Tout n'est qu'apprentissage dans la vie! S'ouvrir l'esprit aux idées nouvelles, développer des projets et s'adapter aux changements sont des gages de bonheur et de longévité.
Article de Hugo Duchaine, Journal de Québec, 4 janvier 2020
À 100 ANS, ELLE FAIT ENCORE SES IMPÔTS
En moins d’un siècle, les Québécois ont gagné 30 ans d’espérance de
vie, selon l’Institut de la statistique du Québec.En 2018, un homme
québécois avait une espérance de vie de 80,6 ans et une femme de 84,5
ans. C’est l’une des plus élevées au monde et au-dessus de la moyenne
canadienne et des États-Unis.
De plus, l’espérance de vie progresse plus rapidement chez les
hommes que les femmes ces dernières années, si bien que l’écart
s’amenuise. Alors qu’il était de presque huit ans dans les années 1980,
il est aujourd’hui de moins de quatre ans.
Autre fait intéressant, ce n’est pas la baisse de mortalité
infantile qui fait aujourd’hui augmenter l’espérance de vie, comme par
le passé, mais bien une diminution de la mortalité chez les aînés. Les
personnes aujourd’hui âgées de 65 ans ont une espérance de vie plus
grande que celle qui leur était donnée à la naissance à l’époque.
Article de Marie-Ève Cousineau, ici.Radio-Canada.ca, 24 Janvier 2020
Il n'y a pas que les écoliers qui subissent de l'intimidation. Des
personnes âgées en résidence en vivent aussi. Un phénomène méconnu et
encore tabou.
UN GUIDE CONTRE L'INTIMIDATION
« Hé,
t’es pas vite là! Dépêche. On attend toujours après la même. » Des
aînés sont attroupés près de l’ascenseur de la résidence où ils
habitent. Ils s’impatientent, encore, devant la lenteur d’une résidente
qui se déplace à l’aide d’un déambulateur.
Cette
scène est fictive, mais elle pourrait bien exister dans la réalité. Il
s'agit d'un cas classique d’intimidation chez les aînés, selon Marie
Beaulieu, professeure titulaire de la Chaire de recherche sur la
maltraitance envers les personnes aînées de l’Université de Sherbrooke,
qui étudie la question.
Comme à l'école, des cliques
peuvent se former dans les résidences pour personnes âgées, les
habitations à loyer modique pour aînés et les centres communautaires.
Des aînés sont mis à l’écart.
Ça ne fait pas
tellement d'années qu'on a réalisé que le phénomène de l’intimidation,
ça ne se résumait pas juste au système scolaire ou aux enfants. Ça
concerne aussi les adultes, les aînés.
Selon Marie Beaulieu, trois types de lieux ou de
contextes semblent plus propices à l’intimidation dans les milieux
collectifs fréquentés par les aînés : autour des ascenseurs (en période
d’affluence, à l’heure des repas, par exemple), à la salle à manger et
lors d’activités de loisir, particulièrement compétitives.
Les
jeux de pétanque, par exemple, on veut gagner. Le jeu de bridge, on ne
souhaite pas nécessairement initier quelqu'un qui est moins rapide que
nous, explique-t-elle.
Afin de les informer sur cette problématique qui peut aller loin et les
isoler, l'Association québécoise de défense des droits des personnes
retraitées et préretraitées (AQDR), a lancé un guide pour mieux les
outiller. Le guide est disponible au www.aqdr.org.
Un phénomène méconnu
Aucune
étude québécoise n’a encore mesuré l’ampleur du problème. Mais selon
des études américaines, jusqu’à 60 % des aînés pourraient en avoir été
victimes, rapporte Marie Beaulieu. La prévalence dépend des milieux de vie, dit-elle. Parce que j’insiste, ça peut se passer dans tous les milieux. Pas seulement dans les résidences pour aînés.
L'Association québécoise de défense des droits des
personnes retraitées et pré-retraitées (AQDR) reçoit de plus en plus
d’appels de personnes âgées intimidées. Le regroupement a publié en 2018
un guide pour prévenir l’intimidation chez les aînés.
Les gens qui nous appellent ne disent pas qu'ils sont intimidés, explique la présidente de l’AQDR Judith Gagnon. Ils disent qu'ils vivent certaines choses avec d'autres personnes. Mais on décode facilement que c'est de l'intimidation.
Intimidation ou maltraitance?
L’intimidation envers les personnes aînées s’inscrit principalement dans un rapport de force (p. ex., par la force physique ou par la force du nombre), de
pouvoir (p. ex., une préposée est en situation de pouvoir sur les
personnes dont elle prend soin) ou de contrôle (p. ex., un résident
prend le contrôle de la télécommande pour imposer son choix d’émission
dans le salon collectif), selon l'Institut national de santé publique du
Québec.
On parle de maltraitance quand un
geste singulier ou répétitif, ou une absence d’action appropriée, se
produit dans une relation où il devrait y avoir de la confiance, et que
cela cause du tort ou de la détresse chez une personne aînée, d'après le
gouvernement du Québec.
La maltraitance se distingue de l'intimidation par le lien de confiance entre les personnes.
Le phénomène demeure méconnu et tabou. D'où
l'importance, croit Judith Gagnon, de donner des conférences sur le
sujet, comme elle le fait en ce soir de janvier dans le sous-sol d'une
église de la ville de Québec. Une cinquantaine de membres du club Les
aînés actifs d'Orsainville sont venus l'écouter avant leur soirée soupe
et bingo.
Le gros problème qu’il y a, quand il arrive de l’intimidation, c'est que le monde ne dénonce pas, dit un aîné rencontré après la conférence. Ils s’en vont. Ils ne veulent pas se mêler là-dedans.
Pourtant, les conséquences de l’intimidation peuvent être graves.
Il y a des gens, un moment
donné, qui ne sortent plus ou qui n'osent plus s'exprimer. Ils se
sentent trop vieux. Ils se sentent gauches.
Certaines victimes font de l'insomnie et en viennent même à déménager, selon Marie Beaulieu.
Les formes d'intimidation
Intimidation verbale et écrite
- Réprimander une personne en criant ou en jurant;
- Infantiliser une personne aînée;
- Faire des remarques sexistes, homophobes ou racistes ;
- Se moquer de quelqu’un en parlant de ses vêtements, de son odeur, de sa coiffure, etc. ;
- Créer un sentiment de peur, d’angoisse ou de détresse en proférant des insultes, moqueries ou menaces ;
- Donner des noms ou surnoms peu flatteurs ;
- Changer constamment les directives ou procédures dans un lieu ou pour une activité afin d’en exclure une personne;
- Rédiger des lettres d’insultes et de menaces et les acheminer sous le couvert de l’anonymat.
Intimidation sociale
- Chercher à humilier, dénigrer ou offenser l’autre en faisant
des plaisanteries ou des remarques blessantes en présence d’autres gens;
- Critiquer constamment ou injustement une personne ou rabaisser ses opinions devant les autres ;
- Répandre des rumeurs malveillantes, du commérage, des mensonges ou des insinuations ;
- Regarder l’autre de manière méprisante ou menaçante;
- Exclure, isoler et éviter une personne lors d’activités sociales, de loisirs ou dans un endroit public;
- Réserver des places pour certaines personnes à la même table
lors des repas ou des activités de groupe dans le but d’exclure d’autres
personnes;
- S’immiscer dans la vie privée d’une personne en l’importunant, l’épiant, la harcelant ou la traquant;
- Harceler quelqu’un pour des cigarettes, de l’argent ou autres. Intimidation physique
- User de violence physique ou menacer de le faire;
- Faire trébucher, bousculer, contraindre, pousser ou pincer une personne;
- Faire des gestes obscènes pour gêner ou humilier l’autre.
Intimidation matérielle
- Briser, vandaliser, détruire les objets ou les biens de quelqu’un d’autre ou menacer de le faire;
- S’approprier les objets ou les biens d’autrui (y compris, par
exemple, les images provenant d’Internet ou disponibles via les réseaux
sociaux).
Prévenir l'intimidation chez les aînés
Pour contrer le phénomène, Marie Beaulieu mène un projet de recherche en collaboration avec un groupe de résidences privées. On
est en train de développer un programme de formation pour vraiment
sensibiliser les résidents, les employés et les membres des familles à
être attentifs à l’intimidation ou l’intolérance. Les témoins ont un
rôle à jouer.
Les aînés, dit-elle, doivent faire preuve de bienveillance entre eux.
Le ministère de la Famille du Québec compte par ailleurs
présenter un nouveau plan d'action pour prévenir et contrer
l’intimidation au printemps 2020. Des mesures pour les aînés étaient
incluses dans le dernier plan 2015-2018, toujours en vigueur.
Article d'André Labelle, Radio-Canada, 23 avril 2018
Des personnes qui prennent un antioxydant particulier, ciblant
spécifiquement les mitochondries, décrites comme les « centrales
énergétiques » des cellules, voient des changements vasculaires liés à
l'âge s'inverser de l'équivalent de 15 à 20 ans en six semaines.
En outre, les participants à cette étude américaine,
qui étaient âgés de 60 à 79 ans et qui prenaient des suppléments, ont vu
un indice clé de leur santé vasculaire s’améliorer de 42 %.
Ces travaux chapeautés par Matthew Rossman et Doug Seals
de l’Université du Colorado, à Boulder, montrent ainsi que le ciblage
des mitochondries par des antioxydants pourrait être un moyen efficace
de lutter contre le vieillissement cardiovasculaire.
Ces résultats s’ajoutent à un nombre croissant de preuves
qui laissent présager que des suppléments nutritionnels de qualité
pharmaceutique pourraient jouer un rôle important dans la prévention des
maladies cardiaques, l’une des principales causes de décès chez les
Canadiens, et dont les facteurs de risque non modifiables comprennent
l’âge, le sexe, et les antécédents familiaux.
Des travaux qui reprennent aussi l’idée selon laquelle
les antioxydants oraux, dont plusieurs études ont montré l’inefficacité
ces dernières années, pourraient avoir des effets bénéfiques mesurables
sur la santé s’ils ciblent précisément l'un des effets du
vieillissement, comme les mitochondries.
Il s’agit du premier essai
clinique visant à évaluer l’impact d’un antioxydant spécifique des
mitochondries sur la fonction vasculaire chez l’humain.
« Un essai qui laisse à penser que certaines thérapies
sont très prometteuses pour réduire le risque de maladies
cardiovasculaires liées à l’âge », ajoute M. Rossman.
Le nombre de participants n’était toutefois pas très
élevé : seulement dix hommes et dix femmes en
bonne santé âgés de 60 à
79 ans, de la région de Boulder.
La moitié des hommes et des femmes a ingéré 20
milligrammes par jour d’un supplément appelé MitoQ, qui modifie
chimiquement un antioxydant naturel (coenzyme Q10) pour qu’il s’accroche
aux mitochondries à l’intérieur des cellules.
L'autre moitié a pris un placebo.
Après six semaines, les chercheurs ont évalué le
fonctionnement de la paroi des vaisseaux sanguins, appelée endothélium,
en mesurant la dilatation des artères des sujets lors de l’augmentation
du débit sanguin.
Après une période de deux semaines, durant laquelle aucun
des participants n'a pris de suppléments, les deux groupes ont été
interchangés, c’est-à-dire que le groupe auquel on donnait un placebo a
pris le supplément, et inversement. Les tests ont été répétés.
Le saviez-vous?
Près de 1 adulte canadien sur 12 (soit 2,4 millions) âgé de 20 ans ou plus vit avec une maladie du cœur diagnostiquée.
Le constat
Les chercheurs ont constaté qu’en prenant le supplément,
la dilatation des artères des sujets s’améliore de 42 %, ce qui fait que
leurs vaisseaux sanguins, du moins selon cette mesure, ressemblent à
ceux d’une personne de 15 à 20 ans plus jeune.
Une amélioration de cette ampleur, si elle est maintenue, est associée à une réduction d’environ 13 % des maladies cardiaques.
Le stress oxydant en question
Les chercheurs affirment que l’amélioration de la
dilatation est due à une réduction du stress oxydant associé au
vieillissement.
Les vaisseaux sanguins se raidissent avec l’âge en raison de la production excessive de radicaux libres liés à ce stress.
Cette production peut endommager l’endothélium (la couche
la plus interne des vaisseaux sanguins, celle en contact avec le sang)
et altérer sa fonction. Pendant la jeunesse, l’organisme produit
suffisamment d’antioxydants pour neutraliser l’effet des radicaux
libres. En vieillissant, toutefois, l’équilibre est rompu, parce que les
défenses antioxydantes du corps ne réussissent pas à suivre la
production excessive de radicaux libres.
D’autres études avaient montré que les suppléments
antioxydants oraux comme la vitamine C et la vitamine E n’étaient pas
inefficaces pour freiner le travail du temps.
Une théorie revigorée
Cette étude insuffle une
nouvelle vie à la théorie discréditée, selon laquelle l’ajout
d’antioxydants à l’alimentation peut améliorer la santé.
Elle laisse à penser que le ciblage d’une source
spécifique pourrait être un meilleur moyen de réduire le stress oxydant
et d'améliorer la santé cardiovasculaire.
Les prochaines étapes seront de tenter de reproduire ces
résultats chez un plus grand nombre de sujets et d’examiner de plus près
l’impact du composé sur les mitochondries.
« Faire de l’exercice et avoir une alimentation saine
restent les meilleures façons de maintenir une bonne santé
cardiovasculaire, » estime Douglas Seals.
Toutefois, il n’y a
pas assez de gens qui sont prêts à faire ces efforts. Nous cherchons des
options complémentaires pour prévenir les changements liés à l’âge qui
sont à l’origine de la maladie. Des compléments peuvent être parmi eux.