enflamment rapidement, font rapidement l’amour, aménagent rapidement sans trop prendre le temps de savoir à qui ils ont affaire. Ils se fient à leur « intuition », à leurs émotions intenses et en leur certitude d’avoir, cette fois-ci enfin, trouver l’âme sœur. Ils ne veulent surtout pas passer à côté… et se retrouvent deux ou trois ans plus tard avec un partenaire tout à fait inapproprié. Ils ne veulent pas croire que L’ÂME SŒUR N’EXISTE PAS. Et même si elle existait, il est tout à fait illusoire de croire qu’elle serait toujours sur la même longueur d’onde.

7. La sagesse de l’amour véritable
 
Pour qu’une relation puisse durer à long terme, il faut que le cœur s’harmonise avec la raison. Il faut beaucoup de temps pour connaître véritablement une autre personne ou s’ouvrir sans crainte. La patience est cruciale dans une véritable relation amoureuse. Vous en aurez grandement besoin pour vous adapter à l’autre et faire face aux difficultés incontournables de la vie à deux. Je me répète, mais l’amour et la bonne foi sont insuffisants pour construire une relation durable et épanouissante. Le temps non plus n’arrange pas les choses. Ce n’est pas parce que vous sortez avec quelqu’un depuis longtemps (et ce longtemps peut être très relatif) que vous connaissez vraiment cette personne. Si on veut durer à deux, encore faut-il savoir qui nous sommes, avec qui l’on s’engage, comment fonctionne la vie à deux et quels sont les efforts nécessaires à faire pour que ça marche, plutôt que d’espérer apprendre tout ça « sur le tas » et présumer que l’on a choisi le bon numéro. Le taux de divorce avoisine les 50 % dans les pays dit développés sans parler du taux d’échec des « mariages à l’essai » (concubinage). Quand j’entends les cloches de l’église sonner les samedis, je me dis : « Ah ! de nouveaux clients potentiels ». Et croyez-moi, je ne blague pas. Les couples heureux à long terme vivent aussi des moments difficiles qui les amènent en consultation.

La vie à deux est tout sauf un long fleuve tranquille confirmant l'adage « Ils se marièrent, eurent de nombreux enfants et furent heureux ». Non, la vie à deux est plutôt une course à obstacles : mieux vaut être fort et savoir avec qui vous vous engagez pour essayer de les surmonter à deux, en toute complicité. Nous ne pouvons offrir que ce que nous possédons, d’où la nécessité de prendre conscience de soi-même et la responsabilité de qui nous sommes et de ce que nous recherchons dans une relation. Il n’est pas nécessaire que les atomes crochus soient présents dès les premiers instants d’une relation amoureuse. Ils s’accrocheront dès que vous serez vrais et bien ensemble, lorsque vous vous sentirez mutuellement acceptés pour ce que vous êtes, au fur et à mesure que votre amitié et votre confiance réciproques grandiront. Le véritable amour est fait de vibrations corporelles (sexuelles) et de vibrations du cœur, certes, mais aussi de vibrations intellectuelles et même spirituelles.

P.S. Pour évaluer l’état de votre bonheur conjugal actuel, nous vous invitons à répondre aux deux questionnaires que vous trouverez sur http://www.coupleheureux.com

Conférencier de réputation internationale, le psychologue - sexologue québécois Yvon Dallaire est auteur de nombreux livres sur les relations homme – femme, dont le best-seller Qui sont ces couples heureux ? Pour en savoir davantage : http://www.yvondallaire.com

Note de l'écrivain : Je vous laisse le soin de mettre au féminin ce qui est masculin afin de ne pas alourdir inutilement le texte.
Il peut sembler incongru de parler d’argent en rapport avec une chose aussi noble que l’Amour. Mais tous les psychologues conjugaux, moi le premier, et les médiateurs vous confirmeront que les ententes pécuniaires sont l’une des principales sources de conflit au sein d’un couple et au cœur même des divorces qui tournent mal. Mieux vaut donc prévenir.
 
RD 

jeudi 10 juillet 2014

Le dernier PPS de Waco


BONNE CHANCE WACO !



JE NE CONNAIS MALHEUREUSEMENT PAS CETTE PERSONNE. Mais Waco est présentement atteint d'un cancer et annonce qu'il doit arrêter de produire des PPS sur le site MA-PLANETE.COM, en raison de sa maladie.

Seulement, WACO a produit un dernier PPS qui est sublime.  CLIQUEZ sur cette adresse pour l'obtenir ou le visionner :

http://ma-planete.com/pps/downloadfile/id_337956/file_337956_waco/

En présence d'une maladie terminale, il y a l'espoir de découvrir une facette cachée de la vie courante, celle que l'on nous promet dans toutes les religions : une forme quelconque de paradis.

Cependant, la première grande certitude demeure notre appartenance à l'Univers. Oui, nous redevenons de la matière brute susceptible d'engendrer de nouvelles vies dans notre monde terrestre.

Comment notre esprit survivra-t-il dans cette autre « vie » ? La deuxième certitude: c'est une chose que nous allons découvrir seulement le jour de notre propre mort.

Enfin, la troisième certitude :  ce sont nos proches qui vont garder un souvenir de nous et de notre petite histoire personnelle.  Celle-ci fera désormais partie de la marche en avant de l'humanité.

RD 


mercredi 25 juin 2014

Le coeur, un muscle au travail sans arrêt

Notre civilisation dite moderne est victime d'un mal qui afflige maintenant une personne sur quatre : les maladies cardiovasculaires.
 

LE COEUR HUMAIN

Le fonctionnement d'un coeur humain

Plus de 4500 fois par heure, 108 000 fois par jour, 39 millions de fois par an, 3 milliards de fois dans une vie humaine : le coeur est un muscle qui se contracte sans compter.

Ce travailleur de l'ombre, doté de son propre centre de contrôle, besogne sans relâche, de notre premier jusqu'à notre dernier souffle. Ses capacités physiologique sont telles qu'il pourrait donner des leçons d'aérobie à tous les autres muscles du corps.

De la grosseur d'un poing, cette pompe propulse cinq litres de sang  à travers un réseau de 950 km de vaisseaux. En 60 secondes, le coeur fait faire le tour complet du propriétaire à 2 500 milliards de globules rouges et à leur précieuse cargaison d'oxygène, essentielle à la vie.

Notre époque fait cependant la vie dure à ce remarquable organe. La sédentarité, la mauvaise alimentation, l'obésité, le tabagisme et l'hypertension se liguent pour encrasser les artères, notamment celles qui alimentent le coeur, obstruant l'arrivée du sang chargé d'oxygène, indispensable à son bon fonctionnement. Privées de ce carburant, les cellules du muscle cardiaque meurent : c'est l'infarctus.

De nos jours, les victimes d'attaques cardiaques tardent moins à se rendre à l'urgence et les médecins, qui comprennent mieux cette maladie, disposent d'outils efficaces pour la traiter. Résultat : la mortalité due aux maladies cardiovasculaires est en baisse depuis au moins 20 ans.

Toutefois, même si ces maladies tuent moins qu'avant, elles n'ont pas perdu la guerre pour autant : leur prévalence est en hausse de 40 % depuis 1980.

 Comment réagir face aux maladies cardiovasculaires ?

Il y a 25 ans, l'exercices physique venait au premier rang des choses que les médecins recommandaient à leurs patients. Depuis, de nombreuses études ont démontré les bienfaits de l'activité physique pour ces personnes, mais beaucoup de médecins tardent encore à emboîter le pas. Pourtant, il n'est jamais trop tard pour mettre le coeur à l'ouvrage. Les patients sont trop souvent référés en réadaptation une fois que toutes les interventions pharmaceutiques et technologiques ont échoué. C'est plus simple de prescrire un médicament qu'un programme de réadaptation, de sorte que peu de patients en profitent.

En effet, la réadaptation cardiovasculaire contribue à l'amélioration de la qualité de vie des patients. Dans les cas extrêmes, où les traitements médicaux et la réadaptation ne donnent pas de résultats, il faut carrément remplacer le coeur. Ce précieux organe doit provenir d'une personne en bonne santé... jusqu'au moment du décès et être disponible à temps pour une greffe compatible avec les besoins du patient. De gros défis à surmonter !

Malgré les prodiges de la chirurgie cardiaque et malgré les progrès dans la mise au point de traitements pharmaceutiques efficaces, tous les experts s'entendent sur un point : la prévention demeure la meilleure arme pour contrer les maladies cardiovasculaires. Sur ce front, le combat est cependant mal engagé. Déjà, le quart de la population doit composer avec des problèmes cardiovasculaires pendant une partie significative de sa vie et le vieillissement de la population risque d'aggraver la situation.

Mais il y a pire. L'obésité et la sédentarité des adolescents font craindre une flambée de problèmes cardiaques dans quelques années. Le poids des données est écrasant : en Amérique, un enfant sur trois a un sérieur problème de poids. La prévalence de l'obésité a triplé en 20 ans et elle progresse toujours. Les enfants qui souffrent aujourd'hui de surpoids ne sont pas condamnés à être gros toute leur vie, mais ils auront énormément de travail à faire pour se dégager des flasques tentacules de l'obésité. L'avenir ne s'annonce pas rose pour le coeur des jeunes obèses.

Enfin, pour les personnes âgées, rien ne battra l'exercice physique adapté à leur rythme et tenant compte des limites de chacun d'entre eux. Après un infarctus, un bon programme de réadaptation cardiovasculaire améliore la qualité de vie des patients SENIORS et surtout, leur remise sur pied, dans des délais relativement courts.

Source : Article de Jean Hamann, « Le coeur a ses raisons », Journal Les Affaires, Printemps 2005

RD

mardi 24 juin 2014

Comment vaincre l'insomnie ?



Selon Mme Bastien, professeure agrégée à l'École de psychologie de l'Université Laval, il y a trois types d'insomnie :

L'insomnie occasionnelle qui est provoquée par un problème passager, comme un malaise physique ou un décalage horaire, et qui dure peu longtemps.

L'insomnie aiguë, elle, apparaît lors d'une période de stress ou d'anxiété ayant pu être causée par plusieurs facteurs : rupture, licenciement, deuil, maladie, tensions au travail ou à la maison et changement d'emploi, départ à la retraite. Ce type d'insomnie disparaît quand la situation revient à la normale, après quelques semaines.

L'insomnie chronique, quant à elle, occasionne les mêmes symptômes, mais persistera même si les causes premières ont disparu. Cette insomnie peut donc se prolonger durant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et perturber le quotidien. Le problème est souvent aggravé par la peur de ne pas dormir. On se dit qu'il faut dormir, ce qui n'aide pas à la détente préalable au sommeil réparateur.

Comment savoir si on est insomniaque ou pas ? le fait de prendre plus de 30 minutes pour s'endormir, ou de rester éveillé 30 minutes la nuit ou encore de se réveiller tôt à l'aube. On peut afficher un seul de ces troubles ou plusieurs à la fois. Et en ce qui a trait à l'insomnie chronique ? Les manifestations doivent se produire plus de trois nuits par semaine pendant plus d'un mois.

10 CONSEILS POUR PRÉVENIR OU SURMONTER L'INSOMNIE

1- Doser stress et détente : vivre un niveau de stress important du matin au soir perturbe le sommeil. Par conséquent, il faut s'accorder des plages de détente. Si on s'adonne à un travail intellectuel, on doit s'assurer de pratiquer une activité physique (idéalement en fin d'après-midi, jamais en mi-soirée) pour relâcher les tensions musculaires qui nuisent au sommeil.

2- Gérer illico les conflits : bien des insomniaques traînent leurs frustrations au lit, ruminent les événements de la journée et ne trouvent pas le sommeil. Solution : exprimer ses émotions pour régler les situations le jour même, si possible.

3- Éviter les somnifères : les somnifères peuvent aider à réduire l'anxiété et à trouver le sommeil en phase aiguë. Mais, au-delà de trois semaines, ils perdent peu à peu leur efficacité, créent une dépendance et peuvent mener à l'insomnie chronique.

4- Se libérer l'esprit : on a la tête pleine de détails et de choses à ne pas oublier ? On inscrit tout, sur papier. Ainsi, on ne risque pas d'y penser toute la nuit.

5- Abandonner la sieste : chez les insomniaques, la sieste nuit à l'état de somnolence au moment de se coucher.

6- Adopter un horaire fixe : une personne qui se couche et se lève à la même heure chaque jour risque moins de souffrir de troubles du sommeil que celle qui varie constamment son horaire, car elle ne bouscule pas son horloge biologique.

7- Se préparer au sommeil : il faut prévoir au moins une heure avant le coucher pour décompresser. Un truc : adopter un rituel pour se préparer au sommeil (bain chaud, musique apaisante, tisane calmante).

8- Revoir ses habitudes alimentaires : Bannissez les soupers lourds ou trop copieux, ainsi que les stimulants (thé, facé, alcool, nicotine) en soirée. On s'abstient de boire beaucoup de liquide après 18 heures pour prévenir les fréquents réveils pendant la nuit.

9- Réduire le temps au lit : si, après 20 minutes, on ne dort toujours pas, on se lève et on quitte la chambre à coucher. On se recouche lorsqu'on se sent somnolent. Rester au lit augmente la frustration et l'anxiété. Et on réserve le lit uniquement au sommeil et aux ébats amoureux.

10- Entreprendre une thérapie : la thérapie cognitivo-comportementale est particulièrement efficace dans les troubles du sommeil.

Source : Article de Jacqueline Simoneau, Journal Les Affaires, 1er octobre 2015

RD


dimanche 22 juin 2014

Vivre vieux... et heureux!



ARTICLE DE MARIE CAOUETTE, Journal Le Soleil, 26 novembre 2005



« VIVRE VIEUX... ET HEUREUX »

Catherine Bergman offre des modèles de vieillesse réussie aux « baby-boomers », dans son livre intitulé « Il faut rester dans la parade! » (publié aux Éditions Flammarion).
 
Les baby-boomers seront la première génération dans l'histoire de l'humanité qui passera 20,25 ou 30 ans à la retraite. Comme ils ne se sentent pas vieux et qu'ils jouiront d'une bonne santé, comment vont-ils occuper toutes ces années ?


Ils ne le réalisent pas encore, mais ils n'ont aucun modèle pour apprendre à vieillir sans devenir vieux, dit la journaliste Catherine Bergman, qui a longtemps été correspondante de Radio-Canada a Ottawa, avant de disparaître des ondes  il y a une vingtaine d'années pour aller vivre au Japon, avec son mari , pendant quelques années.

Elle a trouvé, dans ce sujet « porteur  et un peu à la mode », la matière de son second livre, qui s'intitule IL FAUT RESTER DANS LA PARADE!. 

En entrevue, la journaliste a révélé avoir interrogé une trentaine de personnalités québécoises avancées en âge. Des septuagénaires, des octogénaires et des nonagénaires bien connus et aimés du public. Des gens si occupés qu'il lui a fallu deux ans pour tous les rencontrer. Ces personnalités ont été actives dans divers domaines (arts, science, sports et politique). Elles ont marqué leur temps et continuent encore d'être présentes dans la société. Catherine Bergman les présente comme des modèles de vieillesse réussie, susceptibles d'inspirer l'imposante cohorte des baby-boomers au seuil de la retraite.

Tous ont accepté de parler de la vieillesse, à la surprise de la journaliste. « Ce n'est pas un sujet sexy ». Ils ont profité d'une occasion rarement offerte, car la vieillesse est presque taboue dans la société actuelle et surtout chez les boomers qui se croient encore jeunes, expose la journaliste. Certains craignaient que cela n'intéresse personne. Les baby-boomers sauront-ils profiter de ces conseils ? Certaines vedettes interrogées en doutaient, mais elles ont accepté de jouer le jeu  tout de même.

Plusieurs se sont insurgés contre la publicité  qui vantait la Liberté 55, il y a quelques années, rapporte Mme Bergman. « Les pays conseillent de prendre un break au moment de la retraite, pour réfléchir, mais pas de rester sur la plage toute sa vie. Il faut trouver de nouvelles façons d'être présent et actif dans la société sans avoir un job. Il va falloir séparer le pouvoir de l'autorité morale », dit Bergman en s'inspirant d'une réflexion de Jacques Languirand, qui tient encore sa chronique radiophonique après plusieurs décennies à l'antenne (maintenant, à la retraite).

RALENTIR LE RYTHME

On ralentit le rythme, la force physique diminue, le corps devient plus raide, égrènent Dominique Michel et Phylis Lambert au nombre des ennuis causés par la vieillesse. Attention au recours trop abondant à la chirurgie plastique pour gommer les traces de l'âge, dit Charles Aznavour. « Ces canards laqués sortent de leur génération. »

Par contre, disent certains, l'âge, l'expérience, la sagesse permettent d'affiner le travail, notamment dans les arts, et d'atteindre de nouveaux sommets. C'est le moment pour ressortir de vieux rêves non réalisés ou de se lancer des défis de taille, estime Hubert Reeves. Il faut nourrir des projets, s'occuper de sa santé physique et mentale et, comme Clémence Desrochers, cultiver précieusement ses amis.

La vieillesse devient une période notre vie qui durera si longtemps, poursuit Catherine Bergman, qu'il « faut se poser la même question qu'à 16 ou 17 ans : qu'est-ce que je vais faire à partir de maintenant ?

La réponse n'est pas toujours de faire du bénévolat. Ce n'est pas une bonne idée si la personne n'en a jamais fait ou y voit une façon de continuer à exercer du pouvoir. »

De toutes manières possibles et réalistes, « IL FAUT RESTER DANS LA PARADE!

RD