Vivre la vie d'un Senior

vendredi 18 novembre 2011

L’immortalité : un point de vue philosophique…


Poussons la réflexion un peu plus loin à l'aide d'un article TRÈS INTÉRESSANT, relativement récent et qui fait le POINT sur la question de l’immortalité de l’homme. Il s'intitule « Immortalité : l’ultime conquête de la liberté » et a été écrit par le professeur David Nicholas en 1991 (et édité en français le 6 mars 2003)[1].

 « Le fait toujours répété de la mort rend en fin de compte tout discours sur la liberté futile. Des conceptions courageuses de la liberté qui acceptent passivement la certitude de la disparition personnelle sont, de plus en plus, perçues comme une rhétorique creuse. Les dieux nous ont déserté et nos excuses malines pour oublier sont usées. Dans nos cœurs nous savons qu’il y a un problème réel dans notre condition, et pourtant, confrontés au caractère inéluctable de notre destin, nous reculons devant les conséquences évidentes : se sauver ou périr.

Le vide qui approche

Ayant perdu la perspective d’une survie par intervention surnaturelle, l’homme laïc occidental est traumatisé. De plus en plus la vie semble absurde, et la peur de la mort et du rien est juste sous la surface de notre conscience quotidienne. (1) Bien que les structures et les institutions de la croyance religieuse subsistent, leur fonction est désormais largement sentimentale et cérémoniale. Ceux qui croyaient se sont enfuis, au profit du supermarché spirituel post-psychédélique, dans une recherche affolée de nouvelles réponses au problème de la mort. Un des prophètes modernes de l’immortalisme, Alan Harrington, défend que l’anticipation de la mort est maintenant le plus important des facteurs, pris isolément, qui déterminent le comportement humain.(2)

Les effets sont subtils mais on ne peut pas s’y tromper. En limitant notre horizon à une simple vie humaine, le vide qui approche ajoute une urgence et un désespoir dans nos projets. Il y a une accélération palpable, une sensation de manque de temps. On considère parfois qu’il s’agit d’une réponse à la menace d’une extermination massive suite à une conflagration nucléaire ; mais la mort d’un grand nombre est une abstraction : la mort est seulement compréhensible au niveau individuel où on en fait l’expérience. Dans tous les cas, les soucis quant aux modalités de notre départ sont réduits à pas grand chose face à la certitude grandissante que rien n’y fait suite. Sans la perspective de continuité, la vision est tronquée, et le court-terme domine dans un monde fébrile. Nos soucis concernant l’avenir commencent à disparaître avec la vraisemblance de notre disparition. Et pourtant, pour éviter l’effondrement émotionnel, nous sommes conduits à mettre en place des stratégies de défense.

« Nous mourons avant de mourir »

Une réponse commune est d’éluder notre destin en cherchant des distractions qui nous aident à réduire notre impression de séparation : « sexe, drogue et rock’n’roll », comme dit la chanson. On se jette dans le travail ou dans le jeu ; dans la conformité ; on vit les systèmes et les croyances d’autres personnes. Par des actions en commun et la chaleur organique de la foule, nous parvenons à une forme d’immortalité collective dans laquelle on se fond, mais à un prix élevé. En devenant littéralement « absents », notre précieux ego voué à se dissoudre dans la mort est délibérément déconstruit avant terme. Comme le dit Harrington, nous « mourons avant de mourir », et « on se suicide à crédit ». (3) Tragiquement, en sacrifiant notre ego rationnel, nous détruisons la seule vraie clé de notre salut. D’autres ragent devant la mort. Réduits à une apparence fugitive dans l’arène de la vie, des hommes désespérés recherchent des manières toujours plus bizarres d’ériger des monuments à leur existence. Le tueur en série, l’assassin, le sniper sur le sommet du toit et le pirate de l’air solitaire disent tous : « Ne m’oubliez pas. Tuez-moi s’il le faut mais ne m’oubliez pas. » Des réponses faites par des hommes plus « sophistiqués » semblent profondes mais, comme elles laissent notre condition inchangée, elles sont tout aussi futiles.

Prendre une pose subtile (« Un homme qui a peur de la mort n’a jamais vraiment vécu ») ou faire des jeux mots (« La mort n’existe pas vraiment ») sont des attitudes qui peuvent faire illusion. Mais au milieu de la nuit, seul dans le vide, le fataliste malin veut ce que nous voulons tous : la survie. N’ayant pas le courage de se rebeller ouvertement, il est conduit à se reposer sur des notions toujours plus diluées et indirectes de continuité. L’ersatz habituel « d’immortalité », à savoir la survie par sa descendance, a enfanté une variante : la survie par les gènes. Ainsi, Richard Dawkins dans Le gène égoïste défend l’idée que la seule fonction d’un corps humain est de promouvoir la survie de notre ADN. (4) Le développement final de cette ligne de pensée est que le corps est, en dernière analyse, pure Énergie et en conséquence indestructible : la mort apporte simplement un changement de forme : de tels sophismes peuvent sembler attirant à certains, sur un mode désincarné, mais ils ne peuvent que retarder notre assaut sur le seul vrai ennemi, qui est notre disparition personnelle.

L’immortalité physique personnelle

Un autre groupe, qui professe une préoccupation pour l’enquête scientifique dépassionnée, mais qui présente une impulsion religieuse à peine voilée, s’accroche aux vestiges du dualisme cartésien. Mais tandis que la science met de mieux en mieux en évidence la base physique du comportement et de l’expérience, ils battent une perpétuelle retraite, traquant le « Dieu des Trous ». Tout élément tendant à confirmer une activité mentale « indépendante », aussi peu substantielle qu’elle soit, conduit à considérer celle-ci comme le dernier refuge de l’âme, et de l’espoir d’une immortalité incorporelle. La parapsychologie offre une source fertile d’exemples.

Le sceptique James Randi, cité par John Taylor dans « La science et le surnaturel » [Science and the Supernatural] (5), commentant la façon dont un groupe de PhD en physique, chimie et mathématique, pouvaient atteindre des conclusions aussi contraires à leur science, écrit : « Parce que j’ai vu ce que des hommes adultes sont prêts à faire pour satisfaire un profond désir de croire. » Et même, en supposant que ces personnes aient raison, pouvons-nous vraiment concevoir comment une immortalité incorporelle pourrait être satisfaisante ? Tous les éléments suggèrent que la personnalité se développe avec le corps et est inséparable de lui. Comme l’a écrit Wittgenstein : « Le corps humain est la meilleure image de l’âme humaine. » (6) Ce que nous voulons est l’immortalité physique personnelle, rien de moins ; survivre en tant qu’unité psychosomatique, avec tous nos souvenirs, pensées, espoirs et désirs intacts.

La dissolution de la vie dans le néant

Les grands problèmes de la mort et de la survie étaient autrefois l’affaire des philosophes et des théologiens. Mais ni les uns ni les autres n’ont été épargnés par la diffusion du scepticisme, et tous deux se sont repliés sur des problèmes plus étroits. La philosophie académique a largement abandonné la métaphysique, en faveur d’une obscure analyse du langage, et l’église a tourné son attention vers des questions plus banales, sociales, et œcuméniques. La mort à présent semble quelque chose à ignorer, ou à accepter comme la grande donnée. La philosophie, selon Montaigne (7), consiste à apprendre à mourir. D’après Alan Harrington, c’est précisément parce qu’elle enseigne l’acceptation de la mort, que son utilité a atteint son terme : « La philosophie qui accepte la mort doit elle-même être considérée comme morte. » (8)

Seuls les existentialistes sont parvenus au plus près d’une compréhension fondamentale de la mort et de sa signification. Ceux qui s’expriment en tant qu’athées et sont habituellement et à juste titre considérés comme les plus purs représentants de l’école reconnaissent le paradoxe central : que la nécessaire liberté impliquée par l’absence de dieu est niée par la dissolution de la vie dans le néant. Ainsi Heidegger défend que, pour vivre de façon authentique, nous devons regarder bien en face et constamment la limite fixée par la mort, et accepter l’anxiété que cela apporte. La doctrine de la « mauvaise foi » de Sartre joue un rôle similaire, démasquant nos stratégies d’illusion, et nos tentatives d’éviter une réaction personnelle à la mort. Par exemple, en nous trouvant à nous-même un sens en tant que partie de quelque abstraction déifiée comme « l’Humanité », ou « la Nature », plutôt que d’accepter que nous devons seuls décider le sens de notre vie et de notre mort. Camus proteste contre « l’inachèvement de la vie humaine, exprimée par la mort », rejette le désespoir et lance un appel à la rébellion contre les conséquences implicites de la disparition : « Si rien ne dure alors rien n’est justifié. » (9)

Bien que les existentialistes aient offert une analyse particulièrement lucide, ils ne pouvaient en fin de compte défendre qu’une forme d’acceptation stoïque de notre condition ; sans éluder l’anxiété qu’elle implique, mais apparemment sans posséder le moyen de la défier. Même l’appel à la rébellion de Camus, bien qu’admirable, reste impuissant. Peut-être que les existentialistes étaient piégés dans une phase de transition, où la science avait miné la vision du monde religieuse, mais pas encore commencé à offrir ses propres solutions.

Dans les limites de la spéculation pratique

Si Camus a raison et que la mort est le vrai ennemi, alors ça n’est pas la vie après la mort que nous voulons, mais la fin de la mort elle-même, au moins comme conséquence inévitable d’être né. Qui relèvera alors le défi, contre le sens commun ? La plupart des penseurs « sérieux », bien qu’agités par les mêmes impératifs émotionnels que n’importe qui, évitent toute discussion publique de ce sujet, si ce n’est sur un ton moqueur. On voit ainsi, par exemple, des couvertures médiatiques occasionnelles des mouvements de cryonie ou d’extension de la vie, qui présentent ces mouvements sans entrer un seul instant en matière. Un chercheur main stream qui s’aventure dans cette zone est rapidement marginalisé comme excentrique, et ridiculisé par ses collègues. Comme Thomas Kuhn l’a montré, la science est loin d’être le processus purement rationnel et systématique qu’elle prétend être. (10)

Heureusement, un petit (mais grandissant) groupe de chercheurs hérétiques et d’auteurs spéculatifs défient les paradigmes actuels, et fournissent une plate-forme pour une discussion légitime de ce domaine. Ils défendent, avec une confiance croissante, que la science et la technologie peuvent fournir ce que la religion promettait autrefois ; le rêve immémorial d’immortalité peut ne pas avoir été infondé, mais seulement avoir dépendu davantage de la foi que des faits. Le progrès scientifique a maintenant commencé à permettre que l’immortalité personnelle soit, au moins, ramenée dans les limites de la spéculation pratique.

La fiction scientifique (« science-fiction » ou SF), fidèle à sa fonction révolutionnaire de remise en cause des paradigmes, a longtemps fourni un espace où explorer des réponses scientifiques au problème de la mort.

L’immortalité et la longévité extrême sont des motifs récurrents dans la SF, qui a exploré tant les aspects mécaniques que les implications sociales et psychologiques. L’éditeur et critique de SF Peter Nicholls, étudiant ce domaine, a fait la remarque que « dans certaines histoires, l’immortalité est le début de possibilités sans limite, dans d’autres, elle représente la stagnation ultime et la fin de l’innovation et du changement ». (11) Mais il y a de façon générale une reconnaissance que de tels thèmes exercent un pouvoir constant, étant typiques de l’esprit prométhéen propre au genre. Bien que parfois critiquée comme « évasion », il se pourrait que la SF aide en réalité à préparer le terrain pour une évasion littérale de la mort.

« Dans ce royaume nous sommes rois »

L’écrivain éclectique et philosophe néoexistentialiste Colin Wilson (12) a toujours montré un fort intérêt pour ce sujet. Dans sa vision très positive du potentiel qu’a l’homme à évoluer vers un statut divin par l’extension de sa conscience, l’extension de sa durée de vie apparaît comme une conséquence. Wilson a reconnu que dans son roman « Philosopher’s Stone », il a essayé d’écrire, comme son mentor Shaw dans « Back to Methusalah », une « parabole de longévité ». (13) Shaw ne peut tolérer aucune limite aux possibilités humaines. Il rejette les concepts religieux d’imperfectibilité et de prédestination (de même que le concept scientifique de déterminisme biologique). Wilson a une même motivation, mais dans une étude de ses romans, l’écrivain Nicolas Tredell (14) remarque une importante différence d’attitudes entre les deux hommes. Pour Shaw, une vie plus longue engendre une conscience plus grande ; pour Wilson une conscience plus grande engendre une vie plus longue. Ainsi, pour Wilson, la longévité est un but légitime en lui-même, dont il suggère qu’il sera atteint par un acte de volonté. Tant Wilson que Shaw semblent être d’accord que l’homme, d’une certaine façon, choisit la mort, souvent par manque d’un projet global, et par une disposition à accepter une vie passive à un niveau « animal ». Pour Wilson, ceci est réversible lorsque les hommes développent un projet d’évolution. En soutien à cela, il affirme même que les philosophes, les scientifiques et les mathématiciens ont, comme groupe, une plus longue espérance de vie que les poètes, les artistes et les musiciens.

Alan Harrington, auteur de « The Immortalist », un traité philosophique clé pour le mouvement d’extension de la vie, se rebelle lui aussi contre toutes les formes de déterminisme, mais il conduit ce rejet à sa conclusion logique : « La mort est une contrainte sur l’espèce humaine et elle n’est plus acceptable. » (15) Son projet est double : d’abord, nous débarrasser des mythes protecteurs et des stratégies psychologiques que nous utilisons pour éviter le fait central de l’existence : que nous mourons absurdement et disparaissons dans le néant. Ensuite : nous encourager à croire qu’à travers la science, non seulement nous pouvons, mais nous devons, construire notre propre divinité. Célébrant l’avenir de l’Homme Non-Naturel, Harrington cite Bertrand Russell en l’approuvant : « Nous sommes nous-mêmes les arbitres ultimes et irréfutables de la valeur, et dans le monde de la valeur, la Nature n’est qu’une partie. Ainsi, dans ce monde, nous sommes plus grands que la nature... Dans ce royaume, nous sommes rois et nous avilissons notre royauté si nous nous inclinons devant la nature. » (16)

Un traitement pour la maladie de la mort

Sur un plan pratique, bien qu’elle n’ait pas été annoncée comme telle, la route vers l’immortalité est déjà engagée. La technologie médicale continue à étendre notre compréhension de la mort clinique, à tel point qu’il n’y a plus d’accord universel sur ce que le terme signifie. Des transplantations multiples d’organes promettent de remplacer des parties de plus en plus importantes de nos corps avec des équipements artificiels, offrant la possibilité de repousser la mort de façon presque indéfinie.

Par le génie génétique, l’homme pour la première fois a les moyens d’influencer consciemment l’évolution biologique. Ainsi, si divers organismes ont des durées de vie naturelles différentes, sous l’influence significative de facteurs génétiques, alors des gènes différents ou modifiés pourraient permettre une vie plus longue. Il s’ensuit que si, comme certains le conjecturent, le vieillissement est dû à une accumulation d’erreurs dans la réplication de l’ADN, alors en théorie au moins du matériel sain et nouveau pourrait être inséré dans les cellules génétiquement défectueuses.

De nombreux individus en bonne santé témoignent des bénéfices que peuvent offrir des traitements d’extension de la vie, visant à ralentir et même à renverser le processus de vieillissement. Le régime, l’exercice et le rejet de styles de vie provoquant des dommages évidents, ont tous un rôle à jouer. De l’aide nous vient de la gérontologie, spécialement sur le plan de la nutrition. Roy L. Walford (17), un professeur de pathologie à UCLA, et ses collègues ont montré qu’en limitant fortement la prise de calories chez les rats, on obtenait une augmentation significative de la durée de vie. Walford pense qu’une approche similaire pourrait être suivie chez les êtres humains, et il suit lui-même un tel régime.

L’influence du mental sur la santé est bien attestée. Et en ce qui concerne spécifiquement le vieillissement, il semble qu’il y ait une forte composante culturelle qui joue. Les gérontologues sociaux remarquent que l’âge n’est pas seulement physique, mais aussi social. On attend des gens qu’ils se comportent d’une certaine manière qui correspond à leur âge, mais la plupart des comportements attendus ne sont reliés à aucun processus biologique, et ils varient considérablement à travers les sociétés et les périodes de l’histoire.

Étiqueter un individu comme « ancien » ou « senior », si c’est incorporé dans son image de lui-même, peut fonctionner comme une prophétie autoréalisante. Le déclin attendu en performance et en santé apparaît alors, confirmant la description originale. David Lewis, dans son livre « Life Unlimited » (18), envisage les remises de montre en or et autres rituels de passage à la retraite comme les équivalents occidentaux des malédictions aborigènes et vaudou. Lorsqu’un tel symbolisme est profondément enraciné dans une culture, ses effets sur la santé physique et mentale peuvent être profonds. Voir le vieillissement, au moins en partie, comme une construction sociale, c’est commencer à le mettre sous notre contrôle.

Ainsi, la bataille pour vaincre le vieillissement et la mort est engagée, bien que d’une façon fragmentée et diverse. Des gérontologues modestes dans des institutions respectables font des progrès solides quoique peu spectaculaires, et vont dans le même sens que l’aile radicale du mouvement, les défenseurs de la cryonie et de la suspension cryonique, et ceux qui spéculent sur le stockage mécanique des personnalités humaines : « l’âme électronique ». Tous sont en dernière analyse engagés dans le même projet bien que, sans consensus pour l’instant sur les causes du vieillissement, il manque à cette branche un principe unificateur, et comme Harrington l’observe, elle attend son Einstein. (19)

Peut-être que, avant que la science réponde plus complètement à ce défi, nous devons, comme le prétend Lyall Watson (20), rompre le lien culturel rigide entre la mort et la permanence en considérant la mort simplement comme une maladie, et pour cette raison comme quelque chose de provisoire, et parfois guérissable. Une fois que ce changement de paradigme a été réalisé, il ne sera pas plus « contraire à la nature » de rechercher un traitement pour la vieillesse et la mort que pour la maladie.

Devenir des dieux

Nous savons que nous devons le faire et que l’effet sera profond. Jonathan Schell, dans « Le destin de la terre » (21), bien que discutant de l’humanité dans son ensemble, n’en fait pas moins écho à notre projet : « En agissant pour sauver l’espèce, et repeupler l’avenir, nous échappons à l’isolement claustrophobique d’un présent voué au néant, et ouvrons le chemin d’un espace plus grand. » Avec la création d’un avenir ouvert pour les hommes individuels, nous donnons plus d’espace pour la réflexion et la sagesse. Shaw avait vu cela dans Mathusalem et Walford croit qu’un monde avec une population active de bi-centenaires ne serait pas seulement plus sage mais moralement meilleur, plus sain, avec un meilleur contrôle des passions humaines. Il y a peu de doute que les hérétiques vont commencer à occuper le terrain, que nous allons grandir et rechercher l’immortalité de la seule façon qui vaille.

C’est la science, l’intellect et l’analyse qui seront notre salut, pas le mysticisme. Dans les mots d’Harrington : « Nous pouvons seulement créer nous-mêmes notre affranchissement de la mort, pas prier pour lui... Ayant inventé les dieux, nous pouvons devenir dieux. »

Notes
1. Albert Camus, « The Rebel (L’Homme révolté) », Penguin Books, Harmondsworth, Middlesex, 1962, p. 30.
2. Alan Harrington, « The Immortalist », Sphere Books Ltd., London, 1979.
3. Ibid., p. 11, p. 129.
4. Richard Dawkins, « The Selfish Gene », Oxford University Press, Oxford, 1976.
5. John Taylor, « Science and the Supernatural », Granada Publishing Ltd., London, 1981, p. 171.
6. Ludwig Wittgenstein, « Philosophical Investigations », traduit par G. E. M. Anscombe, Basil Blackwell, Oxford, 1968, Part 11 (iv), p. 178.
7. Michel de Montaigne, cité dans Peter Burke, Montaigne, Oxford University Press, Oxford, 1981, p. 66.
8. Harrington, op. cit., p. 170.
9. Camus, op. cit., p. 73.
10. Thomas S. Kuhn, « The Structure of Scientific Revolutions », University of Chicago Press, 1970.
11. Peter Nicholls, «The Encyclopaedia of Science Fiction », Granada Publishing Ltd., London, 1981, p. 307.
12. Comme beaucoup des idées de Colin Wilson, ses vues sur la longévité et l’immortalité sont fréquemment répétées dans ses écrits prolifiques. Pour ce qui nous occupe, voyez en particulier Bernard Shaw : « A Reassessment », Hutchinson & Co. Ltd., London, 1969, p. 259 and 294.
13. George Bernard Shaw, « Back to Methusalah », Penguin Books, Harmondsworth, Middlesex, 1939.
14. Nicolas Tredell, « The Novels of Colin Wilson », Vision Press Ltd., London, 1982.
15. Harrington, op. cit., p. 3.
16. Ibid., p. 217.
17. The Mail on Sunday, « The Birth of Bionic Man », April 15, 1984. On trouvera un développement constituant un livre entier de la vision de Walford dans Maximum Life Span, W. W. Norton & Co., New York, 1983.
18. David Lewis, « Life Unlimited : Maximum Performance After 40 », Methuen, London, 1987.
19. Harrington, op. cit., p. 268.
20. Lyall Watson, « The Romeo Error », Coronet Books (Hodder & Stoughton), London, 1976, p. 47.
21. Jonathan Schell, « The Fate of the Earth », Pan Books, London, 1982, p. 172.
22. Harrington, op. cit., p. 21, p. 203.
RD

[1] http://www.immortalite.fr/doc/spip.php?article14. Publication originale anglaise dans les « Cultural Notes de la Libertarian Alliance » (UK) en 1991.


jeudi 3 novembre 2011

Henrietta, l’immortelle, une première réussite?


En 1951, une jeune Américaine succombe à un cancer du col de l’utérus foudroyant. Les cellules de sa tumeur, utilisées aux quatre coins du monde, permettront à la recherche médicale d’effectuer des progrès colossaux. 

Si l’immortalité devait porter un nom, celui de Henrietta Lacks lui conviendrait à merveille. Cette jeune Américaine, décédée en 1951 à l’âge de 31 ans, a bouleversé le cours de la médecine. Mais pas de son vivant : c’est sa maladie, ou plus précisément la nature du cancer du col de l’utérus auquel elle a succombé qui a permis de donner un impressionnant coup d’accélérateur à la recherche médicale. Si elle lui a coûté la vie, la tumeur dont souffrait Henrietta Lacks a sauvé des millions d’êtres humains. 

Rebecca Skloot, une journaliste américaine, a consacré dix ans à la rédaction d’un livre (1) sur cette femme au destin exceptionnel, qui a fini ses jours dans la plus grande misère, alors qu’aujourd’hui encore, les cellules de sa tumeur – multipliées à l’infini – sont exploitées dans la plupart des laboratoires de la planète.

HeLa : des cellules miraculeuses

4 février 1951. Henrietta Lacks, qui a grandi dans les champs de tabac, se plaint depuis quelques mois d’une douleur au ventre devenue à présent insupportable. 

Jusqu’alors réticente à consulter un médecin, elle finit par céder à l’instance de son mari, Day, et accepte de se rendre à l’hôpital Johns Hopkins de Baltimore, situé à quelques dizaines de kilomètres de son domicile. Le seul établissement de la région, en fait, à soigner gratuitement les pauvres et à accueillir les gens de couleur. Howard Jones, le gynécologue qui la prend en charge, diagnostique un cancer du col de l’utérus, au développement fulgurant. 

Cette particularité attire l’attention du Dr George Gey, directeur, à Johns Hopkins, du laboratoire de recherches sur les tissus. Comme tous ses confrères à travers le monde, il tente vainement, depuis des années, de “cultiver” des cellules en éprouvette, afin de pouvoir les soumettre à des expérimentations. Le problème, c’est que ces cellules meurent rapidement. Sans en informer la patiente, il prélève une partie de la tumeur de Henrietta Lacks pour étude. Sans beaucoup de conviction, une laborantine place ces cellules cancéreuses en culture, et appose la mention “HeLa” sur les éprouvettes. Quelques jours plus tard, le Dr Gey, stupéfait, constate que les cellules non seulement ont survécu, mais se sont multipliées à un rythme vertigineux. 

En fait, elles sont immortelles : la lignée cellulaire HeLa était née. Henrietta Lacks s’éteint le 4 octobre 1951 dans la pauvreté et l’anonymat. Faute d’argent, cette mère de cinq enfants n’aura même pas droit à une pierre tombale !

Première percée : le vaccin contre la polio

L’annonce de la découverte du potentiel exceptionnel des cellules HeLa se répand comme une traînée de poudre dans la communauté scientifique internationale. Chaque laboratoire, chaque chercheur demande à en recevoir. Et parmi eux, Jonas Salk, biologiste à l’Université de Pittsburgh, qui annonce en février 1952 avoir mis au point le premier candidat vaccin contre la polio. Toutefois, il n’était pas envisageable de l’administrer “en routine” avant d’avoir démontré par des tests de grande ampleur son efficacité et son innocuité. Pour cela, il fallait cultiver des cellules sur une échelle industrielle, ce qui était jusqu’alors impossible. La lignée HeLa allait permettre de réaliser cette percée médicale décisive. La première d’une très, très longue série. Cancer, clonage, fécondation in vitro, virologie, génétique… : il n’est pour ainsi dire pas un domaine de la médecine qui n’ait pas bénéficié de l’héritage d’Henrietta Lacks. Pourtant, son nom restera inconnu de la communauté scientifique durant une vingtaine d’années, et du grand public bien plus longtemps encore. Ses descendants ne toucheront pas le moindre dollar alors que les cellules d’Henrietta ont bâti la renommée et la fortune d’un nombre incalculable de chercheurs et de laboratoires, privés ou publics. 

Le 9 mars 1973, la prestigieuse revue “Nature” publie la lettre d’un biologiste américain, qui demande : « Voici maintenant 21 ans que George Gey a développé les célèbres cellules HeLa en culture. Cette femme a véritablement atteint l’immortalité, à la fois dans les tubes à essai et dans le cœur des scientifiques du monde entier, car la valeur des cellules HeLa est inestimable. Pourtant, nous ne connaissons pas son nom ! » L’auteur, J. Douglas, fut submergé de réponses, suggérant Helga Larsen, Heather Langtree, et même l’actrice Hedy Lamarr. Jusqu’à ce que le nom d’Henrietta Lacks apparaisse enfin, et soit confirmé par les équipes de l’hôpital Johns Hopkins. « Les Lacks ont remis en cause tout ce que je savais de la foi, de la science, du journalisme et de la question raciale », écrit Rebecca Skloot, dont le livre ne raconte pas uniquement la découverte de la lignée HeLa et ses répercussions scientifiques, mais s’intéresse au contexte de l’époque et à la manière dont la famille Lacks a vécu – génération après génération – l’appropriation, pour ne pas dire la confiscation, des cellules miraculeuses d’Henrietta. La question, évidemment, reste de savoir pour quelle raison la lignée HeLa présentait ces propriétés spectaculaires. Il aura fallu longtemps avant de le déterminer, et constater qu’elles sont le résultat d’un croisement de particularités biologiques et de… circonstances fortuites. 

Avant Henrietta, les scientifiques avaient tenté de créer des cellules immortelles au départ de cellules saines. Ils n’avaient aucune chance : les cellules “normales” sont programmées pour mourir, et rien ne peut l’en empêcher. Les cellules cancéreuses, par contre, peuvent se diviser indéfiniment, en raison d’un mécanisme d’auto-régénération très spécifique. Le coup de génie – combiné au hasard – du Dr George Gey fut d’avoir mis en culture les cellules tumorales d’Henrietta Lacks ; dont la force de croissance était en plus phénoménale. Cette singularité a coûté la vie à la jeune femme, tout en lui promettant l’immortalité.

(1) “La vie immortelle d’Henrietta Lacks”, éd. Calmann-Lévy.

RD

Différentes approches concernant l’immortalité



L’évolution des croyances et leurs consolidations sous forme de doctrines religieuses, a servi d’assises à la plupart des civilisations humaines, dans toutes les parties du monde et ce, depuis le début de l’humanité. La recherche de l'immortalité a souvent été un important levier qui a mobilisé des générations d'hommes perdus dans leur univers terrestre.

Devons-nous en rester là ? Si la plupart des dogmes religieux ont été définis dans des temps lointains, par exemple, dans les premiers siècles du Christianisme, gardent-t-ils toute leur pertinence ou sont-ils à ce point vrais que rien ne peut les remettre en question ? Jusqu’au XIXe siècle, on croyait que l’Homme avait été créé à l’image de Dieu, tel que l’enseignait la Bible. Or, les dernières découvertes en anthropologie nous donnent la preuve que l’homme est non seulement un produit de l’évolution, mais qu’il partage un ancêtre commun avec tous les primates. Dieu n’a sûrement rien à voir avec tous ces stades évolutifs.

L’immortalité est bien mal servie par toutes ces découvertes qui montrent combien nous sommes intimement liés à tout ce qui est vivant sur cette terre. En fait, nous sommes semblables aux autres mammifères et possédons des dons hérités de cette évolution qui nous sont propres. Voilà la grande réponse à nos angoisses existentielles. Cela nous donne-t-il des liens privilégiés avec Dieu lui-même, créateur de toute vie sur terre ? Pour ceux qui ont la Foi religieuse, il semble qu’il faille répondre par l’affirmative. Pour les autres, le mystère demeure entier.

L’approche traditionnelle religieuse

Immortalité, existence infinie de l'âme après la mort physique

« La doctrine de l'immortalité est commune à de nombreuses religions ; cependant, elle prend des formes différentes selon les cultures, allant de la disparition définitive de l'âme à sa survie finale et à la résurrection du corps. Dans l'hindouisme, l'objectif personnel final est l'absorption dans l'« esprit universel ». La doctrine bouddhiste promet le nirvana, l'état de bonheur absolu atteint par la disparition totale de la personnalité. Dans la religion de l'Égypte ancienne, l'accès à l'immortalité dépendait de l'appréciation divine de la valeur de la vie d'un individu. Dans la mythologie grecque, l'âme poursuivait son existence dans le royaume souterrain de l'Hadès.

Dans le christianisme, l'islam et le judaïsme, l'immortalité promise est d'abord celle de l'âme. Le christianisme et l'islam se distinguent du judaïsme en affirmant qu'après la résurrection du corps et un jugement général de toute la race humaine, le corps sera réuni à l'âme afin de recevoir sa récompense ou de subir sa punition. Dans l'eschatologie juive, la résurrection de l'âme aura lieu lors de l'avènement du Messie. »[1]


Voilà ce que nous offre en bref l’approche religieuse traditionnelle. Tout est fondé sur la Foi. Ainsi, La foi chrétienne repose sur la doctrine de la résurrection du Christ : « Si le Christ n'est pas ressuscité, notre foi est vaine », écrivit saint Paul (1er épître aux Corinthiens, XV, 13-19).

Les interprètes chrétiens du dogme de la résurrection, théologiens et exégètes, se demandent si la résurrection concerne tous les êtres vivants, ou seulement les êtres humains, ou encore les seuls chrétiens et si elle est déjà accomplie et réalisée dans le Christ, ou si elle ne surviendra qu'à la fin des temps. Ce débat a été rouvert récemment par le théologien catholique allemand Hans Urs von Balthasar.

D’autres façons d’aborder l’immortalité de l’homme

Depuis toujours, l’homme ne cesse de rechercher ce qui le rendrait éternel. De multiples questions restent sans réponse, telle que : « Pourquoi vieillit-on ? »

Des pistes d’interprétation intéressantes[2] :

« Grâce à de nombreuses améliorations en matière d’hygiène et d’alimentation, l’espérance de vie des êtres humains s’est considérablement accrue durant le dernier siècle. »

« Espérance de vie. De 25 ans en 1740, elle atteint plus de 80 ans en 2006 (84 ans pour les femmes, 77 ans pour les hommes) selon l’INED. Elle augmente actuellement de trois mois par an. Au Japon, elle est de 82 ans. »

« Doyens. La doyenne de l’humanité a été pour un laps de temps l’Américaine Elizabeth Bolden, 116 ans. Une des doyennes des Français, Simone Capony, a atteint 112 ans. Jeanne Calment, morte en 1997 à 122 ans 5 mois et 14 jours, détient le record de longévité humaine démontré par un acte d’état civil. »

« S’ils ne visent pas l’immortalité, la grande majorité des biogérontologues s’entendent cependant sur la pertinence de chercher à ralentir le processus de vieillissement. Ne serait-ce que pour subir à plus petites doses les effets de l’immense tsunami humain que fera déferler sur le monde industrialisé tous ces baby-boomers devenant vieux en même temps. »

« La mort ne devrait pas être notre ennemie. La fragilité et la souffrance le sont. Ce qu’il faut viser, c’est d’augmenter le nombre d’années de vie en santé. »

« Le cocooning, un environnement sans stress, est en effet un facteur déterminant de longévité. »

« Trois thèmes sont à mettre en évidence : "La sécurité, c’est-à-dire la prévention ou la détection des situations graves comme les chutes ou les malaises ; le maintien d’un contact social, indispensable à l’estime de soi ; l’instauration d’un lien médical permanent." TÉLÉASSISTANCE ET ROBOTIQUE »

« Nos sociétés obnubilées par le culte de la jeunesse assument toujours aussi mal leur vieillissement. "Vivre, c’est naître et mourir. Il faut l’accepter. On constate que les personnes qui vivent le plus longtemps sont celles qui n’ont pas peur de mourir." Le chercheur constate également qu’"il y a encore beaucoup à faire pour développer le rôle social des personnes âgées et gommer la rupture entre vieux et jeunes". »

« Reste l’éternelle question de l’éternité : jusqu’à quel âge pourra-t-on vivre demain ? L’idée d’un seuil physiologique est aujourd’hui battue en brèche. "Nous n’avons pas de connaissance scientifique sur les paramètres de la durée de vie"... Cette méconnaissance alimente les fantasmagories. Aux limites de la science-fiction et des avancées médicales, des esprits éclairés évoquent, par la transplantation successive de pièces de rechange sur les corps malades, la transformation progressive au long de la vie de l’homme en une sorte de cyborg inusable. Encore faut-il en avoir l’envie. »

Régénérer le corps humain pour contrer le vieillissement

« Des taoïstes au futurologue Ray Kurzweil en passant par Alexandre le Grand et le philosophe Bacon, la quête de la fontaine de Jouvence suscite depuis longtemps l’espoir d’une vie éternelle. Récemment, les nouvelles technologies sont venues se substituer au mythe. Pour certains scientifiques, le vieillissement doit désormais être envisagé non comme une fatalité mais comme une maladie.

Chercheur respecté, Aubrey De Grey appartient à un courant marginal — mais en forte croissance — de la biologie qui refuse l’inéluctabilité du vieillissement.

Si le XXe siècle est parvenu à ajouter des années à l’espérance de vie (qui est passée de 48 à environ 78 ans), le XXIe ambitionne lui d’ajouter de la vie aux années, permettant de mourir en quelque sorte en bonne santé... Un changement de perspective que dénonce Aubrey De Grey, pour qui notre vision du vieillissement « imprégnée de fatalité » nous empêche de développer un traitement adéquat.

Afin de « guérir » le vieillissement, Aubrey De Grey veut éradiquer les « phénomènes destructeurs » qui se produisent dans le corps, des dommages cellulaires liés à l’âge, qu’il a identifiés. Ils seraient au nombre de sept :

La liste d’Aubrey De Grey :

o   Les mutations qui modifient la séquence de l’ADN des chromosomes et qui peuvent causer le cancer ;
o   Les mutations de mitochondries ;
o   Les résidus, comme les radicaux libres, produits par les cellules endommagées ou mortes ;
o   La sénescence des cellules, qui cessent à un moment de se diviser ;
o   Les agrégats extra-cellulaires comme l’amyloïde, une des causes de la maladie d’Alzheimer ;
o   Les liens extra-cellulaires, qui diminuent l’élasticité des tissus ;
o   L’atrophie et la mort cellulaire.

Or, pour chacun de ces phénomènes, De Grey entrevoit, grâce aux nanotechnologies, à la robotique ou aux biotechnologies, une solution déjà existante ou se profilant à l’horizon. A ses yeux, le traitement du vieillissement ressemblera à un grand bricolage génétique. Il sera administré tous les dix ans à un individu. Cela permettra de remettre son horloge biologique à zéro et de vivre ainsi « très, très longtemps ».

L’approche par les moyens palliatifs

Cette approche est plutôt la mienne. Elle laisse notre destin personnel entre nos mains, entre humains qui vivent les mêmes réalités.

Si la vie doit avoir une fin et on la veut la plus lointaine possible, peut-être devrait-on apprendre à mieux apprivoiser la mort dans le futur ! Après tout, lorsque nous nous endormons chaque soir, nous perdons la conscience d’exister et nous n’en faisons pas une maladie.

On entend souvent parler, évidemment de façon très discrète, des soins palliatifs, une thérapeutique qui ne guérie pas, mais qui atténue les souffrances d’un patient en phase terminale d’une maladie incurable. Avons-nous été à la limite de nos connaissances dans ces domaines ? La réponse est non. Il y a des tabous, souvent d’origine religieuse, qui ne se transcendent pas ou que l’on préfère ignorer. L’euthanasie fait partie de ces réalités.

La souffrance et la douleur sont deux maux complémentaires que nous souhaitons éviter à tout prix. En maîtrisant ces deux terreurs, beaucoup d’angoisse et de peurs pourraient disparaître du quotidien des malades ou des grands événements malencontreux de la vie.

La recherche d’un bien-être à l’infini tout au cours d’une vie est sûrement une forme d’immortalité puisque le présent serait fait d’éternels petits bonheurs ou de malheurs avec des conséquences réduites à leur plus simple expression. Encore faut-il que les guerres cessent, que les conflits entre humains disparaissent, que la Justice règne et que l’équité sociale prévale, … etc. Pour l’instant, c’est verser dans l’utopie pure.

Préparer les conditions qui font en sorte que tous les événements de la vie soient perçus par les humains comme normaux et en faciliter les rites de passage, voilà une avenue qui redonnerait à la vie tout son sens : du début de la vie au dernier souffle de l’existence. C’est ce sur quoi les tribus primitives mettaient l’accent et ce dont on a oublié la valeur ou la teneur.
 
RD

[1] Source : "immortalité." Microsoft® Encarta® 2007 [CD]. Microsoft Corporation, 2006.

Le message de la Science sur l’homme, selon Jean Rostand



Jean Rostand, célèbre biologiste français, a publié en 1938, un texte sur l’Homme qui mérite que l’on s’y arrête sérieusement. Il l’a appelé : « LE MESSAGE DE LA SCIENCE ». On y retrouve l’essentiel de ce que la science expérimentale peut dire sur celui-ci si elle est fidèle à sa méthode.

« Comme tout animal supérieur, l’homme est un agrégat de plusieurs trillions de cellules, dont chacune représente un assemblage de molécules diverses. En fin de compte, il apparaît comme un édifice prodigieusement complexe d’électrons, qui doivent à la forme particulière de leur groupement le singulier privilège de pouvoir affirmer leur existence…C’est dans cette pellicule (l’écorce du cerveau) que se produisent les réactions chimiques et les transformations d’énergie qui donnent lieu à ce que nous appelons la conscience, et dont nous ne savons rien, sinon qu’elle est indissolublement liée à ces réactions et à ces transformations. C’est là que se préparent les plus hautes manifestations de l’esprit : le génie de Newton, les angoisses d’un Pascal….

Il semble bien du reste, que cette pensée ait pour seule fonction d’assister au jeu de la machine qu’elle a l’illusion de commander. L’acte dit volontaire se réduit vraisemblablement à une résultante de réflexes, et sans doute, l’homme qui réfléchit, qui calcule, qui délibère n’est-il pas moins assujetti dans la dernière de ses démarches au même titre que la chenille qui rampe vers la lumière ou que le chien qui répond par un flux de salive au coup de sifflet de l’expérimentateur. Les plus graves décisions morales, où l’homme attache tant de prix, apparaissent alors comme de purs effets des stimulations sociales, et quand il croit se soumettre librement aux impératifs sacrés qu’il croit s’être choisi, il n’est qu’un automate qui agit conformément aux intérêts du groupe dont il fait partie.

D’où vient l’homme ? Sa formation fut rigoureusement fortuite. Accident entre les accidents, il est le résultat d’une suite de hasards, dont le premier et le plus improbable fut la genèse spontanée de ces étranges composés du carbone qui s’associèrent en protoplasme…. Sa naissance ne faisait pas partie d’aucun programme cosmique. Les processus aveugles et désordonnés qui l’ont conçu ne recherchaient rien, n’aspiraient à rien, ne tendaient vers rien, même le plus vaguement du monde. Il naquit sans raison et sans but comme naquirent tous les êtres, n’importe où. La nature est sans préférence et l’homme, malgré tout son génie, ne vaut pas plus pour elle que n’importe laquelle des millions d’autres espèces que produisit la vie terrestre… D’une lignée animale, qui ne semblait en rien promise à un tel destin, sortit un jour la bête saugrenue qui devait inventer le calcul intégral et rêver de justice. Certes, à se souvenir de ses origines, il a bien sujet de se considérer avec complaisance. Ce petit fils de poisson, cet arrière neveu de limace, a droit à quelque orgueil de parvenu.

Un jour, en ce minuscule coin d’univers, sera annulée pour jamais la pitoyable et falote aventure du protoplasme. Aventure qui déjà, peut-être, s’est achevée sur d’autres mondes. Et partout soutenue par les mêmes illusions, créatrices des mêmes tourments, partout aussi absurde, aussi vaine, aussi nécessairement promise dès le principe à l’échec final et aux ténèbres infinies….

Tel est le message de la science. Il se peut qu’une science toute puissante réussisse, en définitive, à créer ce nouvel homme adapté à l’humain, satisfait de n’être que ce qu’il est, comblé par son destin étroit, guéri de tout rêve qui le dépasse. Mais il se pourrait aussi que l’humanité soit, dans son ensemble, incapable de soutenir la vérité de la science. Vérité ardue, accablante, oppressante… Parmi ses zélateurs eux-mêmes, il en est qui ne s’y rendent point sans détresse. Bien sûr, ils ne peuvent faire autrement que d’y rester fidèles, mais il leur arrive d’envier ceux qui ne sont point empêchés, par la nature de leur esprit, d’en concevoir une autre. »[1]
RD

[1] Source : « La vie et ses problèmes » 1938. Éditeur Flammarion.

L’immortalité et l’évolution de la vie sur terre


Voici un article plein de saveur et d’humour de Michel de Pracontal intitulé : « L’éternité, c’est simple comme une bactérie ».

« … Lecteur, je vous en conjure, fermez tout de suite ce journal et répétez trois fois après moi : « Je vais mourir dans une heure d’une rupture d’anévrisme indétectable et incurable, et en plus le lave-vaisselle est plein. » Bien. Vous voilà un peu moins décontracté. On peut parler sérieusement. Pour un esprit sérieux, la mort est l’ultime certitude, le destin indépassable de toute créature, la loi universelle du vivant, etc. Eh bien, pas si sûr. Le plus courant, le plus banal, dans le monde vivant, n’est pas la mort mais l’immortalité ! C’est un connaisseur qui l’affirme : Claude Gudin, spécialiste de physiologie végétale, auteur d’une guillerette « Histoire naturelle de la mort » (1) qui bouscule pas mal d’idées reçues : « Aussi drôle que cela puisse paraître, au niveau de la cellule, la mort n’est pas inéluctable tant que les conditions de vie sont favorables », écrit notre homme.

Il y a 3 ou 4 milliards d’années, il n’y avait ni bêtes ni bestioles, pour ne pas parler d’humains. La Terre était peuplée d’archéobactéries, des êtres élémentaires constitués d’une cellule sans noyau. Ces procaryotes vivaient une sorte d’éternité dans un paradis tiède et salé, l’océan primitif : « La cellule grandissait en taille et en volume puis, sans mourir, se divisait en deux cellules filles, qui s’individualisaient, grandissaient, engendrant à leur tour deux cellules (2, 4, 8, 16, 32) jusqu’à la saint glinglin [.]. » Cette « immortalité congénitale » a duré mille fois le règne des dinosaures et cent mille fois celui du genre Homo. Voilà qui rend modeste. L’éternité, c’est simple comme une bactérie.

Si rien n’avait changé, si l’océan était resté la saumure paradisiaque des débuts, la planète serait encore une grosse boule verte tapissée de bactéries immortelles (mais non académiques). Mais de réchauffements en glaciations, de nuages de poussières en voiles gazeux, de multiples péripéties ont bousculé le cours tranquille de l’existence primitive. Les plus pleutres des bactéries ont réussi à se mettre à l’abri et à sauvegarder le mode de vie simple des origines. D’autres, plus audacieuses ou moins chanceuses, ont été contraintes de se bouger le cul (pour parler au figuré). Pour survivre, elles se sont dotées de parois protectrices, se sont associées en colonies, sont devenues cannibales. Elles ont regroupé leurs gènes dans un noyau et sont devenues des eucaryotes, qui ont engendré les êtres pluricellulaires et finalement les plantes et les animaux (je résume).

Ainsi donc, après 2,5 milliards d’années de tranquillité, l’histoire se corse. Complications majeures, le sexe et la mort, Eros et Thanatos entrent en scène 1 milliard d’années avant Freud. Au hasard de leurs batifolages, deux eucaryotes en viennent à fusionner et à mélanger leurs gènes. Il en résulte une nouvelle bactérie, un peu différente. Le processus, répété des milliards de fois, aboutira à l’extraordinaire diversification du vivant. Dans ce monde en mouvement apparaît une étonnante invention : le « suicide » cellulaire, qui affecte une partie des cellules d’une colonie, entraînant sa métamorphose. Vivre devient de plus en plus intéressant. Au prix de l’éternité initiale.

Le suicide des cellules programmé dans leurs gènes a été appelé « apoptose » par les biologistes, d’un mot grec qui désigne la chute des feuilles en automne. L’apoptose joue un rôle crucial dans la vie des organismes évolués. Nous lui devons d’avoir le nez au milieu de la figure, des bras et des jambes, bref d’avoir forme humaine. L’apoptose est le sculpteur du vivant, elle travaille en creux, retire la matière en trop : « Si nous avons des doigts aux mains, c’est parce que les cellules qui joignaient les futurs doigts ont été condamnées à mort », explique Gudin. Ce progrès a façonné la silhouette de tout un chacun, y compris celle de Sophie Marceau, quand même plus gracieuse que celle d’une méduse. Mais tout se paie : le système impose que chaque type cellulaire de l’organisme soit programmé pour disparaître à un moment donné. Ce qui condamne l’organisme entier.

Un seul moyen d’échapper à la fatalité : « déprogrammer » les cellules. C’est ce qui se produit dans une tumeur cancéreuse, qui n’est rien d’autre qu’une prolifération anarchique de cellules « immortalisées ». Bien sûr, on peut toujours rêver d’avoir le beurre et l’argent du beurre, l’éternité sans le cancer. Mais, au prix où est la margarine, est-ce bien raisonnable ? »

RD

L’homme, un mammifère pas tout à fait comme les autres…

L'homme n'est-il qu'un animal comme les autres ?

En premier lieu, il y a un fait qui saute aux yeux et qui mérite considération avant d’aborder plus directement le problème de l’immortalité. Il faut prendre conscience de l’originalité de l’homme, de l’énorme différence métaphysique qui le sépare de l’animal. Les prouesses de l’intelligence, son mode d’opération particulier le différencie largement des autres êtres vivants.

Essayons de mettre en évidence ce qui caractérise tout particulièrement l’homme[1] :

« Le « sens » de l’invisible, cette ouverture spontanée et presque trop facile sur des réalités non sensibles, (âmes, esprits, dieux, forces, fantômes, etc.…) qui échappent totalement à l’ordre de la sensibilité.

La réflexion. Le sens du Je. Le retour sur soi. L’intelligence se retourne sur elle-même pour se regarder fonctionner, s’interroger sur elle-même, sa nature, ses lois de fonctionnement …

L’abstraction ou l’extraction du résidu « pensable » de toutes sa gangue sensible et matériel, en l’arrachant à toutes ses conditions matérielles pour en faire une idée, pour permettre les envolées d’un Platon et de bien d’autres qui n’ont pas le même talent.

Au-delà de toute possibilité des sens, la possibilité propre à l’intelligence de transcender à la différence de l’animal, son propre temps vécu, de penser spontanément un passé qui échappe actuellement à toute sensation possible (l’homme animal historien) et de penser tout aussi spontanément à une existence possible et même inévitable au-delà de sa propre existence (l’homme animal spécialiste de la Science-fiction).

L’homme en tant qu’animal éthique. Être capable de connaître l’utile, l’agréable, le bon, le désirable avec notre équipement de connaissance animale, en tant que mammifères. En sus, « par-dessus ces instincts si essentiels l’homme s’invente des « codes éthiques », des normes qu’il considère comme « des biens » qui transcendent et vont souvent à l’encontre de tous nos appétits d’ordre sensible qui habituellement nous servent quand même assez bien.

Homme à la poursuite de l’idéal… tout ce qui est pensé comme idée prend un caractère d’absolu ou d’infini... C’est le grand moteur de toute l’activité humaine et le fondement de tous les progrès faits par l’humanité…

L’homme transcende ses propres sensations. À la différence de l’animal, il s’intéresse à ce qui est au-delà des apparences… L’intelligence de l’homme est dominée par certains principes qui l’amènent à chercher, au-delà des simples sensations, les causes de toutes choses. Un autre ressort des mythes, des sciences, des philosophies, des religions; autant de pratiques exclusives à l’homme et dont on ne trouve aucun simulacre, ni ombre ou soupçon dans le monde animal.

À la différence de l’animal qui est limité par le champ d'action et la portée de chacun de ses sens, l’homme les domine tous, va au-delà et s’INTERROGE sur ce qui est… même si ce n’est pas de l’être visible, de l’être audible, de l’être odorant, épeurant, etc.

Résumons-nous. Cet être dont l’opération essentielle, est de dominer et de transcender les limites de la connaissance animale et de la matérialité ne peut-il pas exister indépendamment de la matière et échapper aux conditions de la matérialité ?… »

« Tout ceci pour en arriver à dire que la croyance en l’immortalité, bien que invraisemblable au plan de la nature animale de l’homme, a besoin pour se consolider de s’insérer, de s’intégrer dans un cadre philosophique beaucoup plus vaste ou pour d’autres dans le cadre d’une foi religieuse plus englobante.

À l’origine des choses, de toutes choses finies, y a-t-il tout simplement le néant (un monstre d’impuissance) ou la matière ou un être qui serait être par lui-même, intelligence absolue, principe et fin de toutes choses, Acte pur pour Aristote, Bien Absolu pour Platon, Être suprême pour les philosophes, sens et principe de l’évolution, Dieu pour les religions sous les milliers de noms qu’on lui a donnés, de A à Z, de Allah à Zeus, sous les milliers de formes ou représentations, du triangle à la trompe d’éléphant. »

RD

mardi 1 novembre 2011

Devons-nous croire à l’immortalité de l’homme?

 Au soir de sa vie, le biologiste Jean Rostand se dira persuadé que « si l’on avait consacré aux recherches en biologie toutes les sommes consacrées aux budgets militaires de tous les pays, la question de l’immortalité ou au moins de la jouvence éternelle serait déjà réglée ». Avait-il raison de dire cela ?  

Lisez ce qui suit pour vous en convaincre :

 « Carol Greider, Jack Szostack et Elisabeth Blackburn ont été distingués le 5 octobre 2009 du prix Nobel de Médecine pour avoir démontré que l’enzyme télomérase est capable de protéger les chromosomes du vieillissement donc d’assurer en quelque sorte l’immortalité. »


 Que veut-on dire par immortalité ?

 On nomme immortalité le fait d’échapper à la mort et d’exister pour une période de temps indéfinie, voire éternelle. Le terme est synonyme d’éternité ou peut évoquer l’immortalité de l’âme. Il peut signifier aussi une présence éternelle dans la mémoire des hommes.

En fait, la mortalité des hommes est un processus normal et naturel inhérent au fait d’être vivant. Tout cela s’inscrit dans les lois de la Nature. Nous le savons tous, encore plus nous les Séniors qui avons vu tant de gens partir pour l’au-delà. Mais sommes-nous capable de changer cette dernière destination, si on peut l’appeler ainsi ou de l’envisager autrement ?

Depuis les tout débuts de l’humanité, l’homme a cru à la survie après la mort : Qu'est-ce qu’il peut bien y avoir dans l’intelligence de l’homme, dans la perception qu’il a de lui-même, pour que aussi spontanément, facilement et universellement il en arrive à cette conviction, malgré toutes les dénégations sensibles?

Les explications faciles que l’on donne parfois vont de l’expérience du rêve ou simplement un cas particulier de « wishful thinking », de cette propension si généralisée à prendre ses désirs pour la réalité. L’homme primitif aurait, à ce qu’on dit, conçu cette possibilité de survie ou de vie différente à partir de l’expérience du rêve qui lui paraissait mystérieuse. Ainsi, ceux qui ont déjà vécu, qui sont bien morts, continuent d’exister de façon bien spéciale, peuplent nos souvenirs et nos rêves.

Tous, en tant qu’individu, nous aspirons à l’immortalité. Pour ceux qui ont la Foi, les religions révélées offrent des réponses qui peuvent calmer les appréhensions face à la fin de notre existence terrestre. « Le paradis à la fin de vos jours », disait-on couramment autrefois, à l’occasion des fêtes de noël. Mais voilà, le doute s’est installé : on ne croit plus qu’il y a un ciel et un enfer. Notre monde matérialiste s’appuyant sur la Science et la Technologie ne laisse plus guère de place à la Foi.

Nous savons aussi très bien que les êtres vivants, quels qu’ils soient, ont une limite d’âge à laquelle ils ne peuvent échapper. Dans la nature, la lutte pour la survie est présente partout et rarissimes sont les espèces qui peuvent atteindre le Grand âge, comme nous. En fait, c’est une lutte de tous les jours. Les animaux faibles ou ceux qui sont les plus âgées, ceux qui se défendent mal ou les jeunes rejetons deviennent la proie de toutes sortes de prédateurs. Par ailleurs, le fait d’être un prédateur ne garantit pas non plus une survie assurée à ces derniers car ils doivent être en mesure de capturer leurs proies pour survivre, sinon ils meurent, eux aussi, faute de pouvoir assouvir leur faim et d’être en mesure de défendre leur territoire. Dans la Nature à son plus vrai s’établit alors un équilibre où seuls les plus aptes à survivre réussissent à procréer la génération suivante qui assurera finalement la survie de l’espèce.

L’homme, un être vivant qui s’est éloigné de la Nature

Au cours des deux derniers siècles, nous avons appris beaucoup de choses sur l’espèce humaine. Grâce aux découvertes de l’archéologie et de l’anthropologie, nous savons avec certitude que des ancêtres moins développés nous avaient précédés. Nous sommes des mammifères et rien ne nous distingue vraiment des Grands Singes au plan de la physiologie ; nous avons les mêmes organes : le foie, les reins, le cœur, l’estomac, un cerveau, etc. Si nous nous sentons différents, c’est que l’agencement de nos gènes a finalement fait de nous des cousins éloignés plutôt que des propres parents de ces primates. Nous avons surtout un cerveau avec une capacité de conscience et une intelligence qui dépassent celles de toutes les autres espèces vivantes. C’est ce dernier trait qui a fait de nous les maîtres de la planète Terre, au point d’être capables même de la faire disparaître.

Alors, nous, est-ce que nous nous sommes sortis de la jungle et de cette implacable lutte pour la survie ? Oui, nous vivons en société et avons créé notre propre environnement de survie. Nous avons aussi progressé énormément dans la compréhension de la génétique et dans la mise au point de recettes pour assurer notre longévité.

Non, la survie des hommes est toujours en péril, car il suffirait de faibles changements dans l’environnement pour mettre en danger les plus de cinq milliards d’hommes et de femmes qui habitent actuellement la terre. Notre horizon temporel, en tant qu’espèce, n’est pas assuré. En fait, l’immortalité n’est pas garantie pour l’humanité ou l’ensemble des hommes. Surtout pas au rythme où l’homme modifie son environnement naturel.

Et l’immortalité des seniors là-dedans

La problématique de la vie humaine étant posé dans ses grandes lignes, il y a lieu de regarder subséquemment quels genres d’immortalité peuvent être envisagés pour les hommes d’aujourd’hui et de demain.

Le nouvel espoir d'atteindre l'immortalité au XXIe siècle

Rêve ou cauchemar ? Depuis deux siècles, nous gagnons chaque année trois mois d’espérance de vie. Dans un avenir plus proche qu’on ne l’imagine, nous pourrons vivre cinquante, cent ans de plus.
 

Discrètement, une équipe de chercheurs français a découvert les secrets de la longévité. Pour la première fois, celui qui la dirige nous raconte l’histoire de cette découverte qui va révolutionner l’humanité et relancer l’espoir de vaincre enfin le cancer.
 
Miroslav Radman est l’un des papes de la biologie moléculaire, l’un des plus grands explorateurs des mécanismes de la réparation de l’ADN.
 
Professeur de biologie cellulaire à la faculté de médecine de l’université René-Descartes, membre depuis 2002 de l’Académie des sciences, grand prix Inserm 2003 de la recherche médicale, récompensé par une douzaine de prix scientifiques dont le prix européen FEMS André Lwoff 2011 pour ses contributions exceptionnelles en microbiologie, donnant des conférences dans le monde entier, publiant dans les plus grandes revues scientifiques internationales, ce Franco-Croate de 66 ans dirige également, à Split, un institut international des sciences de la vie.

Miroslav Radman nous présente ici un livre accessible à la compréhension de tous. Il s’efforce aussi de répondre à toutes les interrogations philosophiques, sociales, sociétales, économiques que pose sa découverte et que se pose ce passionné de la vie…

Daniel Carton est journaliste et romancier.


Pour obtenir copie du livre mentionné ci-dessus :


http://www.plon.fr/ficheLivre.php?livre=9782259211079
 
RD