Vivre la vie d'un Senior

samedi 7 mars 2020

Une dame de Québec fête ses 105 ans

Article de CATHERINE BOUCHARD, Journal de Québec, 6 mars 2020

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Les membres d’une famille de Québec ont célébré un anniversaire peu commun à la résidence Saint-Dominique, jeudi, alors que leur mère a soufflé pas moins de 105 bougies.

Rose Côté-Tremblay s’était fait une beauté, jeudi matin, avant de se joindre à ses enfants pour souligner cet anniversaire dans une petite salle privée de la résidence où elle habite.

Pour l’occasion, ses enfants avaient préparé un généreux repas.

« Je suis bien entourée, je suis très chanceuse », lance la dame fêtée, les yeux brillants de bonheur.
Même si elle a passé le cap des 100 ans, la dame est encore pleine de vie et souriante.

« Elle est en forme, elle commande et dirige tout encore », souligne en riant l’une de ses filles, Norma Tremblay.

Une vie bien remplie

La centenaire est veuve depuis le décès de son époux à l’âge de 66 ans, il y a une cinquantaine d’années.

« Elle n’a jamais refait sa vie, elle était bien trop occupée à accueillir les gens », poursuit sa fille.
Rose Côté-Tremblay a tenu un Bed & Breakfast pendant 25 ans, sur la rue des Érables, à Québec. Auparavant, elle a géré une maison de chambres à Thetford Mines.

« Elle a reçu des gens du monde entier. Elle a des livres où les visiteurs lui laissaient des messages. Il y en a en russe et en japonais », raconte avec fierté la fille de la centenaire.

À l’âge de 60 ans, Rose Côté-Tremblay a commencé à prendre un peu plus de temps pour elle et s’est inscrite à des cours de natation, de peinture et d’émail. Elle a eu la chance de ne jamais avoir eu d’ennuis de santé sérieux.

« À 100 ans, elle s’est fracturé une cheville et elle a commencé à se déplacer avec une marchette, à ce moment, et elle trouvait donc que ça la ralentissait », se souvient Mme Tremblay.

Une grande famille

À 105 ans, Mme Côté-Tremblay a une chance que peu de gens auront dans leur vie. Grâce à ses six enfants, elle a 22 petits-enfants, 19 arrière-petits-enfants et cinq arrière-arrière-petits-enfants.
Le secret de sa longévité ? « Elle n’a jamais arrêté, c’est ça, son secret », confie Mme Tremblay.

Au Québec, en 2019, 2559 personnes étaient âgées de plus de 100 ans, selon l’Institut de la statistique du Québec.

RD

mardi 3 mars 2020

Les grands oublis de votre plan de succession

Article de EMMANUELLE GRILL, Journal de Québec, 15 février 2020

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Vous croyez avoir pris toutes les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité financière de vos proches après votre décès ? Attention, vous n’avez peut-être pas pensé à tout...   

Lorsqu’il est question de planification successorale, on néglige souvent certains détails qui peuvent pourtant peser très lourd dans la balance. 

« Les gens croient à tort que leur testament permettra de mettre leur famille à l’abri, mais c’est insuffisant. Cinq aspects essentiels sont souvent mis de côté », explique Fabien Major, planificateur financier et conseiller en gestion de patrimoine. 

Prévoir des liquidités 

Avant que la succession ne soit réglée, tous les comptes bancaires de la personne décédée sont généralement bloqués. Résultat : ses proches peuvent se trouver en difficulté pour payer certains coûts, comme les frais funéraires. Durant la période de deuil, le conjoint peut aussi cesser de travailler, ce qui le place dans une situation d’appauvrissement. 

« C’est pourquoi il est important de prévoir des liquidités à cette fin. Par exemple, on pourrait placer une somme d’argent dans un CELI en fonds distinct ou souscrire une police d’assurance d’un capital décès suffisant pour lequel on nommera un bénéficiaire direct afin d’éviter de passer par la succession », recommande Fabien Major. Ces mesures permettent d’avoir accès à des liquidités en quelques semaines à peine.

La transmission du CELI 

Saviez-vous que si vous ne mentionnez rien à ce sujet dans votre testament, votre CELI sera liquidé et les gains futurs deviendront imposables ? Pour éviter que cela ne se produise, il faut prévoir un legs particulier dans son testament. « De cette façon, le CELI sera en quelque sorte roulé au conjoint survivant, qui se trouvera donc titulaire d’un double CELI, et pourra en tirer des revenus libres d’impôt. Fait intéressant : ces montants n’auront pas d’impact sur la pension de sécurité de la vieillesse et le supplément de revenu garanti », précise Fabien Major.

Deux outils pour protéger l’héritage de vos enfants 

Vous pouvez protéger l’héritage que vous souhaitez laisser à vos enfants de deux façons. 
Premièrement grâce à une clause incluse dans le testament stipulant que vous offrez le bénéfice uniquement à vos enfants. Cela fera en sorte que leur patrimoine ne sera pas fractionné avec leurs conjoints, ce qui peut s’avérer particulièrement utile en cas de divorce ou de séparation. 

« Ainsi, leur héritage ne sera pas dilué dans le partage de leur patrimoine familial », mentionne Fabien Major.

Deuxièmement, une clause d’insaisissabilité intégrée au testament évitera que leur héritage ne soit saisi par des créanciers. 

Leurs actifs se trouveront donc exclus de toute demande de saisie. La clause peut aussi prévoir que l’argent dont l’enfant a hérité soit déposé sur un compte bancaire distinct, ce qui offre encore davantage de protection.

Effectuer un inventaire de ses actifs numériques 

Comptes sur les réseaux sociaux, achats en ligne, blogue, site internet générant des revenus, abonnement à des produits numériques avec renouvellement automatique, etc. Sans qu’on y prenne garde, notre présence en tant qu’individu sur internet ne cesse de prendre de l’ampleur. Pour faciliter la tâche à nos proches, il peut être judicieux de préparer un inventaire exhaustif de nos actifs numériques avec les mots de passe pour y avoir accès. 

« Je recommande d’enregistrer toutes ces informations sur une clé USB qui sera placée dans un coffret de sécurité. On peut aussi ouvrir un compte dans un serveur de stockage comme Dropbox ou Google Drive, et y déposer tous les renseignements et documents pertinents. Il suffira ensuite d’en donner le code d’accès à ses héritiers », suggère Fabien Major.

Conseils 

La Chambre des notaires offre sur son site Internet Le Guide 360 du patrimoine. Ce document gratuit permet de faire un inventaire détaillé de ses avoirs personnels, actifs numériques et documents importants. Cela évitera bien des recherches à votre exécuteur testamentaire. https://www.cnq.org/fr/patrimoine-votre-guide360.html 

Mettez régulièrement à jour votre testament, notamment à chaque changement important dans votre vie. Assurez-vous également que votre exécuteur testamentaire est toujours d’accord pour remplir ce rôle, et si nécessaire, songez à un remplaçant. 

Pour prendre des décisions éclairées, demandez l’aide d’un spécialiste (notaire, fiscaliste, planificateur, etc.) qui aura une vision globale de votre situation. 

RD

Trois résolutions pour le mois de la nutrition

Article d'ISABELLE HUOT, Journal de Québec, 1 mars 2020

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Pour entamer le mois de la nutrition, les diététistes-nutritionnistes du Canada s’allient autour du thème : La saine alimentation va bien au-delà des aliments ! En somme, bien manger inclut le contexte social du repas et aussi l’expérience sensorielle qu’on en retire. Une thématique enlignée sur la version 2019 du Guide alimentaire canadien qui nous invite à cuisiner davantage, savourer les aliments et les partager
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1. Cuisiner davantage

Cuisiner est une recommandation de base pour quiconque désire améliorer ses habitudes alimentaires. En choisissant ses ingrédients, on contrôle beaucoup mieux le contenu en gras, sucre et sel des mets que l’on mange. On gagne surtout sur la liste des ingrédients. Bien que l’offre alimentaire s’améliore, les aliments du commerce contiennent souvent des additifs alimentaires. En prime, cuisiner permet d’économiser considérablement. Considérant que le panier d’épicerie coûtera en moyenne 500 $ de plus pour une famille cette année, cuisiner c’est doublement gagnant ! Vous n’avez pas de talent culinaire ? Débutez avec des recettes très simples qui demandent moins de 25 minutes de préparation. Gageons que vous y prendrez goût ! 

2. Savourer en pleine conscience

Manger selon les principes de l’alimentation intuitive implique que nous utilisions tous nos sens pour savourer les aliments. Être attentif à l’apparence, à la texture, aux arômes de plats permet souvent de ralentir le rythme et d’être aussi plus à l’écoute de nos signaux de faim et de satiété. Manger en pleine conscience, c’est aussi n’avoir aucun aliment interdit et savoir savourer une barre de chocolat si on en a vraiment envie. Et surtout, ne pas culpabiliser après l’avoir mangée ! 

6 conseils pour manger en pleine conscience : 
  • Avant de manger, demandez-vous si vous avez réellement faim. Si la réponse est non, décalez votre collation ou votre repas (si c’est possible).  
  • Ralentissez le rythme. Assurez-vous de toujours manger assis (et non debout devant le comptoir), dressez une belle table et déposez votre fourchette à quelques reprises.  
  • Ne vous sentez pas obligé de terminer votre assiette. C’est difficile pour plusieurs personnes, mais tellement important. Ce conseil vaut aussi au restaurant. Votre faim est comblée ? Oubliez le dessert même s’il est inclus dans la table d’hôte. Manger sans faim ne peut que conduire à un excès de poids. 
  • Cessez de manger vos émotions. Vous mangez lorsque vous souffrez de fatigue, de solitude, d’anxiété, d’ennui ? Les aliments ne sont pas la solution pour vous calmer. Trouvez une activité alternative qui répondra mieux à l’émotion (prendre un bain, aller faire une marche, écouter un podcast, etc.). 
  • Concentrez-vous sur l’amélioration de votre relation avec la nourriture plutôt que sur un objectif de perte de poids. Voilà l’approche de plus en plus valorisée parmi la communauté des diététistes-nutritionnistes. Un processus demandant, mais qui résulte en une hausse de l’estime de soi et une stabilisation du poids corporel (beaucoup mieux que le fameux yo-yo). 
  • Cessez de catégoriser les aliments comme bons ou mauvais. C’est souvent en ayant des restrictions mentales (je ne mangerai plus jamais de chips par exemple) que des périodes de compulsions alimentaires se présentent. En éliminant complètement certains aliments, vous finirez par craquer et en mangerez une quantité démesurée. Il faut faire la paix avec certains aliments. Aucun aliment n’est interdit, tout est une question de modération.  
3. Partager vos repas

Manger est un acte social. Le nouveau Guide alimentaire encourage le partage des repas tout comme la diète méditerranéenne, d’ailleurs classée en début d’année par un panel d’experts américains comme la meilleure approche alimentaire. Plusieurs familles aujourd’hui ne prennent pas le temps de souper toutes ensemble, et pourtant, quelle occasion de partage importante ! En plus, les études rapportent que les enfants qui mangent plus souvent en famille ont de meilleures habitudes alimentaires. Un sondage publié dans le magazine Ricardo en 2016 rapportait que 45 % des Canadiens regardent la télévision en soupant. Toute forme de distraction (télé, tablette, etc.) n’est pas souhaitable. Prenez donc 30 minutes tous ensemble. Participer à des cuisines collectives est aussi une belle façon de cuisiner avec d’autres, de tisser des liens et de réduire le coût de l’épicerie. 

RD

Comment ajouter 10 années de vie en bonne santé ?

Article de Richard Béliveau, docteur en biochimie, Journal de Québec, 2 mars 2020

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Une étude montre que les personnes qui ne fument pas, mangent sainement, font 30 minutes et plus d’activité physique quotidienne, maintiennent un poids santé et consomment modérément de l’alcool peuvent espérer vivre 10 ans de plus sans être touchées par une maladie cardiovasculaire, le diabète de type 2 ou le cancer. 

Vivre plus longtemps, mais à quel prix ?

En 1900, l’espérance de vie à la naissance d’un Canadien oscillait aux environs de 45 à 50 ans, avec presque 25 % des personnes qui décédaient avant même d’atteindre l’âge de 10 ans.

Aujourd’hui, c’est totalement l’inverse, avec 84 % des enfants des pays développés qui vont vivre jusqu’à au moins 65 ans, et 75 % de tous les décès qui surviennent entre 65 et 95 ans.

Concrètement, cela signifie que l’espérance de vie à la naissance a presque doublé en 100 ans et atteint maintenant près de 80 ans dans la plupart des pays industrialisés. 

Ces années de vie supplémentaires ne sont cependant pas toujours roses : selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé, l’espérance de vie en bonne santé de la grande majorité de la population mondiale est en moyenne inférieure de 10 ans à leur espérance de vie totale, ce qui veut dire que dans la majorité des cas, les dernières années d’existence sont marquées par l’apparition de bon nombre de maladies chroniques qui peuvent réduire drastiquement la qualité de vie.

Cette détérioration de la santé réduit évidemment les bénéfices d’une augmentation de la durée de vie : le but principal n’est pas de vivre plus longtemps à tout prix, mais surtout de jouir de ces années supplémentaires pour profiter au maximum de notre brève existence.

Comme l’ont souligné certains chercheurs, il est donc grand temps de cesser de consacrer toutes nos énergies à augmenter encore plus l’espérance de vie et de s’attarder plutôt à la découverte de moyens d’améliorer la qualité de ces années de vie supplémentaires.

En d’autres mots, il ne faudrait plus aborder la santé exclusivement sous l’angle de l’espérance de vie (lifespan), mais mettre plutôt l’emphase sur l’espérance de vie en bonne santé (healthspan)(1).
Au Canada, les maladies cardiovasculaires et les cancers sont responsables à eux seuls d’environ 60 % de tous les décès annuels.

Prévenir les maladies chroniques

Réduire l’incidence de ces maladies, ou à tout le moins retarder le plus possible leur apparition, représente donc un objectif incontournable si on désire faire des progrès dans l’augmentation de l’espérance de vie en bonne santé.

Grand nombre d’études ont montré que la grande majorité des personnes qui atteignent un âge avancé tout en conservant une bonne santé le doivent d’abord et avant tout à de saines habitudes de vie.

Selon une grande étude récente(2), réalisée auprès de 130 000 personnes suivies pendant environ 30 ans, cinq principaux facteurs du mode de vie retardent significativement le développement de trois grandes maladies, soit les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2 et le cancer : 
  • l’absence de tabagisme ;
  • le maintien d’un poids santé (indice de masse corporelle situé entre 19 et 25 kg/m2) ;
  • 30 minutes ou plus d’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse par jour ;
  • une saine alimentation, caractérisée par un apport élevé en végétaux, acides gras polyinsaturés et oméga-3 à longues chaînes, combiné à un apport réduit en viandes et charcuteries, boissons sucrées, gras trans et sodium.
  • une consommation modérée d’alcool (un verre ou moins par jour pour les femmes et deux verres ou moins pour les hommes).
Les chercheurs ont observé que pour les participants âgés de 50 ans qui avaient adopté ces cinq habitudes, le gain de l’espérance de vie en bonne santé est vraiment spectaculaire, soit de 35 ans chez les femmes et de 31 ans pour les hommes, ce qui correspond à une hausse de 12  et 8 ans, comparativement à ceux qui n’adhéraient à aucune de ces cinq habitudes de vie.  
Concrètement, cela signifie qu’au lieu de voir sa qualité de vie considérablement diminuer en raison des maladies chroniques vers l’âge de 73 ans, une personne qui adopte un mode de vie globalement sain peut espérer retarder l’apparition de ces maladies après 80 ans.

Ceci permet donc de compresser au minimum la période de maladie ou d’invalidité en fin de vie et ainsi d’atténuer les effets du vieillissement sur la qualité de vie. 

Les pires menaces : le tabac et le surpoids

En examinant individuellement chacun de ces facteurs, les chercheurs ont noté que chaque habitude prise individuellement a un impact positif et fait augmenter de quelques années l’espérance de vie sans maladies chroniques.

Chaque geste compte, et il est possible d’améliorer ses chances de vivre plus longtemps en bonne santé même sans avoir un mode de vie optimal. Deux exceptions toutefois : l’étude indique que le tabagisme (plus de 15 cigarettes/jour) ampute à lui seul 25 % des années en bonne santé, ce qui annule pratiquement les bénéfices apportés par une bonne alimentation, l’exercice physique et la consommation modérée d’alcool. Un phénomène similaire est observé pour les personnes obèses (IMC > 30), confirmant encore une fois que le surpoids est extrêmement néfaste pour la santé.

Cesser de fumer et parvenir à atteindre un poids normal représentent donc deux facteurs absolument essentiels pour prévenir la détérioration de la qualité de vie en vieillissant. 

(1) Olshansky SJ. From lifespan to healthspan. JAMA 2018 ; 320 : 1323-1324.
(2) Li Y et coll. Healthy lifestyle and life expectancy free of cancer, cardiovascular disease, and type 2 diabetes: prospective cohort study. BMJ 2020; 368: l6669.

RD

samedi 22 février 2020

Le sport après 70 ans: un « must »

Article de VÉRONIQUE CHAMPAGNE, Journal de Québec, 22 février 2020

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Le Journal a rencontré dix athlètes de 70 ans et plus que nous vous présenterons aujourd’hui et demain. Ils ont en commun le désir de se dépasser et plusieurs participent encore à des compétitions internationales. « Je vais avoir 81 ans en 2022, alors je vais être parmi les plus jeunes de la catégorie 81-85 », nous confie avec enthousiasme le patineur de vitesse Gaston Roy dans une entrevue qui sera publiée demain.
  
Le sprinteur a commencé cette discipline à la porte de la cinquantaine, une tendance qu’on voit de plus en plus. Au lieu de se contenter de petites marches dans le quartier à la retraite pour garder la forme, ces Québécois poussent la machine à fond. Et n’ont jamais été aussi heureux.  

« Si j’ai le malheur de rater une semaine, ça me manque, vous ne savez pas comment », confie la nageuse Hélène Jacques, 80 ans.  

Leurs témoignages sont inspirants et la preuve que l’activité physique procure des bienfaits immenses, peu importe l’âge.  

À quel âge est-on vieux ? À 30 ans, répondra un enfant. Jamais, dira une personne considérée comme « âgée », les yeux pétillants. Et d’autres, selon leur expérience de vie, leur santé et leur parcours se sentiront déjà vieux, peut-être trop jeunes. La réponse à la question « Quand est-ce qu’on est trop vieux pour bouger ? » est, quant à elle, plutôt unanime : jamais. 

« Cette idée qu’il est un jour “trop tard” est dépassée. Il n’y a pas d’âge pour commencer à bouger, et il n’y a pas d’âge pour continuer », affirme Mylène Aubertin-Leheudre, professeure-chercheuse à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal.             

Ralentir le temps 

En général, dès l’âge de 60 ans, on perd en masse musculaire, en force musculaire et en densité osseuse, alors qu’on gagne en tissu adipeux interne.              

Tout le monde ne vieillit néanmoins pas de la même façon. La vitesse du processus naturel lors duquel on perd ses capacités physiques – le vieillissement – dépend d’une foule de facteurs, dont la génétique, le mode de vie (celui d’aujourd’hui et celui d’hier), la maladie et les accidents.              

« Il n’est pas rare de voir une personne d’à peine 55 ans dans un corps de 75 ans », donne en exemple la spécialiste en gériatrie.             

« Inversement, en étant actives, certaines personnes réussissent à ralentir le phénomène de vieillissement, voire dans certains cas à le contrer. Elles conservent un bon niveau de condition physique, malgré le temps qui passe », ajoute Mylène.             

Être un athlète passé 70 ans  

L’idée qu’il faut se « ménager » en vieillissant persiste encore. Selon la professeure-chercheuse de l’Institut de gériatrie de Montréal, les recommandations pour un athlète « âgé » sont pourtant les mêmes que celles pour une personne « normale » : il faut surtout éviter le surentraînement. Cela s’exprime notamment par accorder au corps une plus longue période de récupération, alors que la fatigue musculaire est plus importante avec l’âge.             

« Si une personne commence à bouger à 70 ou à 80 ans, il y a aussi tout un passé à considérer », dit la professeure-chercheuse. On ne peut pas s’attendre, par exemple, à une mobilité optimale après des décennies de sédentarité. Des ischiojambiers écourtés par 60 ans de position assise se plaindront plus facilement d’un entraînement intensif sur piste ! Et c’est sans compter les vieilles blessures de hockey qui peuvent refaire surface...             

Il faut conséquemment prendre en compte un bilan global lorsqu’on se met à bouger, surtout si l’on vise la performance. L’accompagnement d’un kinésiologue est toujours recommandé, mais dans le cas d’une personne âgée, c’est tout à fait essentiel, selon Mylène Aubertin-Leheudre.             
Quant à la crainte de faire pomper le cœur, elle serait injustifiée. « Il faut opter pour une intensité au moins modérée – se sentir essoufflé ! — si on veut récolter les bienfaits de l’activité physique. Beaucoup n’osent pas », dit Mylène Aubertin-Leheudre. Elle admet qu’il y a des zones (niveau d’effort de 8,5+/10) qu’on ne devrait pas atteindre sans supervision.             

Tant que l’on est bien guidé et encadré, il n’y a ainsi aucun mal à viser des objectifs sportifs à un âge avancé. Le regard peut être porté vers l’avant, peu importe le nombre de chandelles sur le gâteau ; on n’est jamais trop « dépassé » pour se dépasser.             

« Chez les personnes âgées, il y a aussi une urgence de vivre – la vie paraît tout à coup courte ! Il n’est pas rare que ces athlètes se sentent pressés... un peu comme des adolescents », termine Mylène.             

Les aînés s’activent  

Le Québec n’a pas d’âge pour bouger. Le sport chez les aînés connaît un regain de popularité, selon le Réseau FADOQ, nouvelle appellation de la Fédération de l’âge d’or du Québec. 

Parmi les 1860 participants à la 28e édition des finales provinciales des Jeux FADOQ, en septembre dernier à Trois-Rivières, 24 % étaient âgés de 70 ans et plus. Ce total de participants constitue un record pour cet événement qui, lors de sa création en 1992, en avait accueilli 270.             

« Le Réseau FADOQ milite pour l’activité physique afin de maintenir et d’améliorer la qualité de vie des personnes de 50 ans et plus. Les bienfaits du vieillissement actif sont nombreux, il s’agit d’une excellente façon de garder les personnes âgées actives et ainsi prévenir les risques de maladie. Un aîné actif est un aîné en meilleure santé qui restera autonome plus longtemps, en meilleure forme physique et psychique, et est donc plus apte à contribuer de manière active à la société québécoise », expose le directeur général du Réseau FADOQ, Danis Prud’homme.             
— Alain Bergeron  

RD

vendredi 14 février 2020

L'appel de la retraite oblige les Québécois à revoir leurs priorités

Article de Yves Daoust, Journal de Québec, 8 février 2020


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Emmanuelle Gril et Fabien Major, coauteurs du livre Spécial retraite : 99 truc$ pour s'enrichir.
 
D’ici les prochaines années, plus d’un million de Québécois prendront leur retraite. Plusieurs quitteront aisément le marché du travail grâce à un régime d’épargne collectif et des épargnes dans un REER. Mais la grande majorité des travailleurs, qui n’ont pas ce type de régime, devront planifier leurs avoirs très tôt dans leur vie pour éviter une retraite financièrement difficile.

« Il y a un vrai engouement des Québécois, un peu à la dernière minute toutefois, pour prendre en main leur retraite. Cela est positif, dans la mesure où ils devront maintenant envisager de vivre avec leurs économies au moins 20 ans de plus après leur retrait du marché du travail », souligne Fabien Major, planificateur financier et coauteur du livre Spécial retraite : 99 truc$ pour s’enrichir.
Selon Retraite Québec, en 2017, un Québécois de 65 ans pouvait espérer atteindre 85 ans, et une Québécoise, 88 ans.

Livre pratique

Afin de mieux outiller les Québécois à cette nouvelle réalité, Les Éditions du Journal viennent de publier un livre qui est incontournable pour ceux qui souhaitent préparer leurs finances en conséquence.

En décortiquant de nombreux cas de figure, les sept experts coauteurs, comme Fabien Major, offrent des conseils sur les différentes étapes à suivre pour s’assurer une retraite dorée et une fin de vie confortable.

« Nous souhaitons expliquer aux futurs retraités comment survivre à leurs avoirs. Leur donner les moyens d’évaluer si retarder le moment de sa retraite est financièrement avantageux, si un retour au travail à temps partiel est souhaitable, et si transformer les rêves de plages et de cocotiers en réalité est possible », explique l’éditrice du livre, Mylène Des Cheneaux,

Épargne pour la retraite

Heureusement, les Québécois ont retrouvé récemment le chemin de l’épargne. Le taux d’épargne des Québécois atteint maintenant 6,2 %, un niveau qui ne s’était pas vu depuis 1996, il y a près d’un quart de siècle.

Les gens comprennent mieux le concept des régimes d’épargne-retraite (REER) et du CELI. Mais ce taux d’épargne peut facilement fléchir si les revenus baissent et les dépenses montent en flèche.

Dettes à la retraite

Une situation financière fragile peut créer beaucoup de problèmes à la retraite. Aujourd’hui, la proportion des familles de personnes âgées (65 ans et plus) ayant une dette est passée de 27 % en 1999 à 42 % en 2016. En 1999, la dette médiane était de 9000 $ et elle a grimpé à 25 000 $ en 2016 (en dollars constants de 2016). Plusieurs retraités ont encore une dette hypothécaire. Et la situation ne s’est pas améliorée au cours des dernières années.

« Ce qui m’inquiète, c’est la proportion des dossiers d’insolvabilité des 65 ans et plus qui a bondi de 10,5 % en 2015 à 13,1 % en 2018, et qui dépasse toutes les autres catégories d’âge », souligne Emmanuelle Gril, également coauteure du livre Spécial retraite : 99 truc$ pour s’enrichir et chroniqueuse du Journal.

« En contribuant à ce livre, je souhaite donner des moyens aux gens de mieux gérer leurs avoirs avant la retraite, mais aussi pendant la retraite », conclut Emmanuelle Gril.

Bye bye boss

Les idées préconçues sur la retraite ont la vie dure. Et la publication de ce livre collectif de sept spécialistes tombe à point pour outiller les jeunes adultes et les personnes plus âgées à planifier tous les aspects financiers de la retraite.

Qui n’a pas souhaité dire fièrement le fameux « Bye Bye Boss » tout en ayant les moyens d’en profiter sans trop de préoccupations financières ?

5 mythes sur la retraite

  • La vie de retraité coûtera moins cher.
  • Il me suffit d’avoir des placements prudents.
  • Mes économies doivent durer 20 ou 25 ans.
  • Ma maison est mon fonds de pension.
  • Je déciderai du moment de ma retraite.

Extraits 

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 Photo courtoisie

Spécial retraite: 99 truc$ pour s’enrichir
Éditions du Journal
219 pages.
  • « Trop de Québécois recourent encore à la pensée magique pour prévoir leur retraite. D’ailleurs, à peine plus de la moitié d’entre eux ont déjà calculé les montants dont ils auront besoin pour avoir un revenu raisonnable à cette étape de leur vie. »
  • « Certains baby-boomers ne l’ont pas eu facile non plus, mais ils ont peut-être été renfloués à temps en vendant leur maison dans un marché haussier. »
  • « On entend souvent dire que pour vivre confortablement à la retraite, il faut prévoir un revenu équivalent à 70 % de ce qu’on gagnait durant sa vie active. Est-ce un mythe ou une réalité ? »
Dans ce livre
  • Financer sa retraite
  • Travailler pendant la retraite
  • Les dangers des dettes à la retraite
  • L’immobilier et la retraite
  • Patrimoine et succession
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