Vivre la vie d'un Senior

samedi 14 mars 2020

Évitez une épidémie de... SOLITUDE

Article de SYLVIA GALIPEAU, La Presse, 14 mars 2020


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IMAGE DE LA BÊTE MICROSCOPIQUE


« Le danger de l’isolement n’est pas négligeable. C’est mauvais pour la santé mentale. Qui est intimement liée à notre santé en général », explique Bryn Williams-Jones, directeur des programmes de bioéthique, à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

Écoles fermées, rassemblements limités, télétravail fortement suggéré. Pour ralentir la progression de la COVID-19, le gouvernement demande à tous les citoyens de se serrer les coudes, métaphoriquement s’entend, car idéalement, mieux vaut garder une certaine distance avec son prochain. Dur, pour la bête sociale que nous sommes. Très dur. Analyse, explications et conseils, pour que cette pandémie n’en devienne pas aussi une de solitude.

« L’humain est une espèce grégaire. Il vit en communauté. Isoler les gens, ça peut être vraiment nuisible à la santé psychologique » signale Bryn Williams-Jones, directeur des programmes de bioéthique à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

Entendons-nous, précise-t-il : toutes ces mesures mises en place depuis jeudi (évènements annulés, installations fermées, isolement volontaire au retour de l’étranger) font partie d’une stratégie légitime et concertée pour ralentir la progression de la maladie, afin de limiter les débordements dans le système de santé. 

« On limite les libertés individuelles pour le bien commun. Et on partage les responsabilités en tant que bons citoyens. » Bryn Williams-Jones, directeur des programmes de bioéthique à l’École de santé publique de l’Université de Montréal

 Et c’est très bien. Là n’est pas la question. Par contre, enchaîne-t-il, cela ne veut pas dire qu’il faille oublier l’autre « volet » de notre « responsabilité » en tant qu’humains, à savoir : « penser à nos proches », tout particulièrement à ce voisin âgé, ou à la grand-mère handicapée. Bref, tous ces gens qui risquent de se retrouver doublement isolés.

« Je suis ravi d’avoir cette discussion, affirme Bryn Williams-Jones. Parce que c’est une réflexion que tous les citoyens doivent avoir. »

Car qui dit isolé dit danger : « Le danger de l’isolement n’est pas négligeable. C’est mauvais pour la santé mentale. Qui est intimement liée à notre santé en général. »

La question d’une éventuelle « récession sociale », voire une « pandémie d’isolement », est à envisager, croit l’expert en médecine sociale et préventive. « Oui, je pense que c’est un danger, surtout dans les grandes métropoles. » Un « volet social » au sujet duquel les autorités ne se sont pas encore prononcées, étant d’abord prises par l’urgence de la prévention que l’on sait.

Cela dit, les humains sont naturellement programmés pour s’entraider en situation de crise, poursuit-il. Une réalité qui semble bien abstraite, certes, quand on pense à toutes ces images de consommateurs en panique, à faire le plein de conserves et de rouleaux de papier de toilette ces derniers jours. 

Parenthèse : il s’agit là d’une réponse typique de stress, signale Sonia Lupien, fondatrice et directrice du Centre d’études sur le stress humain. « On ne voit plus que le stresseur et on tombe en mode automatique. » En un mot, on tombe en mode « chacun pour soi ». Une fois cette panique passée, ajoute-t-elle, et quand on se sent à nouveau en « sécurité » (les réserves achetées et le frigo bien rempli), le soutien social est effectivement l’une des « meilleures façons » de maîtriser ce fameux stress (sauf si c’est pour s’entourer de gens encore plus stressés, cela va de soi…).

Comment briser l’isolement ?

C’est prouvé. En temps de crise, que ce soit après le verglas, les inondations ou un attentat, s’installe souvent et spontanément une sorte de « logique de soutien à l’autre », reprend le bioéthicien. « C’est fondamental à l’espèce humaine, on vit en communauté et on est fragile », d’où ce besoin de soutien commun, qui n’est pas sans rappeler le fameux dilemme du prisonnier : « aider l’autre est un moyen d’assurer notre propre soutien », résume-t-il, une logique qui implique qu’on aide sa voisine parce qu’elle va nous aider en retour. Parce que non, les marginaux qui vivent retranchés dans un bunker ne sont pas la majorité, faut-il rappeler.

D’où la grande question : comment animer cette entraide fondamentale à notre humanité, en ces temps d’isolement volontaire ou obligé ? Est-ce seulement possible, dans le contexte actuel ? Non seulement c’est possible, mais cela relève de notre « responsabilité », croit Bryn Williams-Jones. « Et on a juste besoin d’être créatifs. » Pensez Skype, Facebook Live ou, pourquoi pas, un coup de téléphone quotidien. Contactez vos proches plus régulièrement, prenez des nouvelles d’un voisin âgé, offrez de faire des courses à sa place. En vous lavant bien les mains. « Ce sont des petits gestes comme ça qui font toute la différence. Qui font qu’on n’a pas le sentiment d’être abandonné, tout seul. » Un petit « comment ça va ? » ou « j’ai pensé à vous » qui change tout. Et qui fait du bien en retour, en nous consacrant tous comme acteurs de santé publique. Pour le bien-être public. Et autant s’y faire, conclut le bioéthicien. « Ce n’est pas le dernier virus avec lequel on va vivre… »

Solitude et stress 101

Si vous êtes confiné chez vous en quarantaine, en solo ou en famille, que vous sentez le stress vous envahir, que vous avez des maux de ventre ou de la difficulté à dormir, Sonia Lupien, neuroscientifique et experte en matière de stress, propose ce qui suit : tournez-vous vers les réseaux sociaux pour trouver du soutien social, essayez de bouger (ressortez ce vélo d’exercice, peut-être), respirez ou chantez à tue-tête (pour induire une respiration dite « diaphragmatique », laquelle, tenez-vous bien, annule la réponse au stress), ou faites carrément un concours de karaoké en famille. Surtout, si les actualités vous minent, « occupez votre cerveau à d’autres informations », suggère-t-elle. 

Le moment est peut-être enfin venu de vous retaper tous ces épisodes de Mr. Bean que vous vous promettez depuis si longtemps.

 RD

dimanche 8 mars 2020

SEXUALITÉ, PLAISIR ET VIEILLISSEMENT

Article de JULIE PELLETIER, Journal de Québec, 8 mars 2020

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Le vieillissement du corps oblige une adaptation sexuelle. Or, il ne faut pas négliger que l’avancement en âge apporte également beaucoup d’avantages ! S’il n’existe pas de recettes infaillibles, quelques trucs peuvent tout de même favoriser le plaisir et l’érotisme... jusqu’au dernier souffle.

À quand remonte la dernière fois où vous avez vu des images (non pornographiques) de nudité séniore ? De personnes aux corps vieillissants qui s’adonnent aux plaisirs de la chair en toute spontanéité et sans filtre ? Qu’est-ce que l’image d’un couple de 78 ans faisant l’amour dans diverses positions sexuelles évoque en vous ? Fort heureusement, un bon nombre d’entre vous aura une description positive de la situation, mais il demeure toutefois plusieurs tabous entourant la sexualité des séniors pour plusieurs personnes. Pourquoi ? Peut-être parce que cela fait penser à ses propres parents, à des corps malades, flétris... mais peut-être aussi parce que, simplement, nous n’en parlons pas suffisamment. Tout comme il est nécessaire de parler de santé sexuelle, il est nécessaire de défaire les croyances et préjugés entourant la sexualité des personnes vieillissantes. 

Bénédicte, une femme de 82 ans nous raconte : « Dans mon jeune temps, il n’était pas question de parler de sexualité. Encore moins d’imaginer qu’une femme de mon âge puisse vivre des activités sexuelles et pire encore, des activités sexuelles solitaires, si vous voyez ce que je veux dire ! J’ai grandi dans la religion catholique et je suis très croyante, mais ce n’est pas cela qui va m’empêcher de m’amuser ! Je me suis décomplexée sexuellement dans la soixantaine. Parce que j’ai rencontré un homme après ma séparation, mais surtout parce que j’en avais marre d’être frustrée. J’entendais les femmes autour de moi chialer sur leur relation de couple et je faisais pareil. Un jour j’ai lu un article dans Le Journal et ça m’a ouvert les yeux. J’avais trop longtemps négligé cet aspect-là de ma vie. Je me suis donc mise à lire sur le sujet et à visiter des boutiques spécialisées. Un monde tout entier s’est ouvert à moi ! J’ai connu mon premier orgasme en me caressant à l’âge vénérable de 71 ans, pouvez-vous croire. Depuis ce temps-là je suis occupée à faire du rattrapage ! »

Bon pour la santé 
  • La sexualité ne représente pas que des bienfaits importants au niveau physique, les répercussions sur les plans psychoaffectif et relationnel sont également étonnamment significatives : 
  •  Certaines études indiquent que les personnes qui vivent au moins trois relations sexuelles par semaine ralentissent considérablement le vieillissement de leur corps ; 
  • La libération d’endorphine (tour à tour, elle a des effets antalgiques, euphoriques, anxiolytiques ou anti-fatigue) lors d’activités sexuelles exerce des bienfaits immédiats et qui se poursuivent parfois plusieurs heures ; 
  • Si la personne qui a une bonne activité physique est en relation de couple, cette proximité avec l’autre améliore considérablement la qualité de vie des amoureux ; 
  • Cet exercice permet de délier des muscles, de faire pomper le cœur à une bonne vitesse et d’entretenir le bon fonctionnement des organes sexuels.  

Les habitudes à adopter :  

  1. Travaillez à accueillir tous les changements qui se présentent et à les vivre comme des défis à apprivoiser plutôt que comme des obstacles insurmontables ; 
  2. Bougez, bougez, bougez : à votre rythme, à votre manière ! L’activité physique régulière et en phase avec vos capacités est excellente pour votre endurance, votre résistance, votre souplesse, votre équilibre... 
  3. Prenez le temps de consacrer du temps à votre épanouissement sexuel : définissez ce que vous aimez, ce que vous souhaitez vivre et la manière dont vous souhaitez que cela se passe ; 
  4. Munissez-vous d’une bonne attitude et de bonnes habitudes de vie ; 
  5. Masturbez-vous régulièrement ; 
  6. Aimez-vous et profitez de chaque instant : pratiquez la gratitude et l’autocompassion (plutôt que la critique, le jugement ou l’entretien de complexes). 
RD

samedi 7 mars 2020

Une dame de Québec fête ses 105 ans

Article de CATHERINE BOUCHARD, Journal de Québec, 6 mars 2020

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Les membres d’une famille de Québec ont célébré un anniversaire peu commun à la résidence Saint-Dominique, jeudi, alors que leur mère a soufflé pas moins de 105 bougies.

Rose Côté-Tremblay s’était fait une beauté, jeudi matin, avant de se joindre à ses enfants pour souligner cet anniversaire dans une petite salle privée de la résidence où elle habite.

Pour l’occasion, ses enfants avaient préparé un généreux repas.

« Je suis bien entourée, je suis très chanceuse », lance la dame fêtée, les yeux brillants de bonheur.
Même si elle a passé le cap des 100 ans, la dame est encore pleine de vie et souriante.

« Elle est en forme, elle commande et dirige tout encore », souligne en riant l’une de ses filles, Norma Tremblay.

Une vie bien remplie

La centenaire est veuve depuis le décès de son époux à l’âge de 66 ans, il y a une cinquantaine d’années.

« Elle n’a jamais refait sa vie, elle était bien trop occupée à accueillir les gens », poursuit sa fille.
Rose Côté-Tremblay a tenu un Bed & Breakfast pendant 25 ans, sur la rue des Érables, à Québec. Auparavant, elle a géré une maison de chambres à Thetford Mines.

« Elle a reçu des gens du monde entier. Elle a des livres où les visiteurs lui laissaient des messages. Il y en a en russe et en japonais », raconte avec fierté la fille de la centenaire.

À l’âge de 60 ans, Rose Côté-Tremblay a commencé à prendre un peu plus de temps pour elle et s’est inscrite à des cours de natation, de peinture et d’émail. Elle a eu la chance de ne jamais avoir eu d’ennuis de santé sérieux.

« À 100 ans, elle s’est fracturé une cheville et elle a commencé à se déplacer avec une marchette, à ce moment, et elle trouvait donc que ça la ralentissait », se souvient Mme Tremblay.

Une grande famille

À 105 ans, Mme Côté-Tremblay a une chance que peu de gens auront dans leur vie. Grâce à ses six enfants, elle a 22 petits-enfants, 19 arrière-petits-enfants et cinq arrière-arrière-petits-enfants.
Le secret de sa longévité ? « Elle n’a jamais arrêté, c’est ça, son secret », confie Mme Tremblay.

Au Québec, en 2019, 2559 personnes étaient âgées de plus de 100 ans, selon l’Institut de la statistique du Québec.

RD

mardi 3 mars 2020

Les grands oublis de votre plan de succession

Article de EMMANUELLE GRILL, Journal de Québec, 15 février 2020

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Vous croyez avoir pris toutes les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité financière de vos proches après votre décès ? Attention, vous n’avez peut-être pas pensé à tout...   

Lorsqu’il est question de planification successorale, on néglige souvent certains détails qui peuvent pourtant peser très lourd dans la balance. 

« Les gens croient à tort que leur testament permettra de mettre leur famille à l’abri, mais c’est insuffisant. Cinq aspects essentiels sont souvent mis de côté », explique Fabien Major, planificateur financier et conseiller en gestion de patrimoine. 

Prévoir des liquidités 

Avant que la succession ne soit réglée, tous les comptes bancaires de la personne décédée sont généralement bloqués. Résultat : ses proches peuvent se trouver en difficulté pour payer certains coûts, comme les frais funéraires. Durant la période de deuil, le conjoint peut aussi cesser de travailler, ce qui le place dans une situation d’appauvrissement. 

« C’est pourquoi il est important de prévoir des liquidités à cette fin. Par exemple, on pourrait placer une somme d’argent dans un CELI en fonds distinct ou souscrire une police d’assurance d’un capital décès suffisant pour lequel on nommera un bénéficiaire direct afin d’éviter de passer par la succession », recommande Fabien Major. Ces mesures permettent d’avoir accès à des liquidités en quelques semaines à peine.

La transmission du CELI 

Saviez-vous que si vous ne mentionnez rien à ce sujet dans votre testament, votre CELI sera liquidé et les gains futurs deviendront imposables ? Pour éviter que cela ne se produise, il faut prévoir un legs particulier dans son testament. « De cette façon, le CELI sera en quelque sorte roulé au conjoint survivant, qui se trouvera donc titulaire d’un double CELI, et pourra en tirer des revenus libres d’impôt. Fait intéressant : ces montants n’auront pas d’impact sur la pension de sécurité de la vieillesse et le supplément de revenu garanti », précise Fabien Major.

Deux outils pour protéger l’héritage de vos enfants 

Vous pouvez protéger l’héritage que vous souhaitez laisser à vos enfants de deux façons. 
Premièrement grâce à une clause incluse dans le testament stipulant que vous offrez le bénéfice uniquement à vos enfants. Cela fera en sorte que leur patrimoine ne sera pas fractionné avec leurs conjoints, ce qui peut s’avérer particulièrement utile en cas de divorce ou de séparation. 

« Ainsi, leur héritage ne sera pas dilué dans le partage de leur patrimoine familial », mentionne Fabien Major.

Deuxièmement, une clause d’insaisissabilité intégrée au testament évitera que leur héritage ne soit saisi par des créanciers. 

Leurs actifs se trouveront donc exclus de toute demande de saisie. La clause peut aussi prévoir que l’argent dont l’enfant a hérité soit déposé sur un compte bancaire distinct, ce qui offre encore davantage de protection.

Effectuer un inventaire de ses actifs numériques 

Comptes sur les réseaux sociaux, achats en ligne, blogue, site internet générant des revenus, abonnement à des produits numériques avec renouvellement automatique, etc. Sans qu’on y prenne garde, notre présence en tant qu’individu sur internet ne cesse de prendre de l’ampleur. Pour faciliter la tâche à nos proches, il peut être judicieux de préparer un inventaire exhaustif de nos actifs numériques avec les mots de passe pour y avoir accès. 

« Je recommande d’enregistrer toutes ces informations sur une clé USB qui sera placée dans un coffret de sécurité. On peut aussi ouvrir un compte dans un serveur de stockage comme Dropbox ou Google Drive, et y déposer tous les renseignements et documents pertinents. Il suffira ensuite d’en donner le code d’accès à ses héritiers », suggère Fabien Major.

Conseils 

La Chambre des notaires offre sur son site Internet Le Guide 360 du patrimoine. Ce document gratuit permet de faire un inventaire détaillé de ses avoirs personnels, actifs numériques et documents importants. Cela évitera bien des recherches à votre exécuteur testamentaire. https://www.cnq.org/fr/patrimoine-votre-guide360.html 

Mettez régulièrement à jour votre testament, notamment à chaque changement important dans votre vie. Assurez-vous également que votre exécuteur testamentaire est toujours d’accord pour remplir ce rôle, et si nécessaire, songez à un remplaçant. 

Pour prendre des décisions éclairées, demandez l’aide d’un spécialiste (notaire, fiscaliste, planificateur, etc.) qui aura une vision globale de votre situation. 

RD

Trois résolutions pour le mois de la nutrition

Article d'ISABELLE HUOT, Journal de Québec, 1 mars 2020

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Pour entamer le mois de la nutrition, les diététistes-nutritionnistes du Canada s’allient autour du thème : La saine alimentation va bien au-delà des aliments ! En somme, bien manger inclut le contexte social du repas et aussi l’expérience sensorielle qu’on en retire. Une thématique enlignée sur la version 2019 du Guide alimentaire canadien qui nous invite à cuisiner davantage, savourer les aliments et les partager
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1. Cuisiner davantage

Cuisiner est une recommandation de base pour quiconque désire améliorer ses habitudes alimentaires. En choisissant ses ingrédients, on contrôle beaucoup mieux le contenu en gras, sucre et sel des mets que l’on mange. On gagne surtout sur la liste des ingrédients. Bien que l’offre alimentaire s’améliore, les aliments du commerce contiennent souvent des additifs alimentaires. En prime, cuisiner permet d’économiser considérablement. Considérant que le panier d’épicerie coûtera en moyenne 500 $ de plus pour une famille cette année, cuisiner c’est doublement gagnant ! Vous n’avez pas de talent culinaire ? Débutez avec des recettes très simples qui demandent moins de 25 minutes de préparation. Gageons que vous y prendrez goût ! 

2. Savourer en pleine conscience

Manger selon les principes de l’alimentation intuitive implique que nous utilisions tous nos sens pour savourer les aliments. Être attentif à l’apparence, à la texture, aux arômes de plats permet souvent de ralentir le rythme et d’être aussi plus à l’écoute de nos signaux de faim et de satiété. Manger en pleine conscience, c’est aussi n’avoir aucun aliment interdit et savoir savourer une barre de chocolat si on en a vraiment envie. Et surtout, ne pas culpabiliser après l’avoir mangée ! 

6 conseils pour manger en pleine conscience : 
  • Avant de manger, demandez-vous si vous avez réellement faim. Si la réponse est non, décalez votre collation ou votre repas (si c’est possible).  
  • Ralentissez le rythme. Assurez-vous de toujours manger assis (et non debout devant le comptoir), dressez une belle table et déposez votre fourchette à quelques reprises.  
  • Ne vous sentez pas obligé de terminer votre assiette. C’est difficile pour plusieurs personnes, mais tellement important. Ce conseil vaut aussi au restaurant. Votre faim est comblée ? Oubliez le dessert même s’il est inclus dans la table d’hôte. Manger sans faim ne peut que conduire à un excès de poids. 
  • Cessez de manger vos émotions. Vous mangez lorsque vous souffrez de fatigue, de solitude, d’anxiété, d’ennui ? Les aliments ne sont pas la solution pour vous calmer. Trouvez une activité alternative qui répondra mieux à l’émotion (prendre un bain, aller faire une marche, écouter un podcast, etc.). 
  • Concentrez-vous sur l’amélioration de votre relation avec la nourriture plutôt que sur un objectif de perte de poids. Voilà l’approche de plus en plus valorisée parmi la communauté des diététistes-nutritionnistes. Un processus demandant, mais qui résulte en une hausse de l’estime de soi et une stabilisation du poids corporel (beaucoup mieux que le fameux yo-yo). 
  • Cessez de catégoriser les aliments comme bons ou mauvais. C’est souvent en ayant des restrictions mentales (je ne mangerai plus jamais de chips par exemple) que des périodes de compulsions alimentaires se présentent. En éliminant complètement certains aliments, vous finirez par craquer et en mangerez une quantité démesurée. Il faut faire la paix avec certains aliments. Aucun aliment n’est interdit, tout est une question de modération.  
3. Partager vos repas

Manger est un acte social. Le nouveau Guide alimentaire encourage le partage des repas tout comme la diète méditerranéenne, d’ailleurs classée en début d’année par un panel d’experts américains comme la meilleure approche alimentaire. Plusieurs familles aujourd’hui ne prennent pas le temps de souper toutes ensemble, et pourtant, quelle occasion de partage importante ! En plus, les études rapportent que les enfants qui mangent plus souvent en famille ont de meilleures habitudes alimentaires. Un sondage publié dans le magazine Ricardo en 2016 rapportait que 45 % des Canadiens regardent la télévision en soupant. Toute forme de distraction (télé, tablette, etc.) n’est pas souhaitable. Prenez donc 30 minutes tous ensemble. Participer à des cuisines collectives est aussi une belle façon de cuisiner avec d’autres, de tisser des liens et de réduire le coût de l’épicerie. 

RD

Comment ajouter 10 années de vie en bonne santé ?

Article de Richard Béliveau, docteur en biochimie, Journal de Québec, 2 mars 2020

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Une étude montre que les personnes qui ne fument pas, mangent sainement, font 30 minutes et plus d’activité physique quotidienne, maintiennent un poids santé et consomment modérément de l’alcool peuvent espérer vivre 10 ans de plus sans être touchées par une maladie cardiovasculaire, le diabète de type 2 ou le cancer. 

Vivre plus longtemps, mais à quel prix ?

En 1900, l’espérance de vie à la naissance d’un Canadien oscillait aux environs de 45 à 50 ans, avec presque 25 % des personnes qui décédaient avant même d’atteindre l’âge de 10 ans.

Aujourd’hui, c’est totalement l’inverse, avec 84 % des enfants des pays développés qui vont vivre jusqu’à au moins 65 ans, et 75 % de tous les décès qui surviennent entre 65 et 95 ans.

Concrètement, cela signifie que l’espérance de vie à la naissance a presque doublé en 100 ans et atteint maintenant près de 80 ans dans la plupart des pays industrialisés. 

Ces années de vie supplémentaires ne sont cependant pas toujours roses : selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé, l’espérance de vie en bonne santé de la grande majorité de la population mondiale est en moyenne inférieure de 10 ans à leur espérance de vie totale, ce qui veut dire que dans la majorité des cas, les dernières années d’existence sont marquées par l’apparition de bon nombre de maladies chroniques qui peuvent réduire drastiquement la qualité de vie.

Cette détérioration de la santé réduit évidemment les bénéfices d’une augmentation de la durée de vie : le but principal n’est pas de vivre plus longtemps à tout prix, mais surtout de jouir de ces années supplémentaires pour profiter au maximum de notre brève existence.

Comme l’ont souligné certains chercheurs, il est donc grand temps de cesser de consacrer toutes nos énergies à augmenter encore plus l’espérance de vie et de s’attarder plutôt à la découverte de moyens d’améliorer la qualité de ces années de vie supplémentaires.

En d’autres mots, il ne faudrait plus aborder la santé exclusivement sous l’angle de l’espérance de vie (lifespan), mais mettre plutôt l’emphase sur l’espérance de vie en bonne santé (healthspan)(1).
Au Canada, les maladies cardiovasculaires et les cancers sont responsables à eux seuls d’environ 60 % de tous les décès annuels.

Prévenir les maladies chroniques

Réduire l’incidence de ces maladies, ou à tout le moins retarder le plus possible leur apparition, représente donc un objectif incontournable si on désire faire des progrès dans l’augmentation de l’espérance de vie en bonne santé.

Grand nombre d’études ont montré que la grande majorité des personnes qui atteignent un âge avancé tout en conservant une bonne santé le doivent d’abord et avant tout à de saines habitudes de vie.

Selon une grande étude récente(2), réalisée auprès de 130 000 personnes suivies pendant environ 30 ans, cinq principaux facteurs du mode de vie retardent significativement le développement de trois grandes maladies, soit les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2 et le cancer : 
  • l’absence de tabagisme ;
  • le maintien d’un poids santé (indice de masse corporelle situé entre 19 et 25 kg/m2) ;
  • 30 minutes ou plus d’activité physique d’intensité modérée à vigoureuse par jour ;
  • une saine alimentation, caractérisée par un apport élevé en végétaux, acides gras polyinsaturés et oméga-3 à longues chaînes, combiné à un apport réduit en viandes et charcuteries, boissons sucrées, gras trans et sodium.
  • une consommation modérée d’alcool (un verre ou moins par jour pour les femmes et deux verres ou moins pour les hommes).
Les chercheurs ont observé que pour les participants âgés de 50 ans qui avaient adopté ces cinq habitudes, le gain de l’espérance de vie en bonne santé est vraiment spectaculaire, soit de 35 ans chez les femmes et de 31 ans pour les hommes, ce qui correspond à une hausse de 12  et 8 ans, comparativement à ceux qui n’adhéraient à aucune de ces cinq habitudes de vie.  
Concrètement, cela signifie qu’au lieu de voir sa qualité de vie considérablement diminuer en raison des maladies chroniques vers l’âge de 73 ans, une personne qui adopte un mode de vie globalement sain peut espérer retarder l’apparition de ces maladies après 80 ans.

Ceci permet donc de compresser au minimum la période de maladie ou d’invalidité en fin de vie et ainsi d’atténuer les effets du vieillissement sur la qualité de vie. 

Les pires menaces : le tabac et le surpoids

En examinant individuellement chacun de ces facteurs, les chercheurs ont noté que chaque habitude prise individuellement a un impact positif et fait augmenter de quelques années l’espérance de vie sans maladies chroniques.

Chaque geste compte, et il est possible d’améliorer ses chances de vivre plus longtemps en bonne santé même sans avoir un mode de vie optimal. Deux exceptions toutefois : l’étude indique que le tabagisme (plus de 15 cigarettes/jour) ampute à lui seul 25 % des années en bonne santé, ce qui annule pratiquement les bénéfices apportés par une bonne alimentation, l’exercice physique et la consommation modérée d’alcool. Un phénomène similaire est observé pour les personnes obèses (IMC > 30), confirmant encore une fois que le surpoids est extrêmement néfaste pour la santé.

Cesser de fumer et parvenir à atteindre un poids normal représentent donc deux facteurs absolument essentiels pour prévenir la détérioration de la qualité de vie en vieillissant. 

(1) Olshansky SJ. From lifespan to healthspan. JAMA 2018 ; 320 : 1323-1324.
(2) Li Y et coll. Healthy lifestyle and life expectancy free of cancer, cardiovascular disease, and type 2 diabetes: prospective cohort study. BMJ 2020; 368: l6669.

RD